Le président de la République annonce la mise en place d’une aire protégée sur le Mont-Blanc où l’alpinisme et le ski de randonnée seront les seules pratiques autorisées. Sous peine d’amende.

Après s’être rendu, jeudi 13 février, sur la mer de Glace à Chamonix pour constater les impacts (flagrants) du réchauffement climatique, le président de la République a pris de nouvelles mesures visant à protéger le mont Blanc. « Nous allons créer une aire protégée sur le mont Blanc pour préserver ce monument naturel », a déclaré le président de la République, répondant à l’appel des élus locaux (cf. décrêt du plan biodiversité de décembre 2018 *). Cette zone réglementée s’étendra sur plus de 2 200 hectares autour du sommet, selon un tracé défini par les guides de haute montagne de Chamonix et de Saint-Gervais. Un arrêté de protection d’habitat sera pris d’ici la fin de l’année. Des mesures que les associations écologistes ont globalement jugé insuffisantes.

« Sur la mer de Glace, nous avons pu mesurer et appréhender de manière extrêmement tangible et visible pour tous nos concitoyens l’impact très direct du réchauffement climatique, a déclaré Emmanuel Macron. « Le siècle passé a vu un réchauffement de 2,5 degrés sur le Mont-Blanc, là où le réchauffement moyen mondial est de 1 degré,à cause des effets d’accélération liés au réchauffement de la montagne ».

Des amendes de 750 à 1 500 euros

Ainsi tout comportement inapproprié sera puni d’une amende qui se veut dissuasive : de 135 à 1 500 euros, contre 38 euros jusqu’à présent, pour lutter contre les usages inappropriés et les pratiques contrevenant au respect de la nature été des règles. De quoi redonner le sourire à Jean-Marc Peillex, le maire de Saint-Gervais, qui avait alerté à plusieurs reprises l’opinion publique, dénonçant les nombreuses incivilités et certains comportements incongrus et déplacés. Comment oublier l’atterrissage de cet avion de tourisme non loin du sommet pour que deux alpinistes suisses n’aient plus qu’à gravir les derniers mètres ou encore cet Anglais qui avait monté un rameur l’abandonnant en pleine nature. Le préfet de la Haute-Savoie lancera dans les quatre prochains mois une concertation avec les élus locaux. Un arrêté de protection devrait être effectif d’ici la fin 2020, à l’issue d’une concertation publique.


Le mont Blanc devient une aire protégée – photo Savoie Mont Blanc

« Il ne s’agit pas là d’un arrêté d’interdiction qui empêcherait la montagne de vivre mais bien de protection au sens plein du terme », a tenu à rappeler Emmanuel Macron, qui veut faire de l’écologie, l’une des deux priorités de sa fin de quinquennat.

Ferroviaire : 60 millions pour la ligne Saint-Gervais/La Roche -sur-Foron

Sur le sujet de la pollution atmosphérique dans la vallée de l’Arve. Le président a annoncé une intensification des crédits et des dispositifs dédiés au remplacement des chaudières à bois, réputées polluantes. 3 000 ont d’ores et déjà été changées mais 5 à 8 000 attendent de l’être. Même chose concernant les véhicules polluants dans la vallée : tous les poids lourds de norme Euro 3 et Euro 4 seront interdits dans la vallée à partir du 1er juillet prochain. Une réponse en demi-teinte à la lettre ouverte envoyée par Laurent Wauquiez et Eric Fournier, maire de Chamonix, lui demandant de réglementer les camions les plus polluants dans le tunnel du Mont-Blanc et de développer le ferroviaire dans la vallée. Au-delà, et beaucoup plus marquant, Emmanuel Macron a décidé, en concertation avec les élus, l’extension du Léman Express jusqu’à Saint-Gervais-les-Bains. L’État s’est engagé à hauteur de 60 millions d’euros, auxquels s’ajoutent les 50 millions du Département et les 50 millions de la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Depuis la mairie de Saint-Gervais, accueilli par Jean-Marc Peillex, Emmanuel Macron annonce de nouvelles mesures de protection du mont Blanc – Crédit Palais de l’Élysée.

(*) Lors du 4e Conseil de défense écologique qui s’est tenu le 12 février 2020, le président de la République a réitéré sa volonté d’atteindre 30 % d’aires terrestres et marines protégées d’ici 2022, dont un tiers sous protection forte (soit 10 % de la surface du territoire national). Parmi lesquels, la protection du sommet du Mont-Blanc mais aussi l’extension des parcs naturels nationaux avec quatre nouvelles créations.

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Par Patricia Rey

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