Accord-cadre : les régions frontalières soutiennent la Suisse

par | 12 Sep 2019

Alors que les négociations en vue de la conclusion d’un accord institutionnel s’étirent, l’Europe a retiré à la Suisse son accès à ses marchés boursiers. Les régions limitrophes appellent au calme.

Inquiètes de la tournure que prennent les négociations en vue de la conclusion d’un accord-cadre entre l’Union européenne (UE) et la Confédération helvétique, neuf régions des pays limitrophes appellent Bruxelles à adopter une attitude plus conciliante. Elles ont envoyé une lettre au président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, et à celle qui prendra sa succession, Ursula von der Leyen, selon Keystone-ATS.

Le document a été signé par neuf présidents régionaux d’Allemagne, de France, d’Italie et d’Autriche, à l’initiative du Bade-Wurtemberg. En cause ? La décision de l’UE de retirer l’équivalence des marchés boursiers. Les signataires mettent en garde contre une spirale négative qui pourrait mettre en péril la signature de l’accord-cadre. La Commission européenne a en effet durci le ton contre la Suisse. Elle qui réclame sans succès depuis dix ans un accord institutionnel avec la Confédération commence à perdre patience.

Fin juin, elle a ainsi retiré l’équivalence susmentionnée qui permet aux banques et négociants suisses de négocier des actions européennes. Une décision qui a des conséquences importantes sur l’économie helvète. Depuis 2008, l’UE insiste sur la nécessité d’un tel traité, afin notamment d’adapter les accords bilatéraux aux développements législatifs survenus en son sein et de régler certains différends. Elle considère cela comme une condition préalable à la conclusion d’autres accords bilatéraux.

La confédération pas encore prête à signer

Les autorités suisses jugent pour leur part qu’il reste un certain nombre de questions à résoudre avant de conclure ce traité, notamment en ce qui concerne la libre circulation des personnes et les mesures d’accompagnement.

Pourtant, la Suisse ne peut pas se permettre de se fâcher avec Bruxelles : les accords d’accès aux marchés européens existants représentent en effet pour elle un bénéfice économique de 20 à 30 milliards de francs par an, selon des chiffres de l’organisation patronale EconomieSuisse.

Dans la lettre adressée à la Commission européenne, le ministre-président du Bade-Wurtemberg, Winfried Krestchmann, note que les récents développements sont « une grande source d’inquiétude » et souligne que le non-renouvellement de l’équivalence boursière crée une mauvaise dynamique entre la Suisse et l’UE.

Redoutant un impact négatif pour leurs économies en cas de rejet de l’accord-cadre, les régions appellent donc à plus de diplomatie : « Il est important de réagir avec prudence et de donner à la Suisse suffisamment de temps pour associer tous les groupes sociaux. »


Par Romain Fournier


Cet article est paru dans votre magazine ECO de l’Ain du 12 septembre 2019. Il vous est exceptionnellement proposé à titre gratuit. Pour retrouver l’intégralité de nos publications papiers et/ou numériques, vous pouvez vous abonner ici.

1 Commentaire

  1. favre

    cela fait 10 ans je pense que l’ont à bien assez laissez le temps à la suisse,il est temps maintenant ,dans cette accords la suisse à raison sur certain point et l union aussi donc trouver une solution rapidement.

    Réponse

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Découvrez également :

Didier et Catherine Lugand incarnent la 3e et 4e génération au sein de l'entreprise. © Carole Muet

Ain : Lugand Aciers, 80 ans d’agilité industrielle

Au cœur de la Plastics Vallée, l’entreprise familiale emblématique célèbre huit décennies d’histoire et ouvre un nouveau chapitre tourné vers l’innovation et la décarbonation. « Nous sommes les spécialistes du coup de feu, capables de servir une commande en...

LIRE LA SUITE

Olivier Durand présente l'une des machines de soudage implantées sur le nouveau site de Carrosserie Darbon.

Ain : Carrosserie Darbon investit pour son autonomie

Le fabricant de remorques de grande capacité a construit un atelier à Beaupont, pour réaliser lui-même ses châssis. « Des bétaillères, des grues, des camions… Dans la carrosserie industrielle, tous les acteurs sont spécialisés. Cela permet d’industrialiser, de...

LIRE LA SUITE

Votre magazine ECO de l’Ain du 30 avril 2026

100% en ligne, feuilletez votre magazine ECO de l'Ain n°18 du 30 avril 2026 sur ordinateur, tablette ou smartphone. Réservé aux abonnés. Le saviez-vous ?Vous pouvez afficher la publication en plein écran, télécharger le document en .pdf, l'imprimer, mais aussi...

LIRE LA SUITE

Banque : la Caisse d’épargne drague les jeunes

A l’occasion de la présentation de son bilan 2025, la Caisse d’épargne Rhône-Alpes a mis l’accent sur sa nouvelle priorité stratégique : les jeunes. L’offre a été lancée le premier avril, sans pour autant être un poisson. Ce jour-là, la Caisse d’épargne...

LIRE LA SUITE

Publicité