«Réunies par la conviction que personne n’est inemployable, les structures d’insertion par l’activité économique (SIAE) sont clairement une réponse au chômage de masse dont nous souffrons depuis plusieurs décennies», estime l’économiste Bernard Gazier, spécialiste des politiques de l’emploi. Elles répondent en effet aux trois mots d’ordre nécessaires selon lui pour avancer : le réseau-le créneau (faire accompagner le public par des gens au parcours similaire, dans des formations utiles à décrocher un emploi), rendre les transitions rentables, équiper les gens pour le marché et rendre le marché moins discriminatoire. «Elles exercent un métier de plus en plus sophistiqué qui met en œuvre des réseaux de contacts.»

Mais, ces structures doivent éviter certains écueils. «Parce qu’elles relèvent de financements croisés et interviennent sur des activités que l’on croit protégées, on court le risque d’un enfermement dans le piège de l’insertion, prévient le spécialiste. Elles doivent donc innover, s’incrire sur de nouveaux marchés et sur des compétences transférables, utilisables dans d’autres secteurs. Elles doivent travailler avec les pédagogues et les entreprises sur les besoins.» …