Damien Ignaczak vient d’être nommé directeur de l’agence des Alpes de Suez France, basée à Gilly-sur- Isère. Il supervise les ressources en eau de plusieurs stations de ski en Savoie Mont-Blanc et Isère.
Nouveau directeur de Suez Alpes (Savoie, Haute-Savoie et Isère), Damien Ignaczak est à la tête d’une équipe de 130 collaborateurs. « Mon rôle consiste à accompagner les collectivités et les entreprises dans la gestion de la ressource, en termes de distribution en eau potable et d’assainissement. Nos objectifs sont triples : préserver la ressource, délivrer de l’eau potable en respectant les normes de qualité et assurer la dépollution des eaux usées pour préserver les milieux naturels », énonce-t-il.
En février justement, l’expertise de l’agence des Alpes de Suez a été de la compétition pendant les championnats du monde de ski à Méribel et Courchevel, à l’insu du public. « Lorsqu’il y a un afflux massif de visiteurs, jusqu’à 80 000 personnes en l’occurrence pour les Mondiaux de ski, le service de l’eau doit s’adapter : la consommation a été multipliée par sept au plus fort de la fréquentation », explique le nouveau directeur.
Des conditions exigeantes

Pour l’occasion, il avait mis en place un dispositif renforcé, avec dix-huit collaborateurs mobilisés 24 heures sur 24 : « Nous n’avions pas droit à l’erreur. Nous devions assurer le même service qu’en saison basse, en maintenant le même niveau d’exigence. »
En règle générale, en stations, la montagne impose sa loi naturelle : « Nous travaillons dans un environnement très spécifique lié aux conditions climatiques. Certains de nos captages d’altitude se trouvent à plus de 2 600 m. Nos salariés effectuent leurs missions en ski hors-pistes ou sur motoneige, et ils sont équipés de détecteurs de victimes d’avalanches. Parfois aussi, nous faisons appel à une société d’héliportage de matériel… », détaille Damien Ignaczak.
L’agence des Alpes de Suez bénéficie de l’assistance d’un centre de contrôle qui surveille ses installations depuis Lyon, et qui est capable de gérer à distance des anomalies dans les stations de traitement.
« Notre service visio peut télécommander un certain nombre d’équipements répartis sur tout le territoire. Dans la région Aura, on compte 4 000 capteurs sur les réseaux d’eau potable ; et environ 620 installations, essentiellement des usines de traitement : 250 d’entre elles peuvent être pilotées depuis Lyon. C’est une vraie ressource, offrant une surveillance 365 jours par an, 24 heures sur 24. »
7,5, c’est, en milliards d’euros, le chiffre d’affaires du groupe Suez en 2021 (CA de l’agence Alpes non communiqué), réalisé avec ses 35 000 collaborateurs répartis dans quarante pays.
Une eau d’exception…
Quid de la qualité de l’eau qui ruisselle des montagnes? « Il s’agit d’une eau dépourvue de pesticides et autres composés chimiques. Nous la traitons quand même dans des usines de filtration, notamment en période de fonte des neiges ou après un épisode orageux, parce qu’elle risque de charrier certaines matières et de se teinter légèrement. Nous avons aussi des usines de reminéralisation : l’eau de montagne est tellement douce qu’il faut l’enrichir de bicarbonates pour garantir la santé des abonnés », indique Damien Ignaczak.
L’agence des Alpes de Suez compte actuellement 60 contrats avec des collectivités, en délégation de service public (DSP) ou prestation de services. « Sur les cinq dernières années, nous avons un bon taux de renouvellement avec les collectivités. Certaines optent parfois pour de la régie directe. D’autres font le choix de déléguer. Certaines autres privilégient un “mix” des deux : régie et gestion privée. Ce sont des choix politiques tout à fait légitimes », estime le directeur.
Leïla Oufkir
Crédit photo à la une : Wikipedia












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