Sur un marché « sans offre », les volumes des ventes s’effondrent en 2022. Les promoteurs doivent composer avec les politiques urbaines et apprendre à construire différemment.
Les Savoie, victimes de leur attractivité et de leur proximité avec la Suisse ? On le savait déjà. Et que dire de la pénurie d’offre sur un marché où la demande explose, alimentée par les frontaliers et les Helvètes, toujours plus nombreux à vouloir acheter un bien de ce côté-ci de la frontière.
En Haute-Savoie, les ventes aux particuliers dans le neuf chutent : -35 % dans le Grand Annecy par rapport à 2021 (-15 % par rapport à 2020), leur nombre passant de 1 023 à 666 réservations, et -21,2 % dans le Genevois (1 640). Dans ce contexte, la pierre demeure une valeur sûre.
« Dans le Grand Annecy, les prix de vente sont très élevés – les plus chers de la Région – mais progressent peu. Nous sommes arrivés à un plafond », analyse Vincent Davy, qui préside la FPI Alpes, évoquant une légère hausse de 1,5 %.
Excepté à Annecy et les secteurs prisés, où le mètre carré ressort à 6 200 euros et plus.

Grand Annecy veut plus de logements abordables
Sur ce marché déjà en (sur) tension, acquérir un appartement neuf nécessite d’avoir les moyens financiers… et de la patience. En 2022, les mises en vente ne dépassent pas 584 unités, en recul de 7 % comparé à 2021, mais de 34 % à N-2, dans le Grand Annecy (d’où une offre disponible très faible), et 1 659 logements, soit -22 % dans le Genevois. « Ce qui signifie moins d’opérations », déplore Vincent Davy.
Il ajoute aussi, moins incisif que par le passé : « La situation se débloque avec la ville d’Annecy, qui participe à l’élaboration des permis de construire et veut développer les logements abordables. Mais il faut que la règle soit la même pour tous. »
Pour Nora Segaud-Labidi, adjointe à l’habitat, « le logement abordable doit s’inscrire dans un parcours résidentiel en lien avec le PLH (programme local de l’habitat). Nous allons créer du stock en renouvellement urbain aux Trois Fontaines, à Seynod, et aux Carrés, à Annecy-le-Vieux, mais cela nécessite réflexion. Nous devons travailler les uns avec les autres. »
Sur la table des négociations, aussi, les logements sociaux. La FPI est en discussion avec l’USH 74 pour relever le plafond fixé à 2 180 €/m2 (hors foncier) par les bailleurs à Annecy, « car avec les coûts de construction augmentant de 20 à 25 % et la RE 2020, cela devient compliqué ».
En Savoie aussi, les ventes plongent
En Savoie, le constat est similaire, ou presque. Là encore, les ventes plongent de 23,5 % sur Grand Lac (270 réservations) et Grand Chambéry (508), où les mises en chantier, toutefois, se stabilisent voire augmentent. A contrario d’Annecy, les baisses enregistrées sont davantage liées à la hausse des taux de crédit et au durcissement des conditions d’octroi par les banques.
Patricia Rey, avec Audrey Lebedeff












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