Le fabricant d’équipements de sport de montagne veut concilier performance industrielle et approche durable, et vise le demi‑milliard d’euros en 2026.
Voilà deux ans que Rossignol, sous l’impulsion de son PDG Vincent Wauters, a pris un nouveau virage en se recentrant sur la montagne et en lançant de nouveaux produits. La stratégie paie. Après avoir lourdement chuté pendant la pandémie, le groupe, détenu majoritairement par le fonds norvégien Altor, remonte la pente à vitesse grand V. Il affiche un chiffre d’affaires consolidé 2021-2022 (clos fin mars) de 313 millions d’euros, dont 80 % à l’export – soit un bond de 28 % par rapport à un an plus tôt –, retrouvant son niveau de revenus (à 95 %) d’avant-covid.
« Cet exercice devrait être celui de tous les records, avec des croissances historiques sur tous nos marchés », glisse Vincent Wauters.
Une première étape. Car d’ici trois ans, doté de son nouveau plan Ascension 2026, le groupe Rossignol prévoit d’atteindre les 500 M€, en poursuivant sa diversification été-hiver et multi-activités montagne et en concentrant l’innovation sur la performance et l’écoresponsabilité.
« Notre objectif est de concilier croissance économique, performance industrielle et approche durable », assure le dirigeant, qui revendique un modèle engagé.
L’usine Dynastar, fer de lance de l’écoconception
Pour y parvenir, le groupe va investir 50 M€ d’ici 2026, dont 27 millions dans l’outil industriel. Une enveloppe de 15 M€ est allouée au volet environnemental, à travers le déploiement de l’utilisation des énergies renouvelables dans ses usines dès 2023. Les machines énergivores, type compresseurs, seront également remplacées par des outils de dernière génération plus économes, et les déchets de production (fibres de verre et résines) réduits, avec un objectif de -40 % en 2025.
Dans cette course au respect de l’environnement et à l’innovation, le groupe entend transformer l’usine Dynastar, la seule fabriquant des skis en France, en y injectant 9 M€ :

« Notre rêve de faire de Sallanches la première usine de skis écoconçus et recyclables au monde est en train de se réaliser. »
Après le lancement du ski Essential, recyclable à 77 % et composé à 73 % de matières recyclées ou biosourcées (dont la composition a été partagée en open source), c’est au tour de l’Hybrid Core 2.0 (en photo) d’entrer en piste l’hiver prochain. Il sera moins impactant pour l’environnement grâce à un nouveau procédé industriel, qui permet de réduire de 58,4 % les matières minérales et métalliques. Cette technologie sera étendue aux gammes de skis Dynastar Speed 4×4, M-Cross, e-cross, M-Tour et e-Tour, à savoir 13 % de la production totale en 2023-2024… et 45 % à trois ans.
« Si notre engagement en faveur de l’écologie est fort, on ne lâche rien sur la performance, notre ADN », précise Vincent Wauters. « Pour s’assurer d’avoir la chaîne de production la plus vertueuse », il prévoit aussi d’implanter à Sallanches un centre d’expertise dédié à la seconde vie des produits (réparation et recyclage). Depuis décembre, Rossignol propose des articles de second choix et de seconde main sur son site marchand. De quoi réduire son empreinte carbone de 30 % d’ici 2030.
Accélérer la transformation
Et ce qui est vrai pour le ski le sera aussi pour les vêtements et chaussures. Rossignol vise des produits plus polyvalents et écoconçus afin d’accroître ses parts de marché. Ces catégories de produits, qui représentent désormais 40 % des ventes de la marque Rossignol en France et 25 % au global, devraient doubler et peser 150 M€ en 2026. « Nous voulons tendre vers un modèle économique plus équilibré entre matériel et vêtements », dit le PDG.

Pour booster son développement, le groupe lance un nouveau concept de magasin multimarques (Start Gate), en Suisse et au Canada pour commencer, et s’appuie aujourd’hui sur ses 30 magasins en propre en Europe et son réseau de distribution fort de 7 000 points de vente dans le monde (2 000 en France).
Patricia Rey











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