La crise économique n’est pas encore achevée, mais des signes de reprise évidents sont apparus. La Banque de France à Bourg-en-Bresse en a donné les principales raisons.
« L’idée, c’est d’aller vers le grand public, d’être plus ouvert ! Par exemple, le thème de l’inflation qui n’existait plus est revenu sur le devant de la scène et il intéresse tout le monde ! » déclare Philippe Kiehl, le directeur départemental de la Banque de France, en ouverture de la conférence “Rentrée 2021, quelle reprise économique dans nos territoires ? ” organisée le 19 octobre dans les locaux de l’institut bancaire à Bourg-en-Bresse. Un peu de pédagogie ne fait de mal à personne ! Alors qu’on entend parler de rebond économique significatif, le moment de l’analyse est venu. Car la crise économique du Covid-19, si elle a été la plus forte jamais vécue depuis le krach boursier de 1929, s’est accompagnée de bien des paradoxes. « Le pouvoir d’achat a pu être maintenu, la capacité du tissu économique a été préservée et on a assisté à une chute de l’emploi qui, globalement, a pu être préservé, liste Philippe Kiehl, avant d’ajouter, le scénario des faillites massives a été évité et l’augmentation de la dette des entreprises est globalement compensée par la hausse de leur trésorerie. » Rappelons que ces mesures de soutien (PGE, chômage partiel, moratoires, etc.) ont permis de soutenir les entreprises et sont, pour certaines, prolongées dans le cadre du plan de sortie de crise.
De leur côté, les banques commerciales ont accompagné les particuliers et les entreprises grâce aux reports de crédits concernant le capital et les intérêts pour soulager leur trésorerie. Elles ont octroyé plus facilement de nouveaux prêts aux entreprises avec des Prêts garantis par l’État [NDLR, dans l’Ain près de 6 000 PGE pour 1 050 M€]. « Les banques françaises sont plus solides aujourd’hui que lors du déclenchement de la crise financière de 2009 », assure Philippe Kiehl qui prévoit « le retour à la trajectoire de croissance précovid dans le courant de l’année 2023, avec un rythme “spontané” entre 1 % et 1,5 % par an ». « En résumé, dit-il, on relève une forte activité générale avec une demande très soutenue, des freins (pénuries, recrutements, sanitaire…) au rebond de l’offre – y compris dans l’Ain où la filière automobile est particulièrement touchée – et un rebond temporaire de l’inflation. On note, dans le département, un niveau d’emploi comparable à l’avant crise, une très forte épargne globale (+1,3 milliard d’euros en un an), encore peu de défaillances et d’impayés des entreprises, des crédits dynamiques. »
TVA, recettes bonifiées
Selon la Direction départementale des finances publiques (DDFip), dans sa Note de conjoncture économique du 15 octobre, l’analyse des données recueillies sur les déclarations de TVA (déposées par les entreprises locales jusqu’au mois de septembre inclus) confirme les effets de la sortie de crise sur la conjoncture économique. « Après avoir connu, entre octobre et février, des évolutions erratiques liées aux fluctuations du contexte sanitaire, les recettes de TVA “au comptant” se sont bonifiées à partir du mois de mars », explique Vincent Bonardi, le nouveau directeur de la DDFip… « Depuis le début de l’année, les encaissements sont supérieurs de 82,40 M€ à ceux comptabilisés entre janvier et septembre 2020. En cumul sur douze mois glissants, le montant déterminé fin septembre est désormais en hausse de 8,1 % par rapport à celui qui avait été enregistré un an auparavant. »
De même, l’examen des autres indicateurs conjoncturels met en évidence le rebond intervenu en avril et l’orientation très favorable ainsi prise depuis le deuxième trimestre. « Tous secteurs confondus, la variation des chiffres d’affaires déclarés par les entreprises du département sur douze mois glissants, qui avait significativement décliné entre mars 2020 et février dernier, retrouve, avec un taux de +7,5 %, un niveau qui n’avait plus été observé depuis le mois de mai 2018. Un constat similaire peut être fait pour les exportations et les livraisons intracommunautaires de l’Ain, dont les difficultés avaient été particulièrement exacerbées l’an dernier et qui ont désormais inversé cette tendance, la moyenne sur douze mois du commerce extérieur se situant actuellement à +8,5 % contre – 18,1 % en mars dernier », conclut Vincent Bonardi.
Regain de dynamisme
Le dynamisme de cette rentrée profite particulièrement au commerce et, plus encore, à la construction. Ces activités qui avaient relativement contenu leurs pertes de chiffre d’affaires en 2020 affichent respectivement à la fin du mois de septembre des moyennes positives de 7,7 % et 14,5 % sur douze mois glissants. L’industrie manufacturière participe à ce redressement de l’économie locale avec des chiffres d’affaires déclarés sur douze mois glissants en hausse de 6,1 % à présent contre -12,3 % en mars dernier. Depuis deux mois, les exportations et les livraisons intracommunautaires de ce secteur d’activité ont retrouvé une variation positive se situant fin septembre à +8,2 %, à comparer au taux de -21,1 % qui avait été enregistré au terme du premier trimestre.
L’hébergement et la restauration, secteurs profondément affectés par les confinements, bénéficient de l’effet de reprise depuis le mois de juin seulement.
Éliséo Mucciante











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