Maped va fermer son usine de gommes et de compas à Argonay

par | 5 Déc 2025

Le groupe haut-savoyard, spécialisé dans les fournitures scolaires, annonce la fermeture définitive de son atelier de production de gommes et de compas à Argonay, en mai 2026. Au total, 28 salariés sont concernés.

(mise à jour le 08/12)

La nouvelle vient de tomber comme un couperet, augurant la fin du « made in France »pour Maped. Le fabricant de fournitures scolaires et de loisirs créatifs a décidé, ce jeudi 4 décembre, de fermer l’usine historique d’Argonay (lire encadré).

« Cette décision (difficile), prise après plusieurs années d’efforts et d’adaptations pour maintenir l’activité du site, s’impose aujourd’hui comme une mesure indispensable pour garantir la pérennité de l’entreprise », explique Antoine Lacroix, président mandataire de Maped, dans un communiqué.

Ce site où l’on fabrique compas et gommes depuis 1947 est confronté depuis plusieurs années à une perte de compétitivité, au vu des coûts de production élevés (dépassant les prix internationaux) mais aussi de la forte concurrence, et n’est plus rentable.

« Les volumes de gommes ont chuté de 40 % en huit ans, atteignant un plus bas historique en 2025 », précise-t-il. Soit 25 millions d’unités, contre 45 millions il y a quatre ans.

Et ce, à une période où Maped (1 800 salariés dans le monde, dont 220 en France) enregistre une baisse significative de son chiffre d’affaires à 189 M€ en 2024 (niveau d’avant Covid), et 175 M€ prévus en 2025 (compter 250 M€ consolidés à l’échelle du groupe), sur fond de déconsommation.

Fabrication et emballage des gommes sur le site d’Argonay, en Haute-Savoie, après le rachat de Mallat (les fameuses gommes rose et bleu) en 1992 – crédit photo P. Rey

Reclassement en interne et accompagnement personnalisé

Un coup dur pour les 28 salariés en CDI menacés par cette fermeture. L’entreprise précise travailler avec les partenaires sociaux à la mise en place d’un plan d’accompagnement. A l’issue des négociations qui devraient aboutir à la mi-janvier – sous réserve d’un accord et de la validation par l’administration -, six salariés se verront proposer une mobilité interne et deux autres un reclassement dans l’entreprise. Les vingt restants bénéficeront d’un accompagnement renforcé avec l’appui d’un cabinet spécialisé, comprenant des dispositifs légaux et supra-légaux (reconversion, reclassement, mobilité, mesures de transition…).

Antoine Lacroix l’assure : « Nous sommes pleinement conscient de l’impact humain de cette décision et notre priorité est d’accompagner chaque collaborateur concerné avec sérieux et respect et de construire les meilleures solutions possibles pour la suite de leur parcours ».

Délocalisation en Asie

Au-delà, le groupe réorganise sa production. Ainsi, la fabrication des gommes sera progressivement transférée en Asie « au sein du réseau de fournisseurs existant ».

« Cette orientation est indispensable pour garantir l’avenir de Maped, restaurer la compétitivité de nos catégories et continuer à investir dans notre transformation et notre innovation« , souligne la direction. 

Un plan de transition est engagé jusqu’en mai prochain sur le site haut-savoyard pour assurer la rentrée des classes 2026. Les équipes R&D, design et marketing sont, elles, maintenues à Annecy, où se situe toujours le siège de l’entreprise.

Romain et Antoine Lacroix co-pilotent le groupe familial depuis 2019, avec un changement de présidence tous les trois ans – crédit photo Maped.

Focus : une société née en 1947, en Haute-Savoie

Pour rappel, la société Maped (Manufacture d’articles de précision et de dessin) a été fondée, après-guerre, par Claude Lacroix, à Annecy. A l’époque, elle fabrique des coffrets de géométrie (compas en laiton…), puis choisit, en 1985, de se diversifier dans les ciseaux, gommes et autres fournitures scolaires.

Cette année-là, l’entreprise familiale, sous l’impulsion de son nouveau PDG Jacques Lacroix, se développe à l’international et ouvre une première filiale en Chine, près de Shanghai, en 1993. D’autres suivent, au fil des ans, au Mexique, au Brésil, en Amérique du Nord, en Argentine… et en Europe (Grèce, Allemagne et Turquie).

Dès 2005, Maped lance de nouvelles marques et étend son expertise aux loisirs créatifs (Maped Creativ). Par la suite, le groupe grandit par croissance externe avec les rachats successifs d’Helix (2012), d’Heller-Joustra (2016) et de Jura Toys (2022). Depuis 2019, il est co-dirigé par Antoine et Romain Lacroix, sur le principe d’une gouvernance tournante tous les trois ans.
Aujourd’hui, Maped, devenu l’un des leaders mondiaux sur les marchés des fournitures scolaires et de bureau, est présent dans 120 pays, via 17 filiales et désormais deux sites de production (Mexique et Chine).


Patricia Rey
Photo Une : site de production et siège de Maped à Argonay – crédit P.Rey


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1 Commentaire

  1. Triste

    Hé bien la réindustrialisation marche du tonnerre à ce que je vois, et malgré les bruits de bottes et de guerre potentielle avec la Chine en 2027, (on ne sait toujours pas quelle est la nature de notre alliance avec les US dans le Pacifique ni ce qu’est notre doctrine en cas d’invasion de Taïwan) ou ce qui se passera si la Russie en profitera pour lancer sa propre guerre en profitant de la désorganisation économique mondiale… on a des boites qui continuent d’investir en Asie no brain, et il se passe quoi Maped si on fait un embargo ou que la Chine coupe toutes les voies de navigation en mer de Chine pour faire son « opération spéciale de libération » ? Heureusement qu’on n’a pas trop de besoin de gommes de nos jours mais bon y’a les autres boites qui font pareil…
    Puis en attendant ça sera aussi 28 employés et leurs familles qui iront vers des partis illibéraux comme LFI ou le RN, y’a plus de chances qu’ils aillent vers le RN cela dit, les stats sociologiques sont assez claires sur les tendances.

    Réponse

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