Interview. Le président du célèbre groupe de distribution était à Bourg pour l’ouverture du nouveau centre commercial. L’occasion de l’interroger sur les points de conjoncture qui font l’actualité, mais aussi de revenir avec lui sur les ingrédients du succès du groupe. Des ingrédients transposables à d’autres secteurs, pour une recette gagnante.
Le Courrier Economie: Votre arrivé à Bourg n’est pas passée inaperçue du côté des agriculteurs…
J’ai effectivement rencontré les agriculteurs de différents secteurs – lait, viande et volailles – et nous avons échangé pour lever des ambiguïtés et des incertitudes par rapport à la reprise de l’inflation. Il existe aujourd’hui une tension forte sur les prix, à l’heure où le pouvoir d’achat est la première inquiétude des Français. L’inflation, en tout cas, ne passera pas par nous.
Bien sûr, nous devons faire face à des hausses de matières premières, avec une pression tarifaire forte. Mais nous ne voulons pas enfler nos prix. C’est là que l’on comprend bien la situation des PME en général et du monde agricole en particulier face aux hausses régulières de matières premières : ces entreprises sont prises à la gorge.
Pour notre part, nous allons accéder à certaines demandes, comme celles du secteur du lait. Que va-t-il se passer ? Nous répercutons sur les prix, mais au prorata de la composition du produit. C’est-à-dire que l’Actimel n’augmentera pas comme le lait !
Le Courrier Economie: Vous devez aussi faire face à des mutations importantes du comportement des consommateurs.
Aujourd’hui, je ne connais pas l’avenir de la grande distribution, même si nous constatons une évolution des tendances et donc de nos métiers. Nous devons nous adapter, comme dans chaque secteur qui connaît des évolutions de comportement. Actuellement, la part dans le budget des ménages du non-alimentaire et des services ne cesse de croître. Pour nous qui sommes nés dans l’épicerie, quelle évolution ! Nous devons réagir et réinvestir dans la nutrition, la diététique, le bio… et dans le non-alimentaire qui va se développer et, finalement, nous faire entrer en concurrence avec des grands noms comme Boulanger ou Décathlon. Nous devons donc avoir les outils capables de suivre les évolutions de consommation.
Nous allons développer des concepts particuliers (parfumerie, bricolage…) et surtout, surfer sur la vague internet, à travers le drive, avec une logistique dédiée. Ainsi, nous devons aujourd’hui maîtriser un modèle économique qui n’existe pas encore, comme tant d’autres entreprises.
Le Courrier Economie: Quel est le secret de la réussite des centres Leclerc ?
Aujourd’hui, nous sommes l’un des leaders sur notre créneau et nous ne le devons pas qu’à notre image et à la publicité. Nous sommes un repère de prix dans les dépenses, ce qui a induit une confiance qui s’est construite au fil du temps avec les consommateurs. Le groupe Leclerc est un groupe coopératif et c’est à noter, nous tenons des promesses de prix bas, certes, mais aussi d’entreprises indépendantes et à taille humaine. Je suis persuadé que le développement de l’activité des PME et le dynamisme de leurs marques et de leurs produits est l’un des enjeux majeurs de la distribution. J’en suis d’autant plus persuadé que le mouvement E.Leclerc est lui-même un regroupement de PME de la distribution.
Le Courrier Economie: Un regroupement de petites entreprises serait donc une solution ?
Nous sommes des metteurs en scène de produits, nous jonglons entre les premiers prix et les grandes marques, tout en essayant de proposer le plus large choix possible. Notre mode de fonctionnement est déclinable à d’autres entreprises d’autres secteurs. Un exemple : on parle des petits commerçants qui s’inquiètent face aux hyper, comme, en fait, les PME face aux plus grands groupes. À mon avis, une seule chose est à faire : se regrouper ! L’union fait la force ! Les entreprises de taille modeste ont tout intérêt à se regrouper pour proposer des prix plus avantageux, ou partager des frais publicitaires, par exemple. Chez Leclerc, nous avons 30 ans d’expérience dans la grande distribution. C’est à la fois beaucoup et très peu. Le secret de notre notoriété, ou du moins, de la réussite de notre groupe, c’est de dire qu’ il faut créer un concept, y aller, personne ne nous attendra ! Mais avant tout, travailler en réseau pour limiter les coûts. On peut tout à fait rester indépendant, grandir en partant de la base, mais je le répète, c’est l’union qui fera votre force !
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