En prévision du futur Scot de Métropole Savoie, une étude prospective sur les trois agglomérations de Chambéry, Aix-les-Bains et Montmélian vient d’être rendue publique. Comment préserver le territoire à horizon 2050, et surtout comment travailler sur les 11 conflits de soutenabilité révélés par ce diagnostic systémique ?
Le syndicat mixte Métropole Savoie regroupe les trois intercommunalités Grand Chambéry, Grand Lac et Cœur de Savoie, pour lesquelles il se charge notamment d’établir un schéma de cohérence territoriale (Scot).
Ce territoire s’étend sur 1 200 km² autour de ses 107 communes. Côté emplois, Métropole Savoie attire toujours plus les catégories socioprofessionnelles supérieures. Le nombre de cadres pour 100 ouvriers est passé de 67 en 2009 à 81 en 2014, et même 93 en 2020.
Sur la question du logement, ce bassin de vie doit composer avec une augmentation importante de familles monoparentales (+27 % entre 2010 et 2021) et de personnes vivant seules (+33,2 % sur la même période). En outre, 27,1 % de la population a dépassé la soixantaine, contre 23,2 % en 2010.

Croissance démographique surévaluée

Ces évolutions démographiques ont incité le syndicat mixte à s’interroger sur son avenir en menant une étude prospective intitulée Métropole Savoie 2050 : les chemins des soutenabilités.
Thibaut Guigue, le président du syndicat, explique : « Il faut rappeler que notre Scot a été adopté en février 2020. La plupart des élus de ce mandat n’en avaient pas été les acteurs. Ils se sont montrés très critiques par rapport à la trajectoire démographique, surestimée de 30 à 35 % dans le document. »
Le Scot prévoit 100 000 nouveaux arrivants d’ici 2040. Or, selon le président, « si nous nous référons aux dix dernières années, la croissance est plutôt de l’ordre de 65 000 à 70 000 personnes, voire en deçà, à en croire les projections de l’Insee ».
Des « stress tests »
Le “zéro artificialisation nette” des sols, la tension énergétique et les changements climatiques ont également incité les membres de Métropole Savoie à se confronter à des « stress tests, pour imaginer les choses qui peuvent percuter le territoire et entamer son attractivité », comme évoqué par Thibaut Guigue.
Cette prospective fut confiée au cabinet parisien Acadie, avec la contribution du Cerema (Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement ; chargé de conseiller les collectivités).
À l’issue d’une consultation à laquelle ont participé 150 personnes – élus, fonctionnaires, professionnels, membres d’associations et quelques habitants –, deux scénarios et une méthode de gouvernance ont émergé. « L’enjeu, ici, n’était pas la soutenabilité au titre de la démographie mais au titre de l’eau, de nos espaces naturels, et des attentes en termes d’habitats », retrace le président de Métropole Savoie.
Sur le volet économique, la prospective suggère le besoin de rapprocher les travailleurs de leur lieu de travail ou, a minima, de faciliter leurs trajets avec des modes doux, comme le détaille François Déalle-Faquez, directeur d’études chez Acadie : « Une zone d’activités qui serait orientée uniquement vers le tertiaire supérieur, ou vers l’artisanat seul, ne permettrait pas d’avoir cette proximité entre domicile et travail. La question de la “ville des quinze minutes”, dans le deuxième scénario, rejoint les enjeux de mixité et d’intensité économiques. »

L’étude a coûté environ 250 000 € (échelonnés sur trois ans), dont 70 000 € financés par l’État (35 000 € au titre de l’ANCT, Agence nationale de cohésion territoriale, et 35 000 € par le Cerema).
La prochaine révision du Scot interviendra en 2031. Cette prospective devrait en poser les bases. La prochaine étape sera lancée en 2027 : « Nous ne souhaitons pas que ce travail se retrouve à caler une armoire », prévient Thibaut Guigue. « L’objectif, c’est qu’il soit utile. Nous avons mené cette réflexion à cheval sur le renouvellement des conseils syndicaux, dans une vraie logique de transmission de témoin aux futurs élus. »


Métropole Savoie
Budget : 800 000 € en fonctionnement et 200 000 € en investissements
Effectifs : 5 salariés

Pour aller plus loin : https://doc.cerema.fr/Default/doc/SYRACUSE/606036/developpement-soutenable-metropole-savoie-2050-diagnostic-prospectif








0 commentaires