Quelques semaines avant le 1er avril, les canulars vont déjà bon train. On se rappelle notamment de l’histoire extraordinaire – comme l’avait qualifié Bruce Toussaint, journaliste à Canal + – d’un bataillon de l’armée roumaine débarqué sur les plages de Tahiti, au lieu de Haïti, pour y décharger son aide humanitaire. La chaîne cryptée a depuis fait son mea culpa pour avoir relayé cette fausse information, imaginée par le site roumain Times.ro et largement relayée sur Twitter puis sur différents médias du monde entier.
Quelques jours plus tard, l’annonce d’une nouvelle campagne anti-tabac créait le buzz en comparant le tabagisme à une relation sexuelle forcée, photos provocantes à l’appui en Une du Parisien. En choquant les esprits, ses créateurs trouvaient un écho médiatique retentissant. Objectif atteint pour l’agence BDDP qui se frottent encore les mains de toutes ces retombées obtenues sur une pub…qui n’existait pas.
Cette crédulité journalistique devient préoccupante. A croire que les chats échaudés ont cessé de craindre l’eau froide…. Je croyais pourtant que notre métier consistait à rechercher l’information, ou tout du moins à la vérifier. Et même si je suis bien placé pour savoir que tout cela est parfois plus facile à dire qu’à faire, il me semble néanmoins que la simple reproduction d’un communiqué envoyé par une agence de communication lambda, davantage encline à améliorer sa notoriété qu’à conforter le sacerdoce du journaliste, est bien loin de l’éthique imposée par notre profession.
Pourtant, cette semaine encore, je vis plusieurs journaux faire leurs choux gras de la création d’un nouveau site internet destiné à fournir des alibis aux absences répétées des élèves. L’information était évidemment bidon et le dossier de presse bien peu crédible. Comment une société pourrait elle fournir à foison des vrais certificats médicaux ou des certificats de vol établis par le commissariat local ? Et pourquoi une entreprise dont l’activité repose sur la discrétion irait-elle inonder les médias de communiqués sur son existence ? Autant de questions qui auraient méritées d’être posées…







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