L’une des promesses phares de la majorité municipale de Bassens, en Savoie, ne sera pas honorée, du moins durant ce mandat : les maternelles “d’en haut” et “d’en bas” ne seront pas réunies.
Initialement, la municipalité de Bassens voulait créer un groupement scolaire durant son mandat. La première phase, d’un montant de 6 M€, devait réunir les deux écoles maternelles (La Plaine et Chef-lieu) et le premier restaurant scolaire de l’histoire de la commune. Le tout sur un même site, proche de l’espace Colombe, à quelques mètres de l’église, sur un terrain cerné de végétation. L’avant-projet définitif, qui devait donner le coup d’envoi des travaux, a été mis au vote lors du conseil municipal du 17 juin… et rejeté par 14 voix contre 13.
Catherine Anxionnaz, élue maire en novembre 2024 après la démission d’Alain Thieffenat, ne s’en remet toujours pas : « J’ai rédigé une lettre adressée à tous les habitants pour leur exprimer à quel point je regrettais ce vote, prioritairement pour nos enfants. »
400 000 € de pertes sèches
La première magistrate a donc « résilié le contrat de maîtrise d’œuvre », alors que les frais engagés s’élevaient à 350 000 €, auxquels s’ajoute désormais une indemnité de résiliation de 53 800 € au bénéfice du cabinet Arra (Aix-en-Provence) dirigé par l’architecte Régis Roudil. Ce revirement va peser sur les finances de la commune, dotée d’un budget de 7,5 M€ (5 M€ de fonctionnement ; 2,5 M€ d’investissement) pour une population de 5 100 habitants.
La géographie de Bassens est marquée par un dénivelé responsable d’une forme de fracture sociale entre les habitants “d’en haut” et leurs concitoyens “d’en bas”. « L’idée d’Alain Thieffenat et de notre liste était de mettre un terme à cette sorte de dichotomie en réunissant tous les enfants en un même lieu », souffle l’édile.
Quant au restaurant scolaire, il fait cruellement défaut : « Aujourd’hui, les enfants sont éparpillés dans cinq salles communales qui ne sont pas des restaurants. Avec cette première phase, les écoles élémentaires auraient aussi profité de ce restaurant : les élèves de La Plaine devaient rejoindre leurs camarades du Chef-lieu, en attendant la suite du projet », poursuit Catherine Anxionnaz.
Ce projet ressurgira-t-il dans six mois, à la faveur d’un programme de campagne ? « Il faudrait déjà que je me présente ! », réagit la maire. « J’ai 71 ans : quand j’ai prêté serment au barreau des avocats de Chambéry, nous n’étions que quatre femmes dans un monde d’hommes. Il a fallu travailler d’arrache-pied. J’aspire peut-être à une vie plus calme… »








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