L’École a confié à ses propres stagiaires, la peinture des salles de formation.
Implantée à Oyonnax depuis 2018, l’École de la deuxième chance (E2C) a confié à un groupe de sept jeunes qu’elle accompagne, cinq garçons et deux filles, le soin de rénover deux salles de formation. Une opération consécutive à un appel à projet de la Fondation du BTP pour promouvoir les métiers du secteur auprès du public de l’établissement.
Inauguré le 14 avril, ce chantier pédagogique, également financé par le Groupement des chefs d’entreprise du Sud-Est, a été conduit avec l’entreprise Briset Cabral. Partenaire régulière de l’école, elle a accueilli le groupe en stage, du 2 au 13 février, le temps des travaux. Les jeunes ont choisi les peintures, calculé les superficies, préparé les supports, appliqué les couleurs, nettoyé…
Ils ont même travaillé sur le budget prévisionnel et le calcul du prix de revient, afin d’intégrer aussi une dimension économique et entrepreneuriale à leur apprentissage.
« Les retours des stagiaires ont tous été très positifs, même si ce n’était pas nécessairement leur projet. L’un d’eux, conforté dans son idée d’intégrer le secteur du bâtiment, a même signé un contrat d’apprentissage au sein de l’entreprise. Cette expérience lui a permis de faire le choix du métier », souligne Morgane Cartillier, chargée de communication et d’événements de l’école, qui s’adresse aux jeunes de 16 à 25 ans ayant quitté le système scolaire avec ou sans diplôme.
« Nous conduisons différents projets de ce type, avec plusieurs fondations et avec le réseau E2C France, pour varier les thématiques. L’objectif étant toujours d’ouvrir des perspectives aux jeunes, en vue d’une insertion professionnelle », note encore Morgane Cartillier.
Les publics de l’école sont orientés vers l’établissement par des prescripteurs comme la Mission locale, France Travail, la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) ou encore, la Mission de lutte contre le décrochage scolaire (MLDS). « Mais nous recevons aussi des candidatures spontanées via nos réseaux sociaux et notre site internet. Dans tous les cas, ce sont le plus souvent des jeunes motivés qui se tournent vers nous. »
« Le chantier [leur] a permis d’acquérir des compétences concrètes dans les métiers de la peinture, un secteur accessible à tous et offrant de réelles opportunités, y compris pour les femmes », a-t-on relevé du côté de la préfecture, à l’occasion de l’inauguration.
Et de rappeler que l’État apporte à l’E2C un appui financier au titre des dispositifs d’insertion et de formation professionnelle, une reconnaissance institutionnelle de son modèle pédagogique et une articulation étroite avec les politiques nationales en faveur de l’emploi des jeunes.
L’E2C dans l’Ain
Dans l’Ain, l’École de la deuxième chance compte deux implantations pour un total de 11 salariés. La principale est à Oyonnax, 31 rue Anatole France, où l’établissement peut accueillir 30 jeunes. La deuxième, à Bourg-en-Bresse, peut en recevoir 15. Mais au gré des entrées et sorties, ils sont 120 à être accompagnés, en moyenne, chaque année.
La mission de cette structure associative – dirigée par Fatia Lamim-Collomb et présidée par Anne-Marie Guignot – est de « remobiliser les jeunes en difficulté ou en situation de décrochage, favoriser la construction d’un projet professionnel réaliste, développer les compétences sociales et professionnelles nécessaires à l’intégration dans le monde du travail, proposer une formation gratuite et rémunérée, accessible sans condition de diplôme, précise la préfecture. Le parcours repose sur une alternance entre des périodes de formation au sein de l’école et des stages en entreprise ».
Sébastien Jacquart








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