Frontaliers : IOP aide les PME à collaborer pour mieux innover

par | 2 Juil 2021

La première plateforme d’innovation ouverte participative (IOP) franco-suisse regorge de ressources pour accompagner les PME.

Proposer aux PME transfrontalières un espace de collaboration pour mieux innover et anticiper le futur. Telle est l’ambition d’IOP, la première plateforme d’innovation ouverte participative franco-suisse qui vient d’être lancée ce 28 juin (accelerateur-iop.org).

« Cette plateforme a été conçue comme un accélérateur d’opportunités pour les PME et un centre de ressources pour nourrir leurs réflexions stratégiques, avec une boîte à outils pour les sensibiliser à l’innovation ouverte et à la prospective », détaille Vanessa Hanifa, enseignante à la Haute école de gestion de Genève (HEG-GE) et chargée du développement de la plateforme.

Partant du constat que les PME éprouvent encore trop souvent des difficultés à se saisir des potentialités de l’innovation ouverte (manque de temps, d’expertise et de ressources financières ; difficultés à trouver des partenaires…), les porteurs du projet ont essayé de proposer des outils aussi opérationnels que possible.

« Étincelles collaboratives »

Côté ressources, le site propose une bibliothèque de près de 70 documents allant de fiches autour des méthodes dites de la « carte mentale » ou du « forum ouvert » à une « exploration des futurs possibles de l’économie circulaire à horizon 2040 », en passant par différents exercices pour tester la robustesse de ses alternatives stratégiques ou apprendre à « porter un regard nouveau sur des mégatendances ».

Surtout, cette plateforme ambitionne de générer des « étincelles collaboratives » entre les acteurs du territoire, en favorisant les mises en relation autour de centres d’intérêt, de groupes de travail ou d’événements. L’enjeu est de taille puisque les PME représentent 85 % du tissu économique en Haute-Savoie et 98 % (75 % des emplois) à Genève, selon Kustrim Reka, attaché au développement économique de la République et Canton de Genève, qui voit dans cette initiative une opportunité pour renforcer l’écosystème transfrontalier et atteindre la « masse critique » nécessaire pour « accompagner le développement de Genève dans la compétitivité mondiale ».

Si la plateforme est aujourd’hui ouverte à toutes les entreprises, les recherches universitaires qui l’ont nourrie portaient plus spécifiquement sur les acteurs de l’économie sociale et solidaire (ESS), ce qui explique leur forte représentation parmi les porteurs du projet. D’ailleurs, la gestion opérationnelle a été confiée au pôle territorial de coopération économique InnoVales côté français, et à ses homologues Après-Genève et Après-Vaud côté suisse.

« Mettre en place ce type d’outils répond parfaitement à notre mission qui consiste à établir des passerelles entre les acteurs “classiques” et ceux de l’ESS pour élaborer ensemble des solutions économiques aux difficultés que la société rencontre », explique Damien Gaucherand, directeur d’InnoVales. Ce dernier se propose d’ailleurs de créer un groupe de réflexion sur la sobriété de l’usage des ressources, dans un contexte où plusieurs pans de l’économie sont freinés par des pénuries de matières premières.

Toutes les parties estiment également que cet outil peut aussi aider à penser et préparer l’après-Covid, autour de la durabilité et du numérique. La balle est désormais dans le camp des entreprises régionales…

L’incarnation numérique d’un travail universitaire

La plateforme d’innovation ouverte participative franco-suisse (IOP) est la déclinaison opérationnelle d’un travail universitaire transfrontalier mené conjointement pendant trois ans par des équipes de l’Institut de recherche en gestion et en économie (Irege) de l’Université Savoie Mont Blanc et par la Haute école de gestion de Genève (HEG-GE). Ce projet de recherche portait sur le développement d’un modèle explicatif de l’innovation ouverte des PME dans le domaine de l’économie sociale et solidaire (ESS), à l’échelle franco-suisse, avec la recherche d’une fertilisation croisée entre l’ESS et les usages numériques.

Le projet IOP a bénéficié d’un budget global de respectivement 272 000 euros pour l’USMB et 320 000 CHF (291 840 euros) pour l’HEG-GE. Soutenu par le programme européen de coopération transfrontalière Interreg, il a bénéficié d’un soutien financier du Fonds européen de développement régional pour 198 000 euros et de la Confédération suisse pour 80 000 CHF (72 976 euros). « Nos recherches n’ont de valeur qui si elles sont utiles », Romain Gandia, copilote du projet avec son homologue helvète Catherine Equey Balzli. « Nous sommes fiers de proposer un outil numérique qui peut avoir un impact sur ce territoire, tout en dépassant ses frontières. »

Pour en savoir plus : https://www.accelerateur-iop.org/

Cette plateforme ambitionne de générer des « étincelles collaboratives » entre les acteurs du territoire, en favorisant les mises en relation autour de centres d’intérêt, de groupes de travail ou d’événements.

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