La deuxième promotion du programme d’accompagnement « la Traversée », de l’incubateur de Savoie Technolac, a fini son parcours et s’est officiellement présentée la semaine dernière.
Pas facile de se lancer dans l’entrepreneuriat sans soutien. Face à ce constat, Chambéry-Grand Lac économie – qui assure le développement économique du bassin de vie regroupant les agglomérations de Chambéry et Aix-les-Bains -, propose, au sein de l’incubateur Savoie Technolac, différents programmes d’aides.
Parmi ceux-ci, la « Traversée » est un parcours intense de six mois « pour sécuriser et accélérer » les start-ups du territoire dans les filières du numérique, de l’énergie, de la mobilité, du tourisme, de la montagne et de l’économie circulaire. L’objectif est d’accompagner trois promotions par an. La deuxième vient tout juste d’être présentée au public lors du « demo day » qui signe le point – presque – final de cet accompagnement et le lancement dans le vif du sujet.
Avec une vingtaine d’experts dans les domaines des finances, du marketing, du droit, de l’industrialisation, etc.), la Traversée permet de « passer du stade d’idée à une solution » et de définir et mettre en œuvre un plan d’actions pour, au terme de ces six mois, « plonger dans le monde réel ». Bon nombre des lauréats de cette seconde promotion baignent d’ailleurs déjà dans le concret des affaires, ou espèrent lever des fonds pour concrétiser leur projet, ou sont en phase de finaliser ce dernier.
Les lauréats
Cette deuxième promotion est constituée de : Fanny Koch pour l’application parentale Coogli ; Julie Grapin pour l’application web collaborative Wiskora ; Lucas Terquem et Vincent Lefèvre pour Kano Energy ; Kevin Sokolowski pour Freezco ; Christian Goetz pour Gojura bike (développement et commercialisation d’équipements innovants pour le vélo, à l’image de son Claivo, système pliable se fixant sur le porte-bagage et permettant de transporter des objets volumineux) ; Edouard Rey Bouzas pour la plateforme de mise en relation Leeder ; Mathilde Rautureau pour Sporganize (carnets d’entraînement papier à destination des sportifs) ; Lucile Foroni pour son dispositif d’accompagnement des salariés et des entreprises sur le sujet de l’épuisement professionnel ; Alexandre Desoubeaux pour Geodrone 3D ; Clément Milhammont pour My Peak (accessoires et vêtements dont l’achat permet de contribuer à la « préservation des montagnes et à la rénovation des refuges non gardés ») ; Romaric Bouttaz et Marie Techer pour l’espace de coworking Au bon endroit, à Grésy-sur-Aix. Nous vous proposons de zoomer sur cinq d’entre eux.

Wiskora : valoriser les experts animaliers
Julie Grapin est partie d’un double constat : comment font les vétérinaires et autres gérants de pensions lorsqu’ils tombent malades ou veulent partir en vacances ? La jeune femme connaît d’autant mieux le problème qu’elle y est parfois confrontée en tant que gérante d’une pension animalière à Betton-Bettonet et comportementaliste canine, féline et Nac (nouveaux animaux de compagnie), avec sa société Canima.
Deuxième problématique : comment un particulier peut-il trouver un professionnel fiable pour, par exemple, éduquer son chien ? « Il existe bien des plateformes de mise en relation, explique-t-elle, mais les profils ne sont pas vérifiés. Parmi eux, des activités non déclarées tirent nos professions vers le bas. »
Julie Grapin a donc eu l’idée de créer l’application web collaborative Wiskora. Son objectif est de valoriser les experts disposant de labels. Elle repose sur un système de recommandation entre professionnels et propose en plus une fonctionnalité dédiée au remplacement. Les particuliers pourront quant à eux y trouver des noms fiables pour répondre à leurs problématiques animalières.
La créatrice est à la recherche de financements pour développer la version bêta en octobre. Avec 180 000 professionnels en France, elle espère pouvoir compter 9 000 membres d’ici cinq ans et devenir leader à 15 ans. Wiskora sera gratuite pour les particuliers. L’inscription sera elle aussi gratuite pour les professionnels, mais ils devront s’acquitter d’un abonnement pour avoir accès à toutes les fonctionnalités. De la publicité ciblée est également envisagée.

