Emmener son chien au bureau n’est plus une excentricité. Le « pet at work » progresse, soutenu par des entreprises soucieuses de créer un environnement de travail attractif afin de fidéliser les collaborateurs et d’attirer de jeunes talents.
Selon plusieurs études, la présence de chiens au bureau transforme positivement l’ambiance de travail, contribuant à apaiser les tensions, à favoriser les échanges entre collègues et à renforcer la dynamique d’équipe. Ils ont aussi des bienfaits sur la santé en réduisant le stress, en augmentant la concentration et en luttant contre la sédentarité. Mais le pet at work correspond aussi à l’évolution du monde du travail – abandon progressif du télétravail qui complique la situation des pet parents – et aux nouvelles attentes des collaborateurs.
Cofondatrice de Poilu.s Paris, un cabinet de conseil spécialisé dans l’accompagnement des employeurs souhaitant accueillir des chiens, Anne Quemin constate le rôle important joué par la Gen Z. « Ces jeunes ont d’abord un chien et ensuite des enfants. Et surtout ils considèrent leur animal comme un membre de la famille. Les entreprises pet at work montrent qu’elles prennent en compte cette nouvelle forme de famille et la volonté d’associer vie professionnelle et vie privée. C’est aussi un moyen pour elles de communiquer à l’extérieur et notamment de promouvoir leur marque employeur auprès des nouvelles générations. »
En France, on estime à 7 % les entreprises ayant déjà franchi le pas et l’intérêt est croissant, notamment chez les assurances en raison des impacts positifs sur le bien-être des collaborateurs. « Nous n’avons jamais eu une entreprise qui est revenue en arrière une fois les chiens acceptés. »
Instaurer un cadre
En Suisse, un sondage réalisé par la compagnie Mars Suisse en 2023 sur un panel de 1000 personnes révélait que quatre propriétaires de chiens sur cinq emmènent déjà leur animal au travail ou envisagent de le faire. Leader sur le marché de la nourriture pour animaux et propriété de Nestlé, Purina a été pionnière en 2016, en Suisse, en autorisant les chiens au siège de la multinationale.
« Nous sommes souvent contactés par des entreprises qui veulent avoir notre témoignage et des informations sur la mise en place, explique Magali Clavel, responsable de la marque Purina. Les questions les plus fréquentes concernent les allergies, la peur des chiens ou le bruit. Ce sont des préoccupations légitimes pour lesquelles il est possible de trouver des solutions. »
Et cela quelle que soit la taille de l’entreprise. « Selon mon expérience, les petites structures ont tendance à autoriser les chiens de manière plus libre, sans forcément mettre en place un processus avec un règlement et un test d’évaluation des chiens, tandis que les plus grandes mettent plus facilement un cadre. Pour réussir l’intégration des chiens, il faut un responsable du projet, le respect des règles et une communication régulière pour que chacun puisse s’exprimer. »
Pascal Meyer, fondateur de Qoqa
« Il y a six ans environ, une collègue est venue au bureau avec son petit chien et tout le monde était content. D’autres collaborateurs ont suivi. Cela s’est fait naturellement. Aujourd’hui, nous sommes 230 chez QoQa et une quinzaine de collaborateurs viennent régulièrement avec leur chien, soit en moyenne trois chiens présents chaque jour. Il n’y a pas de problème. Les chiens créent une super-dynamique et favorisent aussi les liens entre les collaborateurs. Ce n’est pas un argument pour attirer des collaborateurs, mais c’est un vrai plus quand ils l’apprennent.
Odile Habel
© Firn – stock.adobe.com
À savoir : Purina met à disposition un toolkit sur https://www.purina.ch/sites/default/files/2024-10/BZ01_1024_24_Purina_Pets_at_Work_PDF_interattivo_FR.pdf
Cet article est issu de notre magazine L’Extension Automne 2025, disponible gratuitement au format liseuse en ligne ici >>












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