Ville d’Annemasse : « des agents qui agissent »

par | 3 janvier 2025

À deux pas de la frontière suisse, la commune d’Annemasse emploie environ 800 agents. Pour séduire et fidéliser, elle a su sortir des organisations classiques et opter pour une démarche « libérante, agile et bienveillante ».

À l’image du secteur privé, les collectivités et services publics sont confrontés eux aussi aux enjeux d’attractivité et de fidélisation. Problème : la réglementation bride souvent leurs marges de manoeuvre, notamment en termes de rémunération. Même quand ils ont les moyens de faire plus, ces acteurs publics sont soumis aux différentes grilles salariales et aux évolutions indiciaires.

Nathalie Dutriez, directrice générale adjointe des services : « Le manager apporte le “pourquoi”, et l’équipe, le “comment”. »

Certes, l’amour du métier et le sens qu’il procure en lui-même sont forts. Être pompier, infirmière ou médecin, prof ou accompagnant d’un élève en situation de handicap, confère une utilité sociale indiscutable et une résilience face aux difficultés qui confine parfois à l’abnégation. Mais, dans la durée, cela ne suffit pas toujours, surtout à proximité de l’attractive Suisse (même si certains métiers, comme pompier ou policier, sont soumis à des critères de nationalité ou de résidence).

La Ville d’Annemasse l’a compris depuis des années. En 2016, elle a donc lancé une démarche Lab : “libérante, agile, bienveillante”, inspirée de l’expérience des entreprises libérées. « Face aux exigences croissantes des usagers et des agents, nous avons fait le pari de l’efficacité collective », résume Nathalie Dutriez, directrice générale adjointe des services de la commune.

Le concept s’est traduit par une confiance réaffirmée aux agents : « C’est celui qui fait, qui sait », explique la DGA. En découle un encadrement entièrement repensé. « Nous avons mis en place un référentiel managérial basé sur la coproduction et l’implication. Le manager devient un facilitateur. Il apporte le “pourquoi” et l’équipe apporte le “comment”. » Une équipe qui, en cas de vacance de poste, participe au choix de son nouveau manager. « C’est une approche très intéressante car cela pousse à la réflexion : De quoi ai-je besoin en tant qu’agent et de quoi la collectivité a-t-elle besoin pour un tel poste ? »

Des « cafés idées »

La Ville mise aussi sur le partage des compétences lors de “cafés idées”. Un rendez-vous mensuel où chacun peut faire bénéficier le groupe de ses compétences propres et pas forcément liées à sa fonction (mais ayant tout de même un lien avec le travail).

« Nous passons beaucoup de notre temps au travail, alors c’est tellement plus agréable quand on sait pourquoi on le fait ! », ajoute la directrice. Reconnaissance pour le travail effectué et réunions régulières pour « partager une culture et une vision communes » font aussi partie de la démarche Lab. « L’idée, c’est de ne plus être des fonctionnaires qui fonctionnent mais des agents qui agissent. »

Évidemment, cet effort sur le sens n’exclut pas l’activation de leviers plus terre à terre : la Ville utilise comme elle le peut ses petites marges de manoeuvre en termes de rémunération. Et elle a mis en place le télétravail deux jours par semaine, du moins dans les services où c’est possible. Toutes ces mesures portent leurs fruits : les départs pour la Suisse existent toujours, mais la collectivité peine moins à recruter et à fidéliser ses 800 agents (dont près d’un tiers de contractuels). Au point qu’elle songe à mettre en ligne les témoignages de certains d’entre eux, pour mieux valoriser sa “marque employeur”


Éric Renevier
Photo à la une : https://www.annemasse.fr/

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bourse : tout voir >

PUBLIEZ VOTRE ANNONCE LÉGALE EN LIGNE

Devis immédiat 24h/24
Attestation parution par mail
Paiement CB sécurisé

LE CHIFFRE DE LA SEMAINE

28 % des logements dans les communes stations de ski ont une étiquette de performance énergétique (DPE) classée en F ou G, contre 13 % pour l’ensemble des communes métropolitaines.

ABONNEZ-VOUS

10.90€ / mois
Paiement CB sécurisé
Déblocage immédiat
Tous les contenus premium
Résiliable à tout moment

À lire également :

Audrey Poncet, directrice de Bresse Œufs Production, 
dans un bâtiment où 30 000 poules pondent 29 000 œufs par jour.

Ain : des poulaillers pour répondre au besoin d’œufs

Entre arrêt des élevages de pondeuses en cage et hausse de la consommation, la filière cherche à se faire connaître pour faire émerger des projets. Hier, la France produisait 105 % de ses besoins de consommation en œufs. Depuis peu, le chiffre serait plus proche de...

Chez Alpes Léman marbrerie, la pierre est précieuse

Le marbrier de Gaillard a investi dans deux machines pour augmenter sa capacité de production et réduire sa consommation d’eau. Lorsqu’il était enfant, Renaud Bouly ramassait de jolis cailloux qui trouaient ses poches. Quarante ans plus tard, à l’occasion de cet...

Immobilier : relance du marché mais pauvreté de l’offre

Dans un contexte d’incertitude, le rebond fragile du marché en 2025 ne suffit pas à masquer la carence en logements, ainsi que la faiblesse des droits à construire, avec un risque d’effet domino. Analyse. Après deux années noires, 2023 et 2024, qui ont...

Le GROUPE ECOMEDIA lance son nouveau site web ce lundi 11 mai 2026

À compter du lundi 11 mai, le GROUPE ECOMEDIA met en ligne une nouvelle version de son site, pensée pour offrir à ses lecteurs, abonnés et internautes un accès plus simple, plus clair et plus rapide à l’information économique locale et à l’ensemble de ses services....

Newsletter

Abonnez-vous à notre newsletter hebdomadaire (chaque lundi à 7H00)

Linkedin

Suivez-nous sur nos pages Linkedin dédiées à l'économie de vos territoires

Abonnement

Restez informé.e en vous abonnant à nos publications économiques

Annonce légale

Devis instantané, publication et attestation sans délai, paiement CB sécurisé