Une partie du personnel de l’Association départementale d’aide aux personnes de l’Ain a manifesté ses inquiétudes face à la crise économique et réclame des revalorisations.
S’il n’y a pas un fond de vocation, il est difficile de satisfaire aux besoins d’une activité d’aide à domicile où l’on gagne fort mal sa vie. Mais on y travaille avant tout et comme partout ailleurs pour régler ses factures. Forte de ses 650 employés, l’Association départementale d’aide aux personnes de l’Ain (Adapa) qui propose des services d’aide, d’accompagnement et de prévention aux domiciles sur tout le département, propose à l’échelon national, une moyenne des salaires de 900 € pour le personnel à domicile. Et il n’y a pas de plein-temps. Temps partiel, Smic, travail usant exercé seul… l’aide à domicile coche presque toutes les cases d’un métier que l’on ne pratique que pour (sur) vivre, contrebalancé seulement par la satisfaction de rendre service à plus démuni. Alors, quand on travaille dans ces conditions, on aimerait autant que le coût de la vie ne vienne pas s’interférer, comme c’est le cas en ce moment. Car comme le disait Coluche, « Quand le riche maigrit, le pauvre meurt » et c’est un peu ce à quoi l’on assiste aujourd’hui.
Drivés par une délégation de la CGT, une soixantaine de salariés ont manifesté leurs inquiétudes le 2 juin devant le siège de l’Adapa à Bourg-en-Bresse. Ce serait le premier mouvement de ce type depuis la création de la structure, il y a 62 ans. Dans un communiqué, la délégation met l’accent sur « l’inflation qui impacte directement (notre) quotidien, nettement plus difficile à surmonter pour les bas salaires », tout en réclamant « une indexation de la valeur du point à la même hauteur que celle du smic ». Les grévistes ne considèrent plus « les remboursements de frais kilométriques de 0,35 € comme un remboursement de leur frais mais comme une simple et faible participation ». Toutefois, ils ont d’ores et déjà obtenu une petite victoire avec une hausse de 10 centimes pour les kilomètres effectués cet été entre deux bénéficiaires. « Je suis conscient que les salaires sont insuffisants et que la crise a fait un mal de chien, mais de notre côté nous faisons tout notre possible » explique Thierry Nicolosi, directeur général de l’Adapa 01 (lire aussi l’encadré). D’ailleurs, sentant la grogne monter l’association avait lancé au printemps, avec une certaine adhésion, le dispositif ERE (Équipes à responsabilités élargies) sensé améliorer les conditions de travail et la qualité de service.
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En centimes, la hausse du remboursement kilométrique entre deux bénéficiaires (de 0,35 à 0,45).
Thierry Nicolosi, directeur général de l’Adapa 01 : « Je comprends ce mouvement ! »
Avec la hausse du prix de l’essence et la baisse du pouvoir d’achat, la profession d’aide à domicile concentre à peu près toutes les difficultés du contexte dans lequel on se trouve aujourd’hui. On a eu beau augmenter les salaires, le coût de la vie repart à la hausse. Donc, je comprends ce mouvement ! En revanche, nous faisons tout de notre côté pour y remédier. Nous avons accepté d’augmenter durant les mois d’été, l’indemnité kilométrique de 10 centimes entre deux bénéficiaires. Cela peut paraître peu, mais ramené aux 650 employés, c’est très important. Surtout quand on prend cela sur les fonds propres de l’Adapa. Et puis, j’insiste pour dire que la direction ou la gouvernance sont toujours ouvertes à la discussion. D’ailleurs, j’ai moi-même reçu une délégation syndicale le jour de la grève.
Eliséo Mucciante








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