Le conseil en évolution professionnelle (CEP) séduit de plus en plus de salariés, comme le prouve le bilan récemment présenté dans le cadre du “Printemps du CEP”.
« Depuis le covid, nous voyons beaucoup de salariés désireux de changer de situation professionnelle pour trouver un meilleur équilibre entre leurs vies professionnelle et privée », indique Zohra Farrugia, directrice du Centre interinstitutionnel de bilan de compétences (CIBC) Ain-Haute-Savoie, à l’occasion de la présentation du bilan d’activité 2022. Ces salariés viennent toquer à la porte de l’organisme pour bénéficier du conseil en évolution professionnelle (CEP) « gratuit, personnalisé, neutre, de proximité et confidentiel ».
Le CEP, qui s’adresse aux actifs occupés, permet de faire le point sur sa situation professionnelle, mais aussi d’élaborer, de formaliser et de mettre en oeuvre une stratégie visant à évoluer professionnellement. Le tout sans que l’employeur soit mis au courant. En Auvergne-Rhône-Alpes, 49,2 % des 22 434 bénéficiaires d’un accompagnement en 2022, sont venus pour changer de métier ou de secteur professionnel, 20,8 % pour créer ou reprendre une entreprise, 11,4 % pour faire le point sur leur situation professionnelle, 9,3 % pour évoluer vers un emploi à plus grande technicité ou responsabilité, dans le même secteur ou un autre.
« La région Aura a enregistré une hausse de 18 % de ses accompagnements par rapport à 2021 ; alors qu’au niveau national, la croissance est de 11 % », note Zohra Farrugia. Ce taux de 18 %, c’est aussi celui de l’augmentation du nombre de CEP constatée en Haute‑Savoie : 2 105 personnes sont venues dans l’un des sept sites du groupement CIBC (CIBC 01-74, chambre de métiers et de l’artisanat, chambre d’agriculture Savoie Mont-Blanc, Envergure), mandaté par France Compétences pour réaliser le CEP : trois antennes à Annecy, une à Annemasse, Bonneville, Thonon et Sallanches.
Huit conseillers experts – souvent psychologues du travail – les ont guidés. La moitié (49 %) sont venus pour changer de métier ou de secteur professionnel, 26,3 % pour créer ou reprendre une entreprise, 8,4 % pour faire le point sur leur situation professionnelle, 7,3 % pour évoluer vers un emploi à plus grande technicité ou responsabilité dans le même secteur ou un autre, et 4,9 % pour acquérir de nouvelles compétences et/ou qualifications. Quelque 40 % d’entre eux ont entre 26 et 35 ans, 32,5 % entre 36 et 45 ans. Un quart des effectifs a un niveau brevet professionnel, brevet de technicien ou bac professionnel.

Le phénomène encore plus fort en Savoie
En Savoie, la croissance est encore plus nette : +25 % de personnes accueillies par neuf conseillers au sein des cinq antennes du département (Albertville, Chambéry, La Motte-Servolex, Saint-Baldoph, Saint-Jean-de-Maurienne), soit 1 235 salariés, dont 60,2 % de femmes. La proportion de “niveau bac” est, elle aussi, supérieure (28,3 %). Ils sont 35,3 % à avoir entre 26 et 35 ans, 34 % entre 36 et 45 ans.
Question motivation, 48,6 % veulent changer de métier ou de secteur professionnel, 23,6 % créer ou reprendre une entreprise, 9,8 % faire le point sur leur situation professionnelle, 9,4 % évoluer vers un emploi à plus grande technicité ou responsabilité dans le même secteur ou un autre, 4,1 % acquérir de nouvelles compétences.
Pour répondre à leurs demandes et construire un projet sur mesure, les conseillers ont à leur disposition une panoplie de dispositifs dont deux essentiels : le projet de transition professionnelle (PTP, ex-congé individuel de formation) et le dispositif « démission-reconversion », qui permet, sous réserve de validation par une commission, de bénéficier des allocations chômage en cas de démission lorsqu’un processus de création d’entreprise ou de reconversion est enclenché.
Au niveau régional, 1 615 personnes ont été accompagnées pour construire un PTP (avec 79,8 % de taux d’acceptation) et 2 663 pour mettre en place un dispositif « démission-reconversion » (96,5 % de taux d’acceptation). C’est ce dernier qui va d’ailleurs permettre à Françoise Pradel d’ouvrir, dès cet automne, la salle de sport dont elle rêvait à Seyssel. Pour elle, le « rythme infernal du travail en Suisse et la fatigue de la route » sont presque – déjà – une histoire ancienne.
Plus d’infos : mon-cep.org ou par téléphone au 09 72 01 02 03
Sylvie Bollard
Photo à la une : Brooke Cagle sur Unsplash











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