La cérémonie des vœux de l’Université Savoie Mont Blanc a été l’occasion, pour son président Philippe Briand, de revenir sur une année « pas facile ».
L’année 2026 commence, pour l’Université Savoie Mont Blanc, avec un espoir : celui d’être entendue par le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace, Philippe Baptiste. Mardi 3 février, ce dernier devrait recevoir Philippe Briand, président de l’USMB, ainsi que cinq autres présidents d’universités.
Ce rendez-vous, emporté de haute lutte après que Philippe Briand a envoyé un courrier à l’ensemble des parlementaires de Savoie et de Haute-Savoie le 17 novembre dernier, lui permettra d’exposer la situation financière difficile de l’établissement. Une situation qu’il a brièvement évoquée la semaine dernière lors de la traditionnelle cérémonie des vœux qui se tenait sur le campus d’Annecy-le-Vieux, mais sur laquelle, interrogé, il revient volontiers en détail.
Premier élément de taille : le budget 2026 (d’environ 140 M€), qui a été adopté pour l’université, fait apparaître un déficit de 2,6 M€. En cause, selon le président, l’augmentation de charges non compensées par l’Etat, telles les mesures dites Guérini destinées à revaloriser les salaires de la fonction publique (surcoût de 1,4 M€). « Au total, calcule-t-il, ce sont 3 M€ de charges en plus qui ne sont pas compensées. Nous avons beau faire des économies, nous n’arrivons pas à tout couvrir. »

Parallèlement, l’Université Savoie Mont Blanc est « historiquement » sous dotée par rapport à ses homologues de taille similaire. « La masse salariale a été calculée en 2011, à un moment où tous les postes n’étaient pas encore pourvus et notre enveloppe n’a jamais été réévaluée depuis. » Avec une dotation de 7 698 € par étudiant, elle perçoit en effet 698 € de moins que la moyenne nationale des universités pluridisciplinaires hors santé. « Cet écart représente un manque à gagner de plus de 9 M€, soit 9 % de sa dotation globale », indique-t-il.
Une des conséquences directes de ce déficit est « l’effondrement » du fonds de roulement de l’établissement. « Cela nous préoccupe beaucoup car c’est notre capacité à investir dans de nouveaux projets qui pourrait être remise en cause. » Ce fonds de roulement, qui représente le nombre de jours durant lesquels l’université pourrait continuer à fonctionner si elle n’avait pas de subventions, se montait à 48 jours en 2022. Il est tombé à 27 jours en 2024 et sera vraisemblablement de 20 jours pour 2025.
« Quant au fonds de roulement réellement disponible — une partie importante étant déjà engagée dans des opérations de recherche ou immobilières —, il est tombé de 33 jours en 2022 à 8 jours en 2024 et devrait atteindre un niveau critique en 2025, évalué à 4,1 jours », alerte Philippe Briand. Puisque la dotation de l’Etat n’augmente pas, l’université se voit en effet contrainte de grignoter ce fonds.
Une situation vécue comme une injustice d’autant que l’USMB voit non seulement ses effectifs étudiants progresser fortement (10 000 en 2010, 15 000 en 2025), son attractivité se renforcer (+ 25 % de demandes sur parcours sup, + 19 % sur monmaster), mais aussi ses résultats s’améliorer. En 2025, elle a ainsi rejoint le premier tiers des universités françaises en termes de classement.
D’autres marqueurs de cette réussite sont à signaler dont, par exemple, sa présence au sein du classement de Shanghai. Une excellence que Philippe Briand encourage ses collègues à maintenir en préservant le « dynamisme et la capacité d’innover » de l’USMB. « Il faut que nous soyons inventifs pour pallier cette période budgétaire difficile, notamment en répondant à des appels à projets grâce auxquels nous pourrons prétendre à des financements. »










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