Face à l’incertitude actuelle, la fédération départementale du bâtiment et des travaux publics compte sur les collectivités et les acteurs privés pour investir, dans un territoire dynamique.
« On ne va pas le cacher, nous ne vivons pas nos meilleures années », a indiqué Mathieu Bielokopytoff, président de la Fédération BTP Ain, à l’occasion de l’assemblée générale qui s’est déroulée vendredi 23 mai, à Ainterexpo Bourg-en-Bresse. « Le monde économique n’est pas en forme, a renchéri celui qui a un ADN de bâtiment qui coule dans ses veines. Il a subi des soubresauts assez récurrents ces derniers temps, avec une absence de gouvernement, une absence de Loi de finances. »
Et même s’il estime que la situation s’améliore, 2025 ne sera pas une année excellente. Il nourrit une espérance pour l’année 2026, mais ne perd pas de vue que les échéances électorales impacteront la profession. « Le moral est là, mais il ne faut pas qu’une telle situation dure trop longtemps », a-t-il martelé en énumérant les différentes tempêtes traversées par le secteur entre, notamment, la covid, la crise des matériaux, l’inflation… Pour lui, c’est clair, les entrepreneurs sont courageux, optimistes et résilients.
« Aujourd’hui, le volume des logements, des locaux et de l’emploi est au plus bas, a exposé celui qui a démarré sa carrière en tant que maître d’œuvre dans l’économie de la construction. Si l’activité et les trésoreries se contractent, elles vont encore plus alimenter les défaillances. En termes d’emploi, les entrepreneurs se battent pour garder un outil de production qu’ils ont mis du temps à rénover depuis 2008. » Face à des carnets de commandes en baisse mois après mois, les professionnels des métiers du bâtiment comptent sur les acteurs publics et privés pour relancer la construction.
Investir dans l’Ain
Au-delà de la vie syndicale, cette matinée était l’occasion de faire se rencontrer les adhérents avec l’écosystème du BTP dans le département. Riche en échanges et en perspectives, ce temps fort s’articulait autour d’une table ronde dont la thématique était “Investir dans l’Ain, obstacles et opportunités”. Un temps fort des plus dynamiques avec des investisseurs, et non des moindres, en les personnes de Jean Deguerry, président du Département, Felipe Pena, directeur régional du groupe Duval, Isabelle Maistre, présidente de Grand Bourg Habitat, Nourredine Madani, président de Proxilam, et François de Laportalière, directeur général de la Banque populaire Bourgogne Franche-Comté et Pays de l’Ain (BPBFC).
« Avant de pouvoir construire et réaliser, il faut financer, maintenir et recycler, a souligné Nourredine Madani qui a choisi l’Ain pour un projet à 6,7 M€ qui accueillera une entreprise à la pointe de l’innovation. Si nous prenons le cycle global d’une construction, il y a de quoi se différencier et être force de proposition. » De son côté, François de Laportalière a rappelé que le rôle de la BPBFC et sa capacité à être utile sont de pouvoir accompagner les entreprises : « Nous devons être créatifs en trouvant de nouvelles solutions de financement. »
Pour Isabelle Maistre, « le Zan (zéro artificialisation nette) va tous nous engager à travailler sur des projets plus complexes. Cette complexité va certainement nous mener à plus d’ingénierie chez les maîtres d’ouvrage et chez les entreprises. Je crois aussi beaucoup en la filière du réemploi et en la capacité du BTP à s’engager dans une économie circulaire ».
À Belley comme dans le Pays de Gex, le groupe Duval a signalé, par la voix de Felipe Pena, que l’emplacement est redevenu la base de la promotion immobilière. En ce qui concerne le Département, son président Jean Deguerry, a relevé que les élus doivent être des aménageurs de territoire « et nos législateurs, des facilitateurs » !
Carole Muet









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