Lors de la présentation des statistiques de l’immobilier début avril, les notaires des Savoie ont fait le point sur les stations. Un marché à part dopé par quelques “mythes historiques ».

Elles s’appellent Chamonix, Megève et Val d’Isère… Des stations de renommée internationale, situées de préférence au-delà de 1 800 m d’altitude, que les acquéreurs choisissent pour leur ski, leur emplacement au coeur d’immenses domaines skiables mais aussi et surtout pour leur “enneigement garanti“… un critère fondamental.

La “garantie neige“ sinon rien

Et là, les prix peuvent atteindre des sommets. Jusqu’à 36 000 euros le mètre carré à Courchevel. Dans la station très huppée des 3 Vallées, un appartement de 242 m2 s’est vendu dernièrement 8,6 M€ (compter 35 640 €/m2)… quand le prix d’entrée d’un studio en Maurienne se situe autour de 50 000 euros (environ 1 250 €/m2). Mais si Courchevel a toujours la cote et continue d’attirer tout le Gotha, le marché chute : – 14 % en 2016. Faute de PLU, plus rien ne se construit. Pris dans son ensemble, le secteur des Trois Vallées affiche un prix médian de 4 680 €/m2 dans l’ancien, en baisse de 2,8 % en rythme annuel. Mais ce qui est vrai pour une station, ne l’est pas obligatoirement pour une autre. Pour preuve, la vallée des Belleville connait une véritable envolée, de l’ordre de + 6 à + 11 % selon les stations. La palme revient sans surprise à Val Thorens, sacrée meilleure station du monde pour la 3e année consécutive. De quoi doper sa réputation. Même constat aux Menuires et à Méribel, cette dernière attirant une clientèle familiale aisée.

« Dans ces stations, les prix sont comparables à certains quartiers chics de Paris », confirme Muriel Rabeyrolles, notaire et responsable régionale du marché immobilier des Savoie. Un secteur qu’elle connait parfaitement, son étude étant basée à Moutiers.

Ailleurs, en Tarentaise, les valeurs sont inférieures mais restent élevées. Le mètre carré moyen s’établit à 3 720 euros. Mais là aussi, les écarts sont importants. Compter 6 670 €/m2 à Val d’Isère, où l’on assise à une correction des prix, en baisse de 6,6 % en rythme annuel, et 6 120 € aux Arcs, en nette hausse de 9,3 %. Les biens à Tignes sont moins chers, avec un prix médian à 4 410 € (+ 5,8 %), tout comme à la Plagne (3 160 €, – 2,2 %).

« En Haute-Tarentaise, les prix dans l’ancien ont baissé de 2,2 % sur un an à 3 720 €/m2, et de – 10,3 % sur trois ans », fait remarquer Olivier Nicoletta, notaire. Les petits logements représentent 45 à 48 % des ventes. Et si la 1ere clientèle est francilienne, les étrangers sont toujours très présents, et ce quel que soit le type de bien.

Dans le Beaufortain et le Val dArly, un appartement s’achète 4 300 euros, contre 2 480 € en Maurienne.

La tendance est au coeur de villages

Autre département, autres stations. En Haute-Savoie, les Aravis et le mont Blanc séduisent une clientèle française et internationale. Sur ces deux secteurs, les prix médians augmentent respectivement de 4,1 % à 4 930 euros le mètre carré et de 1,4 % à 4 660 euros. Ainsi à La Clusaz, station de charme au coeur des Aravis, un appartement à proximité du village et des pistes s’échange à 6 420 €/m2 (+ 0,8 %), contre 4 570 €/m2 au Grand-Bornand, située juste à côté, et 4 110 € à Manigod.  Direction la vallée du Mont-Blanc, et Chamonix où le mètre carré flirte les 5 800 €/m2 (+ 2,4 %) au pied du mythique mont Blanc. Pour dénicher un pied-à-terre moins cher, il faut s’éloigner. Alentours, des villages haut-savoyards authentiques offrent des biens cosy, comme aux Houches (4 320 €, – 0,4 %) ou encore à Saint-Gervais-les-Bains (3 070 €, – 7,6 %). Plus loin, aux Contamines-Montjoie, les appartements sont plus abordables, soit 3 110 €/m2, en baisse annuelle de 9,8 %.

Au coeur des Portes du Soleil, certaines stations très recherchées par la clientèle étrangère comme les Britanniques et les Suisses ne désemplissent pas. Exemple fort, les Gets où le prix médian s’élève à 5 370 €/m2. C’est plus qu’à Morzine, où un appartement ancien se négocie à 4 970 €/m2 (- 7 %), et qu’à Châtel, joli village en fond de vallée (3 970 €, + 2,8 %), très fréquenté par les Suisses. « La clientèle étrangère est omniprésente. Elle réalise un investissement sur trois dans les Portes du Soleil et 27 % des ventes dans la vallée du Mont-Blanc, quand la clientèle francilienne ne dépasse pas les 11 % », confirme le notaire Patrick Goutard.

« Autant de stations-villages que les acquéreurs privilégient parce qu’on y vit tout au long de l’année, analyse l’expert. Et quirestent chères en raison d’un foncier toujours plus rare ».

Megève est la station la plus chère en Savoie Mont Blanc. Crédit photo : Megève Tourisme

Mais si les prix y sont élevés, à Megève, station des Rothschild, ils culminent à 7 600 € le mètre carré. Et en 2016,  ils affichent une hausse annuelle de 6,7 %. Selon les notaires des Savoie, Megève est tous produits confondus la station la plus chère de Savoie Mont Blanc.

Dans ces stations de sport d’hiver, les maisons et chalets anciens sont devenus une denrée rare et se vendent presque à prix d’or. Dans le Mont-Blanc, un bien s’échange en moyenne à 629 000 euros (+ 8,4 %) et jusqu’à 826 500 euros à Chamonix, où les prix connaissent une ascension vertigineuse de 15,2 %. Dans une autre vallée, côté Grand Massif, le prix médian des maisons a bondi de 13 % à 461 000 euros.

À lire l’article plus global sur le marché immobilier en Savoie Mont Blanc, qui paraitra le 15 avril.