Chronique | Peut-on s’habiller comme on veut au travail ?

par | 9 Juil 2021

Pendant ces derniers mois et avec l’explosion du télétravail, bon nombre de personnes ont pris l’habitude de s’habiller avant tout confortablement. Alors que le retour au bureau a sonné et que les températures continuent à grimper, certains salariés risquent donc d’être tentés de venir, par exemple, travailler en short et en tongs. Un comportement que l’employeur peut juger mal approprié avec l’activité professionnelle. Mais a-t-il le droit de s’y opposer?

Une liberté soumise à exception

En principe, un salarié est libre de s’habiller comme il le souhaite pour venir travailler. Il s’agit en effet d’une liberté individuelle à laquelle l’employeur ne peut apporter des restrictions qu’à condition que celles-ci soient justifiées par la nature de la tâche à accomplir, et proportionnées au but recherché. En pratique, deux cas de figure peuvent ainsi aboutir à des restrictions : des impératifs d’hygiène ou de sécurité et l’image de l’entreprise.

Zoom sur les restrictions envisageables

L’employeur ne court aucun risque à imposer une tenue de travail à ses salariés lorsqu’il existe des raisons d’hygiène et de sécurité. Par exemple, une blouse dans le milieu médical ou des équipements de protection individuelle sur les chantiers. Il
est même indispensable pour lui d’imposer une tenue protectrice et de veiller à ce que les salariés la portent. Particulièrement en été où ces derniers ont tendance à troquer les chaussures de sécurité, casques, vêtements de protection contre des tongs, shorts, chapeaux ou casquettes.

Si l’employeur souhaite imposer le port d’une tenue de travail ou d’un uniforme, il est préférable de le prévoir dans le contrat de travail, ainsi que dans le règlement intérieur ou dans une note de service. Rappelons d’ailleurs que, dans ce cas, c’est à lui de prendre en charge leur entretien.

Bien évidemment, en cette période de crise sanitaire, il existe un élément qui doit être obligatoirement porté et sur lequel l’entreprise ne doit pas transiger : le masque ! Il reste pour le moment obligatoire dans les lieux de travail partagés et clos. Il est recommandé de faire usage, a minima, d’un masque grand public de catégorie 1. Des adaptations sont toutefois possibles. Par exemple, pour les employés qui travaillent seuls dans un bureau. Concernant l’autre cas de figure qui peut amener l’employeur à restreindre la liberté de ses salariés de se vêtir comme bon leur semble, à savoir l’image de l’entreprise, les choses sont un peu plus compliquées.

Il est en effet plus difficile d’apprécier les restrictions qui peuvent être imposées car elles dépendent de chaque entreprise et du personnel concerné. Ainsi, il paraît justifié d’imposer des règles aux commerciaux, aux salariés en contact avec la clientèle.

Par exemple, la Cour de cassation a déjà jugé que le port d’un bermuda, s’agissant d’un salarié pouvant être en contact avec la clientèle, constitue une tenue vestimentaire incompatible avec ses fonctions et ses conditions de travail. De même, pour une salariée d’une agence immobilière, elle aussi en contact avec la clientèle, il a été jugé que son employeur pouvait lui interdire de se présenter au travail en survêtement. En revanche, il paraît plus compliqué d’imposer des restrictions aux employés qui travaillent dans des bureaux et ne sont pas amenés à rencontrer des clients.

Tenue « décente »

Dans tous les cas, l’employeur peut parfaitement exiger de ses salariés une tenue décente (il est logique d’interdire à un salarié de se présenter au travail en maillot de bain !) et qui ne soit pas contraire aux bonnes mœurs. Dernier point de vigilance pour l’employeur (et non des moindres) : le risque de discrimination. Si le port du short est autorisé pour les femmes, difficile de l’interdire aux hommes…


Chronique réalisée dans le cadre de Reso Hebdo Eco
Photo à la une : Andrew Neel sur Unsplash

1 Commentaire

  1. Lavigne Pascal

    Bonjour, c’est quoi cette vision de l’entreprise …. 😉 #esprit libre

    Réponse

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Découvrez également :

Camille Pasquelin DG SNDec

Le SNdec change de tête pour accompagner la reprise

Le Syndicat national du décolletage nomme sa nouvelle directrice générale : Camille Pasquelin. Un nouveau cycle commence à la tête du Syndicat national du décolletage (SNdec). L’organisation vient d’officialiser la nomination de Camille Pasquelin en qualité de...

LIRE LA SUITE

Jacques a dit… réalise les rêves des seniors

Née en avril, cette jeune association s'est donnée pour mission d'illuminer la fin de vie des personnes âgées, en concrétisant un dernier vœu. Née de la volonté d’apaiser la fin de vie, l’association Jacques a dit… a pour ambition de rayonner nationalement. Cette...

LIRE LA SUITE

Citygie

Citygie diversifie ses horizons

Le leader des blocs sanitaires préfabriqués en France, notamment pour les toilettes d’autoroute, envisage le marché de la construction de maisons individuelle, ainsi qu’une filiale aux États-Unis. Citygie, c’est avant tout une marque, Francioli, qui produit depuis...

LIRE LA SUITE

Votre magazine ECO de l’Ain du 5 août 2021

100% en ligne, feuilletez votre magazine ECO de l'Ain n°31-32 du 5 août 2021 sur ordinateur, tablette ou smartphone. Réservé aux abonnés. Le saviez-vous ? Vous pouvez afficher la publication en plein écran, télécharger le document en .pdf, l'imprimer, mais aussi...

LIRE LA SUITE

Publicité

PUBLIEZ VOTRE ANNONCE LÉGALE EN LIGNE

Devis immédiat 24h/24
Attestation parution par mail
Paiement CB sécurisé

VENTES AUX ENCHÈRES

Consultez nos enchères immo

publicité

abonnement

TESTEZ LE PREMIUM

3.50€ pour 1 semaine
Paiement CB sécurisé
Déblocage immédiat
Tous les articles premium

publicité

ARTICLES LES + LUS

Pin It on Pinterest