Gestes barrières et charges lourdes placent les parcs de jeux indoor dans l’inquiétude avant leur réouverture. Le Royal Kids de Miribel-Les Echets n’échappe pas à la règle.

« Chaque fois que le Premier ministre s’adresse aux Français, nous ne sommes dans aucune case. Ni franchement de la culture, ni franchement du tourisme, rien… Nous sommes les oubliés de la crise ! » s’agace Sonia Deltinger, présidente du parc de jeux indoor Royal Kids situé sur la commune Miribel-Les Echets. Pourtant, avec près de 5 000 entreprises, 30 000 salariés, pour 30 millions de clients adultes et enfants (43 % de la population française), l’industrie du loisir indoor existe bel et bien. Parcs de jeux pour enfants, trampolines, laser-game, bowling, karting, escape-room, salles d’escalade, de fitness, foot en salle… dans la société des 35 heures, ils occupent même une place de choix, ce qui rend la situation d’autant plus frustrante.

« Le prêt d’État, une bombe à retardement »

« À ce jour, on n’entend pas ou très peu parler de nos activités qui sont pourtant dans des situations catastrophiques. Alors, en attendant de connaître notre date de réouverture, nous œuvrons pour faire entendre au gouvernement nos difficultés en lui rendant compte de notre situation actuelle », poursuit la responsable. Pour elle comme pour ses confrères, la réouverture tant attendue, en juin ou en septembre, ne sera pas à coup sûr synonyme de résurrection. Loin de là ! « Les clients voudront-ils s’enfermer après tout ce qu’ils ont entendu ? Et les gestes barrières ? Comment voulez-vous qu’un enfant respecte un mètre de distance avec un autre ? » s’inquiète Sonia Deltinger.

En temps normal, le Royal Kids et ses 1 200 m2 permettent à la structure reprise depuis trois ans par elle et son conjoint de faire vivre une douzaine d’animateurs en contrat court et deux personnes à temps partiel à l’accueil, pour un chiffre d’affaires de 400 000 euros. Autant de charges fixes qui pèseront sur le parc dès sa réouverture, avec ou sans clients, sans oublier le loyer mensuel qui s’établit à plusieurs milliers d’euros et que le bailleur, dans sa grande mansuétude, a accepté d’abaisser de moitié jusqu’à août.

Si l’État a bien pris en charge les salaires et octroyé une prime de solidarité de 1 500 euros au parc, cette aide reste temporaire. En attendant des jours meilleurs, le Royal Kids a préféré prendre les devants en contractant le prêt bancaire également proposé par l’État, avec tous les risques que cela suppose. « Ce n’est peut-être qu’une bombe à retardement ; il faudra bien rembourser un jour. On est plutôt dans l’idée du zéro chiffre d’affaires = zéro charges. Autrement, beaucoup ne tiendront pas le choc ! » prévient Sonia Deltinger, tout en espérant qu’Édouard Philippe se dépêche de trouver une case aux indoor.


Une pétition pour l’annulation des charges

Lancée par l’Association des Espaces de Loisirs Indoor (SPACE), une pétition en ligne pour réclamer l’annulation des charges (fiscales, sociales, impôts) a déjà recueilli plus de 8 400 signatures auprès des professionnels du secteur. Elle prône aussi l’annulation des loyers et, surtout, une meilleure prise en charge par les assurances. « C’est le point noir de la crise ! La perte d’exploitation n’est pas du tout prise en compte par elles. Pour le moment, elles se dédouanent complètement. On paye cher des contrats d’assurance et on serait en droit d’attendre un minimum de retour dans la situation catastrophique que l’on vit aujourd’hui », s’insurge Sonia Deltinger, présidente du parc de jeux indoor Royal Kids.


Par Éliséo Mucciante

Une Eco de l'AinCet article est paru dans le magazine ECO de l’Ain du 28 mai 2020. Pour retrouver l’intégralité des articles de notre hebdomadaire, mais aussi nos suppléments et hors-séries, c’est ICI et ICI.