Salon : Sport Achat “été”, placé sous le signe des affaires

par | 11 Sep 2025

Les professionnels des sports de nature se sont rassemblés, les 8 et 9 septembre, à Alpexpo Grenoble. Plus de mille détaillants ont découvert les dernières tendances et nouveautés des marques pour 2026.

Rendez-vous traditionnel de la filière outdoor depuis plusieurs années, le salon Sport Achat “été” a réuni plus de mille professionnels venus découvrir les collections 2026 de matériels, chaussures, textile et accessoires, et dénicher de nouvelles marques (250 exposaient). Cette édition a mis en lumière l’ascension de pratiques comme le bivouac, le trail, l’escalade et le vélo à assistance électrique (VAE), via une offre conséquente. Le salon est également plébiscité pour ses conférences. Celle dédiée à l’activité estivale des magasins de sport en montagne, organisée par l’Union Sport & cycle (USC), a été très suivie.

Le bivouac fait de plus en plus d’adaptes et les fabricants de tentes cenrichissent leur offre.

L’été pèse « 15 % du business » des magasins en montagne

« L’été 2025 est plutôt positif, avec un chiffre d’affaires en évolution de +1 à 3 % en un an », déclarait en préambule Arnaud Coppel, en charge de l’observatoire de l’USC et directeur d’Intersport Montagne, s’appuyant sur une enquête réalisée du 1er mai au 24 août (panel de 278 magasins).

Il rappelle que 60 % des magasins en station restent ouverts l’été, « sachant, relativise-t-il, que le poids de l’été, c’est 15 % du business des magasins de montagne, avec des ailes de saison qui ne dépassent pas 3 % ».

Rien à voir avec les +25 % enregistrés post-covid. « Depuis, observe le spécialiste, jamais nous n’avons connu une telle hausse. Mais, chaque été, la croissance est légère et régulière. » Un chiffre à corréler avec le taux de fréquentation de +5,5 %, publié par l’ANMSM, association des maires de stations.

« Preuve, enchaîne Jérôme Camps, président de la commission “montagne” de l’USC et de Cara Group, que la montagne estivale est dynamique et séduit, grâce en partie à des prix plus accessibles que l’hiver et une offre multiactivité. »

D’autant que – les professionnels l’attestent – le prix du panier moyen en magasin fléchit, conséquence de la baisse du pouvoir d’achat. Et de faire remarquer : « La profession résiste plutôt bien, en regard d’autres secteurs comme la restauration, plus impactée ».

Zoom sur le vélo

Ce débat a été l’occasion de faire un focus sur le vélo, quand 50 % des magasins en station le proposent à la location. Invité à la table ronde, Julien Rebuffet, directeur du syndicat national des Moniteurs cyclistes français (MCF), a évoqué « une saison normale, avec une tendance très nette aux remises… un geste très attendu par la clientèle. Laquelle paie de plus en plus en chèques vacances ». De son côté, Jérôme Gresset, propriétaire de trois magasins Sport 2000 à Métabief (Jura), réalise 90 % de son chiffre d’affaires avec le vélo : le résultat d’une politique volontariste.

Reste un enjeu collectif : acculturer la clientèle à la pratique du VTT électrique, du fait de la technicité à maîtriser.

« Les loueurs en ont conscience et conseillent leurs clients », affirme Julien Rebuffet. Avec, à la clé, des cours dispensés par des moniteurs diplômés, pour gagner en aisance et en sécurité.

Un créneau d’autant plus intéressant que la montagne, l’été, est fréquentée par de nombreux sportifs : 60 % du chiffre d’affaires des magasins de sport de montagne sont liés à la pratique sportive. Et Arnaud Coppel (Intersport) de conclure : « La montagne estivale, c’est aussi la randonnée, en progression de 31 % dans les magasins Intersport via une offre dédiée (alors qu’auparavant, les magasins avaient plutôt tendance à faire du déstockage). Mais la plus forte croissance a été enregistrée par le trail, soit +13 % à fin août. Suivent le textile, puis les ventes de vélos et d’accessoires. »

Portraits d’entreprise

Nutrition : Yanaa emballe avec ses purées bio

Créée à Annecy en 2022, Yanaa est spécialisée dans la gastronomie sportive. À sa tête, Anouck Grau et Chris Bellamy (photo), deux anciens athlètes de haut niveau, souhaitent proposer une alternative plus saine aux gels sucrés et ultratransformés. Après trois ans de R&D, Yanaa (comprendre « You are not an astronaut ! ») a lancé, en août, quatre purées salées, élaborées à partir d’ingrédients, et surtout de légumineuses, issus de l’agriculture biologique.

Si Anouck, nutritionniste holistique, et Chris, ingénieur et “bio designer” (il était auparavant développeur chez Salomon), mettent au point les recettes, les produits sont cuisinés et conditionnés sous forme de gourdes en Provence. Pour l’heure, 5 000 unités ont été fabriquées.

