Fin novembre, en marge du sommet de lโOTAN. Le prรฉsident Nicolas Sarkozy donne une confรฉrence de presse. Jusque-lร , rien de bien extraordinaire. Sauf que cette confรฉrence de presse-lร se tient en off. Ce qui veut dire que les confrรจres prรฉsents ne devaient en aucun cas relater les propos tenus. Le but du off, cโest en effet de pouvoir recueillir sur le terrain des infos โ parfois sensibles ou tout du moins confidentielles โ pour mieux comprendre ou apprรฉhender un sujet. Quant ร la confรฉrence de presse, elle est censรฉe nous permettre, ร nous autres journalistes, de prendre connaissance des tenants et aboutissants dโun fait, pour pouvoir le relayer. Donc informer les professionnels des mรฉdias sans quโils puissent โ ร leur tour โ informer le grand public me paraรฎt particuliรจrement รฉtrange. Dรฉjร que nombre de personnes nโont quโune moyenne confiance dans notre mรฉtierโฆ
Lors de ce off avec le prรฉsident, celui-ci sโest emballรฉ lors dโune question sur lโaffaire Karachi et sโest permis de qualifier nos confrรจres de pรฉdophiles. Provocation de la part de lโรฉdile, ou de la part des confrรจres prรฉsents ? On aurait demandรฉ aux journalistes ayant enregistrรฉ la confรฉrence de dรฉtruire leurs bandesโฆCe quโils nโont pas fait. Et ร mon avis, ils ont eu raison. Il a fallu plusieurs jours pour faire la lumiรจre sur cette affaire, et encore, on ne sait pas tout.
Je crois sincรจrement quโil faut rendre publiques ces dรฉclarations. Pourquoi ? Parce que cโest un exemple รฉdifiant de ce ร quoi nous pouvons nous heurter. Prenez les propos tenus rรฉcemment par Jean-Luc Mรฉlenchon, leader du parti de gauche : il qualifie les mรฉdias de ยซ sale corporation voyeuriste et vendeuse de papier ยป !
Sans se faire insulter, nous nous confrontons rรฉguliรจrement ร des ยซ je ne suis pas intรฉressรฉ ยป, ยซ je nโai pas confiance dans la presse ยป, ยซ les journalistes sont des fouilles-merde ยป, et jโen passe et des meilleures. Que รงa mโรฉnerve ! Notre boulot, cโest de chercher ร faire savoir, faire connaรฎtre, รฉtablir la lumiรจre sur des faits. Parfois on dรฉnonce, parfois on valorise. Nous nโavons rien ร vendre et ne sommes pas ร vendre !










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