L’édito de Myriam Denis : “Études à l’appui”

L’édito de Myriam Denis : “Études à l’appui”

À l’approche du baccalauréat, Myriam Denis s’intéresse, dans son édito, aux éléments qui déterminent les choix d’orientation des étudiants, une fois leur sésame en poche.

Myriam DenisIl fait figure de marronnier en cette période de l’année : le baccalauréat 2019 débute le 17 juin prochain. Pourquoi marronnier ? Parce que l’événement est récurrent et, finalement, si tous les médias en glosent, revêt-il aujourd’hui la même importance qu’il fut un temps ? On est loin de l’affirmation péremptoire « passe ton bac d’abord », et c’est heureux. Néanmoins, nous savons que ce fameux bac préfigure de la suite des études de nos chers et tendres spécimens ados. Même si je ne connais pas encore bien cette période trouble, puisque mes deux têtes blondes en sont encore au stade des pyjamas “Reine des neiges” et “Pat Patrouille”, j’admets bien volontiers que ledit bac aura dans quelques années – s’il existe encore – toute son importance. Il est une sorte de passage obligé dans une autre vie : généralement celle des études post-bac et donc, d’un pas supplémentaire vers la vie active. L’obtention du Graal est également souvent synonyme de départ du foyer familial de nos spécimens lymphatiques, attendu par certains et redouté par d’autres. Même s’il faudra auparavant passer par la moulinette de Parcours Sup, mais il s’agit d’une autre histoire.

En amont de l’obtention de ce précieux sésame, le/la jeune devra préalablement être bien orienté(e), grâce notamment aux bons soins de l’Éducation nationale. Qu’est-il prévu aujourd’hui, pour que les profs et leurs acolytes des centres d’information et d’orientation aient une parfaite connaissance de la multitude des métiers et également, des besoins ressentis par les entreprises ? Comment les jeunes peuvent-ils se faire une idée de la palette de professions qui peuvent s’ouvrir à eux ? Comme j’aimerais que les stages se généralisent, tant pour profs que pour les élèves. Imaginez : au lieu de deux mois de congés pendant cette période estivale, en allouer une partie à des stages (pourquoi pas rémunérés, d’ailleurs), pour permettre aux jeunes de dépasser la simple découverte effectuée en classe de troisième… En cela, la Chambre des métiers et de l’artisanat de l’Ain a lancé une initiative intéressante pour faire connaître les savoir-faire des artisans auprès des jeunes (et de leurs familles), baptisée “l’éveil aux métiers”, destinée à un public plutôt jeune (CM2 à la troisième). Un élément de réponse que l’établissement consulaire souhaite apporter face à la problématique du chômage structurel.

“QU’EST-IL PRÉVU POUR QUE LES PROFS ET LEURS ACOLYTES DES CENTRES D’INFORMATION ET D’ORIENTATION AIENT UNE PARFAITE CONNAISSANCE DE LA MULTITUDE DES MÉTIERS ET ÉGALEMENT, DES BESOINS RESSENTIS PAR LES ENTREPRISES ?”

Une fois (bien) orienté(e), l’étudiant(e) débute donc sa nouvelle vie. Ils sont environ 10% à choisir une filière courte en deux ans, via le BTS : 16% d’enfants de cadres (contre 35% à l’université) et 43% d’enfants d’ouvriers et d’employés choisissent cette voie. Une étude parue dans Le Monde, portant sur les formations courtes, démontre combien « la France rurale et populaire », loin de privilégier des formations longues et coûteuses, se tourne majoritairement vers les BTS, notamment, pour accéder à des études supérieures. Gage de débouchés plus sûrs vers le monde du travail et proximité avec le logement familial sont les deux principaux arguments avancés par les étudiant(e)s. Parallèlement à cela, ils sont de plus en plus nombreux à opter pour le prêt étudiant avant de s’engager en école de commerce, d’ingénieurs ou à l’université. Il n’y a pas ici matière à critique : ce n’est pas de gaîté de cœur que des jeunes s’endettent et démarrent à crédit dans la vie active. Ce phénomène est néanmoins symptomatique : donne-t-on aujourd’hui les mêmes chances de réussite à toutes et tous ? La sélection s’opère, en études comme dans tant d’autres secteurs, via l’aspect financier…

Myriam Denis
Rédactrice en chef
m.denis@eco-ain.fr

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