La jeune pousse (trois salariés), qui table sur 300 000 € en année 1 et 2 M€ à trois ans, commercialise ses purées sur son site marchand et dans cinq magasins bio et de course à pied. Après avoir opéré une levée de fonds de 80 000 € auprès du Crédit mutuel en décembre 2024 – complétée par des prêts bancaires de Bpifrance et une subvention d’Initiative Grand Annecy –, elle en prévoit une deuxième en 2026 pour se développer. Le duo lancera aussi une gamme sucrée d’ici six mois (les recettes sont validées). Passionné, Chris Bellamy réfléchit à un nouvel emballage comestible.

Lampes : Lagolight vise l’outdoor

La société annécienne Lagolight, qui conçoit des lampes frontales, se développe entre autres avec l’armée. En hausse puis quatre ans, son chiffre d’affaires devrait atteindre 3 M€ cette année, contre 2 M€ un an plus tôt, avec huit salariés. Son activité se répartit entre les lampes frontales, qui représentent 95 % des ventes, et les torches (5 %). Des produits dont les composants sont fabriqués chez des sous-traitants en Auvergne-Rhône-Alpes (excepté les leds et les microprocesseurs, en Malaisie), avant d’être assemblés à Annecy.

Plutôt présente sur les marchés professionnels de la distribution en quincaillerie et fournitures industrielles, la marque s’intéresse depuis 2022 aux sports outdoor. « Nous sommes aujourd’hui référencés Au Vieux Campeur, sur la marketplace de Decathlon et dans plusieurs magasins de sport indépendants », raconte son dirigeant fondateur, Bruno Grosjean (à droite sur la photo).

Si, pour l’heure, ce marché pèse 10 %, il est amené à progresser. Alors, pour booster sa notoriété auprès des pratiquants, Lagolight est devenue le partenaire d’événements de trail comme le Bélier blanc et le Marathon du Mont-Blanc, et a créé, en septembre 2024, sa propre équipe d’ambassadeurs. Parmi eux : le trailer Augustin Kerhardy et le fondeur handisport Antoine Collomb-Patton.

Escalade : Snap, à bloc !

Le fabricant de matelas de réception (crash pads), prises et accessoires d’escalade Snap, entré dans le giron du groupe Arkose fin 2017, enrichit son offre avec une ligne urbaine de sacs de voyage pour compléter sa gamme de sacs à dos, de sacs grande voie et de sacs à corde. « La fabrication est sous-traitée chez notre partenaire au Vietnam, sauf la mousse recyclée des crash pads, 100 % française », précise Ewen Henrio (photo), le directeur commercial de Snap.

La marque innove aussi, cette année, avec de nouveaux crash pads, dont un gonflable (Air Shock 1)… le premier sur le marché (gonflage rapide en deux minutes), ultraléger et facile à transporter lors des sorties. Durable, il est fabriqué en polyester recyclé.

Basée à Saint-Jorioz, la société fondée en 1996 par Patrick Delozanne emploie huit salariés et anticipe un chiffre d’affaires en légère hausse à 2 M€ en 2025, dont 40 % réalisés à l’export. Les matelas et la bagagerie pèsent 35 % du CA, les prises 25 %, les chaussons Mad Rock 25 %, les accessoires 10 % et le textile 5 %. Distribués Au Vieux Campeur, chez Chullanka, Hardloop, Ekosport et Snowleader, mais aussi dans 30 magasins de sport spécialisés “escalade”, les produits Snap sont également utilisés dans plus d’une centaine de salles d’escalade, dont les 27 exploitées par Arkose.

Équipement : TSL à fond dans le trail

TSL Outdoor, le fabricant annécien de bâtons et sacs à dos pour la randonnée et le trail repense et enrichit ses gammes. Une stratégie offensive qui porte ses fruits. « Cet été, nos bâtons en alu ou carbone ont performé. C’est la première année que le trail dépasse la randonnée en volume et en valeur », se réjouit Marion Gallay (photo), la directrice, qui annonce +50 % avec 20 000 paires vendues. Les gantelets, désormais en mesh, ont été améliorés. Tout comme les gilets d’hydratation, avec une nouvelle gamme, Fast Hiking, commercialisée en 2025. Côté rando, l’offre se développe avec désormais 35 modèles de bâtons, dotés de dragonnes magnétiques et rondelles amovibles. S’y ajoute une ligne d’accessoires (guêtres, carquois…).

En 2024, face à une chute de ses ventes, TSL Outdoor (groupe Gallay, 20 M€ de CA consolidé) a dû se restructurer et licencier 17 personnes. La PME de 50 salariés réalise un chiffre d’affaires annuel de 7,5 M€ à fin juin 2025 (contre 22 M€ pendant la pandémie de covid), dont 40 % l’été et 60 % l’hiver avec les raquettes à neige.

Présente dans 2 400 magasins en France, TSL est aussi fournisseur exclusif d’une dizaine d’autres marques (Trezeta, Berghaus…). Grâce à de nouveaux contrats concernant ses sites d’injection (Alex et Rumilly), le groupe devrait repartir sur de nouvelles bases et amortir ses investissements.


Reportage et photos : Patricia Rey

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