Après une rénovation complète, la Maison familiale rurale de Saint Alban-Leysse travaille à une diversification vers la formation pour adultes.
C’est un sacré coup de jeune qu’a pris le centre de formation pour apprentis (CFA) le Fontanil, à Saint-Alban Leysse, durant ces cinq dernières années. Tous ses locaux ont été rénovés, et ça se voit. De nouveaux espaces de convivialité ont aussi été imaginés pour les quelque 650 jeunes qui y apprennent, en alternance, un métier de l’alimentation ou de la restauration.
« Nous avons investi, sur nos fonds propres, 5 millions d’euros entre 2020 et 2025 pour remettre le site à niveau », détaille son directeur, Nicolas Jacob. Les salles de cours, les laboratoires, le restaurant d’application ont été intégralement refaits, une boutique et une halle des sports créées ainsi que des espaces de pause, un bar extérieur, une aire de pique-nique, un terrain de pétanque, etc.
La Maison familiale rurale a littéralement fait peau neuve en accordant une attention particulière au cadre de vie des étudiants. Conséquence : « Depuis quelques années, on s’aperçoit que les jeunes rallongent leur durée de formation, car ils ne subissent plus nos locaux. »
La MFR forme sur trois niveaux (CAP, certificats de spécialisation, brevets professionnels, brevets techniques des métiers), aux métiers de la cuisine, du service en salle, de la boulangerie, de la pâtisserie, de la chocolaterie, de la boucherie, de la charcuterie-traiteur et de la vente en alimentation. Ses élèves sont apprentis et salariés d’entreprises où ils passent une partie de leur temps.
Un réseau de 700 sociétés de Savoie et des départements limitrophes déposent en effet chaque année leurs offres d’emploi en alternance. « La totalité de nos apprentis diplômés sont embauchés six mois avant leur sortie », se félicite le directeur, dont l’établissement affiche un taux de réussite aux examens de 89 %. Un succès qui explique aussi, en partie, la croissance continue de ses effectifs (ils étaient de 380 en 2017).
Le Fontanil doit pourtant aujourd’hui trouver d’autres voies pour maintenir son budget annuel de 5 millions d’euros, dont 4 millions provenaient, jusqu’à il y a peu, de l’Etat via France compétences. « Le niveau de prise en charge des contrats d’apprentissage baisse et baissera encore. En 24 mois, nous avons déjà perdu 500 000 euros », déplore-t-il. La deuxième phase d’investissement (de 5 M€ elle aussi), qui avait été programmée, est d’ores et déjà repoussée à des jours meilleurs. Et l’association réfléchit à des diversifications possibles pour combler le manque.
Parmi elles, une structure de formation à destination des adultes en reconversion, qui pourrait également réaliser de la formation continue, est en cours de montage. « Nous espérons pouvoir débuter la commercialisation à la fin du premier semestre 2026 », indique Nicolas Jacob.

Valorisation des productions
Pour valoriser les productions de ses élèves et lutter contre le gaspillage, la MFR dispose d’un restaurant d’application. Elle a aussi créé, il y a deux ans, un magasin pédagogique où le public peut venir s’approvisionner en viande, pain ou pâtisserie.
Enfin, elle inaugurera, le 6 février, un distributeur automatique sur son parking, afin de permettre au plus grand nombre d’accéder aux spécialités réalisées par les apprentis. Pami eux, notons la présence d’une quinzaine de mineurs non accompagnés et allophones qui suivent le cursus en trois ans au lieu de deux.









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