Édito | Iran : le « pilotage » de la crise

par | 8 Avr 2026

Depuis le début de la guerre lancée par les États-Unis et Israël contre l’Iran, un peu comme à leur habitude, Donald Trump et son administration ne cessent de souffler le chaud et le froid. Folie ou génie ?

Cet édito a été rédigé avant l’annonce du cessez-le-feu du 8 avril 2026.

Cette communication erratique a au moins un mérite : elle entretient les marchés boursiers dans l’idée que ce conflit sera de courte durée. Ainsi, les cours n’ont pas connu les corrections, voire le krach, que l’on s’attendrait à vivre en pareille circonstance. Et même si le pétrole a fortement augmenté, il n’a pas (à l’heure où j’écris ces lignes car tout peut changer demain) atteint les sommets que certains prédisaient au regard du risque de pénuries associé à la fermeture du détroit d’Ormuz.

Ce ne sont pourtant pas les signaux d’alarmes qui manquent. Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU, s’est notamment inquiété de la menace, de plus en plus importante selon lui, d’une extension du conflit à tout le Moyen-Orient. Jerome Powell, gouverneur de la Réserve Fédérale américaine (la FED), a rappelé qu’une banque centrale n’avait aucun outil pour pallier une crise liée à l’énergie : « Les chocs énergétiques ont tendance à apparaître et disparaître assez rapidement. La politique monétaire, elle, travaille sur le temps long avec un effet retardé variable. »

Quant au ministre de la Défense italien, Guido Crosetto, il a carrément avoué perdre le sommeil, à cause des conséquences possibles de cette guerre. En France, l’on n’entend guère nos dirigeants. Comme ils ne savent en principe faire rien d’autre que communiquer, certains observateurs jugent la chose inquiétante. Pourtant, leurs quelques décisions et prises de parole ne semblent pas si mauvaises.

Face à un président américain qui presse ses alliés de l’Otan de se joindre au conflit, face au reproche adressé à la France de ne pas laisser les avions militaires américains survoler le pays vers Israël, la réponse d’Emmanuel Macron ne pouvait même être meilleure : « C’est tout à fait vrai que la France, qui n’a pas été consultée et qui ne fait pas partie de cette offensive militaire lancée par les États-Unis et Israël, n’y prend pas part. Mais il n’y a rien de nouveau, c’est vrai depuis le premier jour, donc il ne faut pas s’en étonner. »

La France ne participe pas à l’offensive américaine et israélienne contre l’Iran. En revanche, ses accords de défense avec certains États du Golfe (Émirats arabes unis, Koweït et Qatar) et la protection de ses propres emprises militaires peuvent l’amener à participer à des actions strictement défensives dans la région, ce qui brouille la frontière entre non-participation et engagement militaire indirect. La France n’est donc pas, à ce stade, un belligérant assumé de cette guerre, mais elle n’en est pas non plus un simple spectateur.

De même, alors que les oppositions accusent l’État de profiter de la hausse du prix des carburants pour remplir ses caisses, orienter les excédents fiscaux potentiels vers « les mesures prioritaires du plan d’électrification » paraît être un excellent choix. Même si d’aucuns doutent d’un réel surplus, eu égard à ce que cette flambée coûte à l’économie, notamment par la baisse de la consommation.

Même s’il est évident pour tout le monde que nous ne pouvons pas tout miser sur l’électricité. Mieux vaut en effet préparer l’avenir que de subventionner le diesel ou l’essence, entretenir notre dépendance à l’or noir et creuser notre déficit commercial. De surcroît, faire baisser les prix, ce serait précipiter la pénurie. La preuve par la ruée sur les pompes de TotalEnergies.

Cours du pétrole Brent au 8 avril 2026, période de 2022 à 2026.

Sébastien Jacquart et Groupe Ecomedia
Image à la une : ChatGPT

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