Les communes de Maurienne réclament des retombées fiscales à la hauteur des nuisances subies.
Selon les données clés publiées en novembre 2025, le chantier du Lyon-Turin employait, en juin 2025, 3 190 personnes logeant essentiellement à Saint-Jean, Modane et Saint-Michel. « Alors que nous devons investir pour accueillir ces salariés et leurs familles, les retombées fiscales attendues par les communes du fait de l’installation d’entreprises sur le territoire sont très loin de ce qui était attendu », regrette Yves Durbet, le président du Syndicat du Pays de Maurienne.

Une étude réalisée en 2016-2017 par la direction générale des finances publiques (DGFIP) estimait que les retombées fiscales pourraient atteindre les 134 M€ sur les dix ans escomptés du chantier. Mais “la cagnotte” a fondu du fait des évolutions intervenues depuis, notamment au niveau de la contribution sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE).
« Celle-ci n’alimente plus les communes et intercommunalités mais les caisses du pays », regrette Yves Durbet. « L’État avait promis une indemnisation sur les pertes de CVAE avec un calcul sur les trois années précédentes, mais comme le chantier n’existait pas, l’enveloppe est vide. »
Suite aux démarches engagées par les élus de la vallée, unanimes sur le sujet, la DGFIP a été mandatée pour examiner la situation de plus près. Le rapport présenté en décembre dernier, après plusieurs mois de travail, n’a rien réglé.
« Ce travail colossal a permis de trouver quelques activités finalement taxables. Pour la communauté de communes Cœur de Maurienne Arvan, le rattrapage 2025 s’est élevé à 67 euros », pointe le président du Syndicat du Pays de Maurienne en ne cachant pas son amertume.
« Nous avons toujours fait en sorte de faciliter le Lyon-Turin car nous sommes favorables à la perspective de mettre des camions sur les trains plutôt que sur nos routes. Mais là, nous voyons grandir les nuisances, le bruit, la poussière, la multiplication des bandes transporteuses sans la moindre compensation. »
La vallée, à la géographie très contrainte dans laquelle s’incruste un chantier titanesque, a bénéficié, pour l’instant, du fonds d’accompagnement territorial (Fast), avec un montant de 32M€ qui a été rallongé, en 2025, de 15 M€ du fait d’une réévaluation du coût des travaux (plus de 8 milliards d’euros au total). « Mais cette somme est uniquement destinée à nous accompagner dans la création d’équipements structurants », rappellent les communes, qui espèrent parvenir rapidement à une solution acceptable.
Sophie Boutrelle








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