Dans un contexte dégradé, l’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) de Haute-Savoie demande des mesures d’urgence pour soutenir les entreprises et se mobilise à leurs côtés.
L’industrie est engagée depuis le deuxième semestre 2024 sur une pente descendante. Et la tendance s’accélère. « Chaque jour, notre service juridique reçoit au moins cinq appels d’entreprises qui nous questionnent en raison d’une dégradation de leurs activités. Habituellement, nous n’avons pas d’appel sur ces sujets-là », raconte Gilles Mollard, le président de l’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) Haute-Savoie.
En décembre, les deux réunions organisées par la chambre syndicale sur la boîte à outils dont les dirigeants peuvent se saisir pour passer un cap difficile (arrêt des heures supplémentaires, réorganisation des équipes, formation, activité partielle…) ont fait salle comble.
Pour l’UIMM Haute-Savoie, les bons niveaux d’activité enregistrés début 2024 pourraient compenser la fin d’année, avec des bilans annuels qui devraient, au bout du compte, être corrects. Mais la dégradation observée et l’avenir inquiètent : « Les entreprises ont le moral en berne et s’attachent à préserver leur trésorerie en gelant leurs investissements et leurs recrutements », résume le président.
800 : C’est le nombre d’apprentis formés en Haute-Savoie sous l’égide de l’UIMM. La chambre syndicale estime que la remise en cause des dispositifs de soutien à l’apprentissage tombe mal à propos et peut conduire des entreprises à renoncer à former des jeunes.
Le syndicat réclame des signaux clairs
Dans une situation géopolitique perturbée par différents facteurs (filière automobile en panne, économie allemande au ralenti, risques sur les droits de douane aux États-Unis, instabilité politique en France…), le syndicat réclame des signaux clairs pour encourager l’innovation, l’investissement, l’emploi à travers le maintien des dispositifs existants (apprentissage, transmission des entreprises, allégements de charges, etc.).
Catherine Fradet, directrice “emploi et développement RH”à l’UIMM, observe que la Haute-Savoie est moins touchée que d’autres, en raison de la nature de son tissu économique : « C’est un département très résilient, où les entreprises savent faire le dos rond. Mais nous voyons réapparaître, ces derniers mois, quelques plans de sauvegarde de l’emploi, tandis que le chômage remonte légèrement. »
La RSE pour gagner en performance
Pour l’Union des industries et métiers de la métallurgie, le ralentissement économique actuel ne doit pas conduire à négliger les actions à moyen et long terme. « La responsabilité sociétale des entreprises [RSE], c’est-à-dire la mise en pratique du développement durable à l’échelle de l’entreprise, est un levier essentiel de performance et de développement », rappelle Véronique Guisepin, responsable “environnement” à l’UIMM.
La chambre syndicale a créé, à l’automne 2024, un « club RSE » et propose aux TPE et PME du territoire un outil d’évaluation initiale et un accompagnement complet, avec notamment la formation de référents RSE au sein des entreprises. « La RSE figure parmi les critères de sélection de nos clients et, à prix équivalent, constitue un atout pour remporter les marchés », témoigne Damien Aguesse, le dirigeant de la société de décolletage et rectification Decorec (45 salariés à Amancy, 6,5 M€ de CA), qui figure parmi les premières à s’être engagée dans la démarche avec l’UIMM.
Sophie Boutrelle
Photo (crédit Sophie Boutrelle) : Damien Agesse, dirigeant de Decorec, aux côtés de Gilles Mollard et Véronique Guisepin.








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