L’établissement public foncier (EPF) 74, qui effectue du portage pour le compte de collectivités, connaît une activité plutôt dynamique, avec des opérations à la fois plus urbaines et plus complexes.
En 2025, les cessions opérées par l’établissement public foncier (EPF) 74 se sont élevées à 11,5 M€ (auxquels s’ajoutent 2 M€ reportés en 2026 en raison du décalage d’un programme conduit par un bailleur social), en retrait par rapport à 2023 (17,3 M€). L’année écoulée a été plus fructueuse au niveau des acquisitions (43 M€ contre 42,3 M€ en 2024).
« C’est un bon chiffre compte tenu du fait que nous étions dans une période préélectorale. Le foncier est un peu atypique en Haute-Savoie, car beaucoup de biens sont aux mains de grandes familles et sont peu mis sur le marché. Les collectivités n’hésitent pas à se saisir des rares opportunités qui apparaissent », observe Catherine Minot, la directrice de l’EPF.
Chargé d’accompagner les politiques foncières des communes et intercommunalités, l’EPF 74 continue par ailleurs d’observer une évolution de la nature des opérations. Celles uniquement dédiées au logement pour tous (au moins 30 % de locatifs sociaux ou 50 % d’appartements abordables en bail réel solidaire) sont peu nombreuses.
En revanche, les programmes mixtes, associant des services et commerces en rez-de-chaussée et des logements en étage, se multiplient. « C’est une tendance de fond : notre activité concerne désormais plutôt l’enveloppe urbaine et se déroule de moins en moins en zone rurale. Ces projets demandent davantage d’ingénierie et d’investissement », complète Catherine Minot.
Pour répondre à ces enjeux, l’EPF 74, qui figure parmi les plus actifs en France, a renforcé ses moyens avec deux embauches, ce qui porte ses effectifs à 27 personnes. À l’initiative de la création de la Foncière 74 (voir article ci-dessous), qu’il héberge, il cherche à gagner de l’espace sur son site d’Allonzier-la-Caille.
Il prévoit de transformer son rez-de-chaussée pour aménager des bureaux supplémentaires et envisage une surélévation de ses bâtiments. Rejoint, en 2025, par la communauté de communes des Quatre Rivières, l’établissement fédère désormais 19 intercommunalités et 272 communes sur 281 en Haute-Savoie.

La Foncière 74 a déjà engagé plus de 1 000 baux réels solidaires
Fondée en 2019 sous l’impulsion des élus de l’EPF 74, la Foncière 74 figure parmi les plus importants organismes de foncier solidaire (OFS) du département. Depuis, elle a engagé la réalisation de plus de 1 000 logements en bail réel solidaire (BRS).
« Dont plus de 350 sur la seule année 2025. Cette accélération s’explique par les obligations, de plus en plus prégnantes, des plans locaux d’urbanisme. Le BRS remplace le prêt social location-accession (PSLA) mais présente l’avantage d’être antispéculatif : il ne permet pas de revendre au prix du marché un bien acheté à un prix très abordable », explique Loïc Alcaras, le directeur de la foncière.
Opérationnel depuis 2017, le BRS permet de réduire les prix des logements (prix moyen de 3 204 €/m²) en zone tendue en dissociant le bâti du foncier. Deux ans après la livraison de ses premières opérations, la Foncière 74 n’a pas subi d’impayés dans le paiement des redevances mensuelles (en moyenne, 1,03 €/m² habitable).
Elle a, en revanche, déjà enregistré cinq reventes, effectuées au profit de ménages éligibles. « Nous restons un outil au service des collectivités, poursuit Loïc Alcaras,mais notre expérience les aide à trouver un juste équilibre entre un produit immobilier attractif pour notre cible prioritaire (les ménages dont les salaires sont payés en euros) et les objectifs fixés par les élus. »
Sophie Boutrelle
Photo crédit : EPF 74.








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