Le budget primitif 2026 du département de la Savoie a été voté ce vendredi 12 décembre. Il s’établit à 724 M€. Si l’exécutif se félicite de mener « une gestion prudente », l’opposition dénonce un excès de « précaution ». En Haute-Savoie, le Département acte son budget 2026 à 1,4 milliard d’euros
Le budget primitif de la Savoie, d’un montant de 724 M€ pour 2026 (+0,7 %) présente une section de fonctionnement de 573 M€ (+2 %), soit 79 % des finances, et un montant d’investissement de 151 M€ (-3,9 %). Hervé Gaymard, président du département, se félicite d’entretenir une situation « saine », avec « une capacité de désendettement d’un an et demi, alors qu’elle dépasse les six ans, en moyenne, dans les autres départements en 2024 ».
Le chef de la majorité assène : « Nous faisons le pari de garder une gestion prudente, puisque les choses peuvent se dégrader très rapidement, comme le montre la situation de plusieurs autres départements réputés riches, notamment la Gironde, passée sous tutelle de l’État. »
Cette politique « prudente » passe par la récupération d’une enveloppe mise en réserve, comme l’expliquait le député et conseiller départemental Vincent Rolland : « Nous allons effectuer une reprise sur les droits de mutation à titre onéreux (les DMTO, ou droits de mutation à titre onéreux, sont des taxes acquittées par l’acquéreur d’un bien immobilier quel qu’il soit. Elles sont réparties entre les départements, les communes et l’État.) à hauteur de 15 M€. Ces droits de mutation, plutôt dynamiques dans notre département, proviennent de l’immobilier de loisirs et des ventes de biens en zones touristiques. »
Toujours avec le souci de ne pas hypothéquer l’avenir du département, le recours à l’emprunt a été limité à 80 M€ (contre 84,3 M€ en 2025) dans ce budget primitif 2026. Vincent Rolland précise : « Nous avons préservé les équilibres structurels et, dans la mesure du possible, nous avons tenté d’anticiper sur le projet de loi de finances 2026. »
« En termes d’investissement, la solidarité est le pilier de notre action publique, avec 275 millions d’euros », marquait Renaud Berretti, maire d’Aix-les-Bains et conseiller départemental. Ce volet représente 38 % des dépenses réelles de la collectivité. Mais pour Gaëtan Pauchet, élu de l’opposition, cela reste insuffisant.
L’élu chambérien pointait « une pauvreté record depuis trente ans, en France, avec une précarité plus diversifiée », arguant aussi que « si la Savoie bénéficie d’une situation économique privilégiée, elle n’est pas pour autant immunisée », suggérant même qu’« il est plus difficile d’être pauvre dans un département riche ».
Au sein du public, un groupe appartenant au mouvement Après (Alliance pour une République écologiste et sociale) était attentif aux échanges. Parmi eux, Alain Léger, retraité et “famille d’accueil” : « Nous sommes venus demander aux élus de voter contre ce budget de misère. Dire qu’il est précautionneux est un euphémisme. » C’est dans ce contexte que la feuille de route des solidarités était votée à la suite du budget.
Haute-Savoie : un budget primitif d’1,4 milliard d’euros
Le conseil départemental de la Haute‑Savoie a voté son budget primitif (BP) 2026 le 5 décembre. Il est arrêté à 1,4 milliard d’euros, dont 0,9 milliard de dépenses de fonctionnement, principalement pour assurer le salaire des quelque 3 000 agents du département (en Savoie, le budget de fonctionnement se monte à 573,2 M€, avec 2 500 agents).
La section “investissement” s’élève, elle, à 462,3 M€ (151 M€ en Savoie). Ce budget primitif prévoit notamment de consacrer 174,9 M€ pour l’entretien et l’exploitation des infrastructures routières (en Savoie, 61 M€ sont consacrés à la politique routière et cyclable) et 140 M€ en matière de soutien à l’aménagement du territoire
(21 M€ en Savoie).
Sur ce volet, 16,8 M€ sont consacrés à la promotion touristique (10,7M€ en Savoie) à travers la politique « Tourisme et randonnée » ; 10,1 M€ sont attribués aux délégations de services publics du Tramway du Mont-Blanc, du Train du Montenvers, des remontées mécaniques de Flaine et du refuge du Nid d’Aigle. En outre, 11 M€ sont destinés à financer le logement et l’habitat (la Haute-Savoie compte 850 000 habitants, contre 450 000 en Savoie).
Sur le volet social, la Haute-Savoie a prévu une enveloppe de 522 M€ (275 M€ en
Savoie). A cet égard, 160,9 M€ relèvent de la protection de l’enfance et maternelle (87,6 M€ en Savoie), la prévention et la promotion de la santé, notamment la lutte contre la désertification médicale.
Quant à l’insertion professionnelle, 74,9 M€ lui sont attribués (46,7 M€ en Savoie), majoritairement au bénéfice des allocataires du RSA (revenu de solidarité active).








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