« URGENT – Injonction. Sans réponse de votre part dans un délai de quinze jours, vous perdrez le bénéfice de vos droits. Notifications importantes. » Aie. Lorsque vous recevez un beau matin une missive de ce type, vous vous demandez ce qui vous arrive. Enveloppe marronnasse, aspect formel, tournures de phrases menaçantes. Qu’avez-vous fait, ou omis de faire ? S’agit-il d’une réminiscence de facture oubliée au fond d’un tiroir ? Impossible, vous vous en acquittez à peu près rubis sur l’ongle, on ne plaisante pas avec ces choses-là. Peut-être, une paperasserie quelconque à laquelle vous n’avez pas donné suite ? Et tandis que vous fouillez désespérément au plus profond des limbes de votre mémoire, vous décidez de l’ouvrir tout de même, cette enveloppe. Après tout, quel droit pourriez-vous perdre ? Celui de régler vos factures ? Et là, surprise ! Mais pas une bonne, du genre « tel organisme administrativore s’est aperçu que vous bénéficiez d’un crédit d’impôt – d’une aide quelconque – d’une prime ». Que nenni. Vous tombez (des nues), sur une liasse de prospectus publicitaires pour une marque de vêtements. Rien sur l’enveloppe n’indiquait qu’il s’agissait d’une publicité. Et sur le prospectus, le ton employé est le même : « injonction », « commandement de payer en votre faveur si vous répondez sous quinzaine », « vous devez impérativement renvoyer l’enveloppe jointe »…

Mais c’est n’importe quoi ! Comment peut-on être aussi agressif dans sa pratique commerciale ? Comment va réagir une personne seule, ou âgée, qui reçoit ce type de courrier ? Allez, petit coup de fil agacé au service consommateurs de ladite société. Là, vous vous entretenez avec une charmante conseillère, à qui vous lisez l’enveloppe et la lettre incriminées. La dame est embêtée : « Oui, je suis d’accord, ce n’est pas normal… » Et de vous informer qu’elle a eu vent, à plusieurs reprises, de plaintes de clients face à ces procédés douteux.

Depuis, vous n’avez pas reçu de nouvelle proposition commerciale de cette société. Peut-être s’est-elle souvenue que la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (de son petit nom, DGCCRF) veille au grain. Et que les pratiques commerciales trompeuses, agressives et/ou borderline, sollicitant exagérément les consommateurs et de nature à altérer leur liberté de choix par la pression exercée, est punie par la loi. Difficile aujourd’hui d’échapper à la pub, présente partout…