Geodrone 3D : le drone au service du patrimoine architectural
Redessiner les plans d’un monument historique demande un temps fou. « Un architecte doit se rendre sur place et reprendre toutes les cotes à la main… Cela peut facilement durer plusieurs semaines, alors qu’avec nos outils, nous pouvons le faire en un ou deux jours et obtenons des résultats bien plus précis. »

Alexandre Desoubeaux, créateur, fin 2024, de la société Géodrone 3D (La Motte-Servolex), a progressivement quitté son activité de vidéaste et d’animateur 3D après s’être rendu compte du service qu’il pouvait rendre aux architectes et aux collectivités disposant de patrimoine historique. « Grâce à mes drones, à des appareils photos, et à des scanners laser, je peux faire facilement des relevés sur des monuments pour ensuite obtenir des jumeaux numériques fidèles au millimètre. »
L’obtention d’un modèle numérique en trois dimensions peut se coupler de plans, ces derniers ayant bien souvent disparu au fil des siècles. Geodrone compte déjà plusieurs clients et vient notamment d’officialiser un partenariat avec le Centre des monuments nationaux, pour la numérisation du monastère de Saorge (Alpes Maritimes). Son créateur vise un chiffre d’affaires de 100 000 euros en 2025.
Coogli : pour le suivi des bébés
Depuis deux ans, l’application Coogli permet aux jeunes parents de suivre l’évolution de leur bébé et ce, depuis la grossesse de la maman. Elle compte déjà 10 000 utilisateurs glanés essentiellement par le biais du bouche à oreille. Créée par Fanny Koch, elle se distingue des autres applications de ce type par son design et par ses 21 fonctionnalités.
« Elle évite d’installer plusieurs applications en regroupant l’essentiel des besoins des parents », explique la jeune UI et UX designer indépendante. Choix des prénoms, comptage des contractions, suivi des tétées, des repas, des siestes, des changes, de rendez-vous médicaux… y sont possibles. « Mon application se démarque également des autres car elle est plus inclusive. Elle s’adresse également aux mères seules et aux couples homosexuels. »
Coogli, disponible en sept langues, est gratuite avec de la publicité (sans revente des données personnelles), mais avec des fonctionnalités limitées. Depuis l’été dernier, un abonnement de 250 euros par mois permet à ceux qui le souhaitent de ne pas recevoir de publicité et d’avoir accès à l’ensemble des possibilités. « Je vise un chiffre d’affaires de 200 000 euros par an grâce aux abonnements », détaille Fanny Koch.
Leeder : le recrutement efficace
Edouard Rey Bouzas est un ancien de la grande distribution. Confronté, dans le passé, au besoin de recruter de la main-d’œuvre, il s’est bien souvent heurté à des profils non qualifiés mandatés par des agences d’intérim. « On nous envoyait des gens qui se retrouvaient là un peu par hasard, se souvient-il, alors que le service coûte à l’entreprise. »
De ce constat a germé l’idée de créer une plateforme permettant de mettre en relation des entreprises et des profils qualifiés. Intitulée Leeder pour « liberté, développement et responsabilité », elle permettra aux premières de dénicher des indépendants compétents et à ces derniers de mieux « se vendre » si les avis postés par les entreprises leur sont favorables.
Les domaines visés par Edouard Rey Bouzas, seront, dans un premier temps, le merchandising, la logistique, le commerce et les services. Dans un second temps, le créateur étendra l’application à d’autres secteurs en tension, comme le BTP et l’hôtellerie. Leeder devrait être développée cet été pour pouvoir être testée en Rhône-Alpes durant le dernier trimestre. Différentes formules seront proposées aux recruteurs et candidats qui paieront des frais ou des abonnements.

Kano Energy : optimiser les installations solaires
Les personnes disposant d’une installation le savent bien : lorsque les panneaux produisent un maximum d’électricité, elles ne sont pas forcément chez elles pour pouvoir consommer cette énergie en direct. Le surplus est alors injecté sur le réseau au prix modique de 4 centimes le kW. Et le soir venu, ces propriétaires mettent leurs appareils électriques en fonctionnement, achetant alors l’électricité au prix fort.
« Seule 30 % de l’énergie produite est réellement consommée sur place », indiquent Lucas Terquem et Vincent Lefèvre, associés dans Kano energy (Challes-les-Eaux). Vincent Lefèvre a donc développé un délesteur solaire pour maximiser l’autoconsommation. « Le boîtier, qui s’installe sur le tableau électrique, détecte les moments où le surplus solaire est disponible et déclenche alors les appareils fortement consommateurs comme le chauffe-eau, la voiture électrique ou la pompe de la piscine. Il permet une économie d’environ 200 euros par an, pour un investissement de 600 euros. »
Plus de 150 exemplaires de la première version ont déjà été vendus à des particuliers et à des installateurs solaires. Une deuxième version est en cours de développement. Les deux associés cherchent d’ailleurs des investisseurs pour financer son déploiement à grande échelle.










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