Le maire de Nantua et directeur de l’Avema a fait son entrée, mardi 18 mai, au Conseil économique, social et environnemental.
Jean-Pascal Thomasset, vous avez intégré mardi 18 mai, le Conseil économique social et environnemental (Cese), soit la troisième assemblée constitutionnelle de la République. Vous avez été nommé par le Premier ministre. Dans quel cadre cette nomination est-elle intervenue ?
Directeur depuis 1993 de l’Avema (Aide aux victimes et médiation dans l’Ain), j’ai été proposé par la Fédération France Victime et mon profil a été retenu. C’est une bonne surprise consécutive à la réforme des missions, du fonctionnement et du nombre de conseillers du Cese, passé de 245 à 175. Le Conseil économique et social est une France en miniature. Il se veut représentatif de la société civile afin de pouvoir être consulté sur toutes les propositions de loi, décrets, etc. que pourrait envisager le Gouvernement. Il se tient également à disposition des parlementaires. À travers lui, il s’agit de prendre le pouls de la France, profonde, rurale ou urbaine. Dans ce cadre-là, mon parcours d’élu, de premier adjoint de Nantua depuis 2008, puis de maire, depuis 2020, a pu jouer aussi dans ma nomination.
Pouvez-vous nous parler de vos parcours professionnel et électif, alors ? Puisque tout semble lié.
L’Avema, c’est une histoire de rencontres avec des procureurs de la République. Ils m’ont conduit à un cheminement autour de la justice de proximité, dont relèvent l’aide aux victimes, la médiation pénale, les alternatives aux poursuites, etc. C’est une mission de paix sociale. Elle vise à rapprocher les justiciables, notamment les plus fragiles de la justice. Une justice d’apaisement, de réconciliation, de dédommagement, d’indemnisation et de réparation, plutôt que d’écartement, de punition ou d’enfermement, pour restaurer le lien social.
Quant à mon parcours d’élu, c’est d’abord celui d’un Catholard, d’un Nantuassien. C’est un parcours que j’ai vécu avec mon prédécesseur, Jean-Pierre Carminati. Nous partagions la même passion pour cette ville, dans laquelle nous sommes nés et avons grandi. Notre slogan de campagne était « Nantua ma ville », pour marquer un sentiment d’appartenance à un territoire que nous souhaitons préserver, développer et valoriser. Être fier de sa ville, de son territoire, de son lieu d’attache, c’est le sens de mon engagement.
Ces deux parcours se regroupent dans la passion. L’Avema, c’est un engagement dans lequel je n’ai jamais compté ni mes heures, ni les jours. À mon arrivée, j’étais le seul salarié. Aujourd’hui nous sommes une quarantaine avec des bénévoles et toute une équipe. Il en est de même pour l’engagement municipal, où nous avons plus de coups à prendre que d’avantages à en tirer. Mais quand on aime sa ville, on ne compte pas. Être bien dans sa ville, être bien dans son travail, être dans des postures de bienveillance, être à l’écoute, faire grandir les gens, donner du positif autour de soi, c’est très valorisant, que l’on soit maire ou directeur de l’Avema.
Comment tout cela va prendre corps au Cese ?
Je vais essayer de décliner les engagements de terrain qui sont les miens, au sein de la troisième instance de l’État. J’ai par exemple mis l’environnement au cœur des actions de ma commune, à travers un ensemble de petits gestes du quotidien. Aussi, je pense intervenir au sein de la commission environnement et économie où je pourrais participer à « sauver la planète », comme le dit ma petite fille. C’est cette parole-là qu’il faut porter, celle des nouvelles générations déjà imprégnées de la protection de l’environnement. Moi, je suis d’une génération qui est en train d’apprendre, de prendre conscience des erreurs qui ont été commises. Il s’opère un retour à des basiques, que nos enfants portent aujourd’hui naturellement.
La deuxième commission que je souhaite intégrer est plus sociale et portée sur l’individu, davantage liée à mon action au sein de l’Avema. Je pourrais y apporter mon expertise sur des actions que nous avons mises en place dans l’Ain, autour du lien santé-justice, comme l’unité médico-judiciaire, pour les mineurs victimes de violences sexuelles. Celle-ci travaille en priorité au soin de l’enfant, avant de faire émerger la vérité. Nous avons également un dispositif de mise à l’abri, de protection pour les femmes victimes de violences conjugales. J’espère que je pourrais garder mon enthousiasme et ma compétence, sur ces sujets-là, au sein du Cese.
Vous êtes également responsable de l’observatoire des violences contre les élus, mis en place par l’Association des maires de l’Ain. Encore un lien entre vos parcours ?
Oui, puisqu’il s’agit d’apporter, par l’intermédiaire de l’Avema, une aide juridique ou psychologique, aux élus qui sont souvent seuls face à l’agression et à la prise de décision. On note malheureusement depuis 20 ans, une montée des violences contre les institutions. Cela concerne non seulement les élus, mais les instituteurs, les gendarmes, pompiers et les services d’urgence.
Bio Express
- 27 juin 1960
Naissance à Nantua - 1993
Directeur de l’Avema, association d’Aide aux victimes et médiation dans l’Ain - 2008-2020
1er adjoint au maire de Nantua - 2020
Maire de Nantua - 18 mai 2021
Entrée au Conseil économique, social et environnemental (Cese)
Propos recueillis par Sébastien Jacquart











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