Différentes organisations ont profité des élections pour porter la voix des entreprises auprès des candidats. Tour d’horizon, non exhaustif…
La CCI Auvergne Rhône-Alpes a défini six priorités (lire ci-dessous), le Medef dix : former, aménager, digitaliser, innover, industrialiser, simplifier, exporter, évoluer, accompagner, attirer. De l’organisation consulaire à l’organisation patronale, les visions se recoupent d’ailleurs pas mal. Le contraire eut été étonnant et même inquiétant. La Région ayant en partage avec les intercommunalités la compétence de l’économie, chacune fait connaître aux candidats ce qui constitue à son avis, les doléances des entreprises et fait, en plus, de la pédagogie. Si la Chambre leur a remis un document de synthèse de huit pages, le Medef s’est carrément fendu d’un document de 32 pages où le poids économique du territoire est largement rappelé et détaillé : 477 000 entreprises, dont 452 000 TPE, 20 000 PME et 2800 ETI, 2e région exportatrice de France, 1re région industrielle avec 55 000 sites et 500 000 emplois, soit 15 % de l’emploi industriel national, 4e région économique européenne, 1re (toujours à l’échelon de l’UE) pour la production d’énergie décarbonée… « Auvergne Rhône-Alpes a toutes les cartes en main pour bâtir une position de leadership international en matière de transition énergétique », remarque d’ailleurs le Medef à l’appui de cette dernière donnée, dans sa priorité numéro 8, “évoluer”.
Un argumentaire chiffré
Chacun des dix points est ainsi agrémentée de chiffres. Pour demander une valorisation et un développement de l’alternance « fondés sur les besoins des entreprises » (priorité numéro 1, “former”), le Medef rappelle à la Région sa compétence en matière d’orientation et la hausse de 24 % du nombre de contrats d’apprentissage signés en 2020 (60 000). À l’appui de son souhait de voir préservés et entretenus les réseaux existants, mais aussi le développement de nouvelles infrastructures (priorité numéro 2, aménager), il met en avant les 22,4 millions de passagers TGV au départ ou à l’arrivée en région, ses 12,7 millions de passagers aériens en 2019, ses 1 700 km d’autoroutes, les 2,6 millions de tonnes de marchandises qui transitent par les ports, la couverture du territoire en 4G (90 %) ou en très haut débit (100 % à fin 2021). Pour l’organisation patronale, « parmi les chantiers prioritaires figurent le Lyon-Turin, axe stratégique à l’échelle européenne, le contournement ferroviaire de l’agglomération lyonnaise, […] la liaison ferroviaire Grenoble-Lyon, l’optimisation de l’axe routier de Lyon à Saint-Etienne » … Pour finir, les priorités 9 et 10, “accompagner” et “attirer”, portent sur la responsabilité sociale et environnementale, avec la création d’une plateforme dédiée et d’un référentiel partagé, et sur un tourisme « durable et responsable ».
Le vélo aussi
Outre la CCI et le Medef Aura, de nombreux secteurs d’activités ont adressé aux candidats, leurs propositions. Le cluster Mobilité active et durable (MAD) en Auvergne-Rhône-Alpes, qui rassemble les acteurs économiques de la filière, par exemple, en a lui aussi retenu 10. Elles visent à « construire un plan de réindustrialisation du cycle cohérent et ambitieux à cinq ans en s’appuyant sur les domaines d’excellence de la région, stimuler l’entrepreneuriat local dans la mobilité active et durable, allonger le cycle de vie des produits, développer la visibilité et l’attractivité de la filière » et de ses métiers, « faire de l’industrie du vélo un véritable levier d’insertion, développer l’intermodalité avec les transports régionaux, soutenir les initiatives de tourisme à vélo, œuvrer pour une offre de service ambitieuse » ou encore, « favoriser, faciliter et inciter les changements de comportement ».
272
Le PIB d’Auvergne Rhône-Alpes s’élevait à 272 milliards d’euros, ce qui place le territoire au 2e rang des 13 régions françaises.
7
La région est également sur la 2e marche du podium pour l’innovation avec 7 milliards consacrés à la R&D.
Les six priorités de la CCI Aura
Les présidents de la Chambre régionale et des 13 Chambres territoriales ont reçu les six principaux candidats.

Le bureau de la CCI Auvergne Rhône-Alpes a reçu le 25 mai, les six candidats aux élections régionales crédités d’au moins 5 % d’intention de vote, soit Fabienne Grebert pour EELV, Andrea Kotarac pour le RN, Najat Vallaud-Belkacem pour le PS, Cécile Cukierman pour le PC et LFI, Bruno Bonnell pour LREM et Laurent Wauquiez pour LR. Chacun d’eux s’est vu remettre un document de synthèse listant les six priorités des acteurs économiques régionaux. Il y est question de projets d’aménagement durable pour l’attractivité et le rayonnement du territoire, de conforter la place d’Auvergne Rhône-Alpes non seulement comme première région industrielle de France, mais également dans le monde, de guider les TPE-PME dans leur transformation écologique, d’impulser la digitalisation de l’économie, d’une « ambition nouvelle » pour le tourisme, les activités de loisirs, la montagne et le commerce, ainsi que des besoins des entreprises en matière de recrutement et de formation.
Plusieurs de ces thématiques se recoupent. Ainsi, il est question « d’assurer une couverture numérique sans exclusion des entreprises et des territoires », aussi bien dans les projets d’aménagement durable, priorité numéro 1, que dans la digitalisation de l’économie régionale, priorité numéro 4. De même, on peut rapprocher la volonté de « favoriser l’employabilité des jeunes d’Auvergne Rhône-Alpes qui arrivent sur le marché du travail », évoquée dans ce même point 4, avec les besoins des entreprises en matière de recrutement et de formation, point numéro 6, dans lequel il est rappelé : « 85 % des emplois de 2030 n’existent pas encore. L’intelligence artificielle, la robotique ou la réalité virtuelle doivent rapidement être intégrées dans nos centre de formation pour préparer les emplois de demain. » Sur fonds de crise sanitaire, le document contient par ailleurs un véritable plaidoyer pour les secteurs du tourisme et de l’événementiel qui « auront perdu près de 80 % de leur chiffre d’affaires en raison de l’épidémie ».
Sébastien Jacquart












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