Handball : Chambéry champion de la formation

Handball : Chambéry champion de la formation

La construction de la future académie de handball permet au club chambérien de conserver son statut de précurseur en matière de développement économique, depuis près de 20 ans.

Avec 4,4 millions d’euros, le Chambéry Savoie Mont Blanc Handball (CSMBH) bénéficie du sixième budget* de la Lidl Starligue, la première division française. Pourtant, il doit se creuser les méninges pour exister parmi les tout meilleurs, surtout après avoir été le deuxième budget au début des années 2000, derrière le grand rival montpelliérain.

Au-delà du premier succès arraché au Phare le 4 septembre face à Tremblay, l’actualité est à chercher du côté de l’avenue des Follaz : l’académie de hand, imaginée par Laurent Munier (ancien joueur devenu directeur général du club) voici quatre ans, doit sortir de terre pour le 24 juillet 2020. Elle fera du club d’Alain Poncet, président depuis 1997, une référence française en matière de formation et d’équipements.

L’Académie de handball sera la première du genre en France, inspirée du modèle allemand en matière de structures de formation.

Un bail de 30 ans avec la ville

Cette académie, c’est un investissement sur le très long terme, d’un montant de 6,7 millions d’euros, subventionné par la région Auvergne- Rhône-Alpes à hauteur de 2,78 millions. « Je suis sorti d’un entretien téléphonique de trois quarts d’heure avec Laurent Wauquiez complètement essoré », avoue Alain Poncet. Une longue négociation ayant porté des fruits inattendus au regard de la somme allouée par le président de la Région.

Le département de Savoie, lui, met 850 000 euros dans la balance, la ville et l’agglomération de Chambéry fournissant le bail à construire, d’une durée de trente ans (en échange d’un loyer de 14 500 euros par an), et le terrain de jeu de 4 000 mètres carrés sur lequel vont s’étendre deux parties distinctes : côté sport, un gymnase, une piste d’athlétisme, une salle de musculation et les vestiaires ; côté administration, le siège du club, une salle de réunion de 300 mètres carrés et les locaux médicaux.

Le CSMBH aura recours à l’emprunt pour conclure le financement du projet, même si Alain Poncet espère récupérer quelque 500 000 euros du centre national pour le développement du sport (CNDS). Ce qui a fait dire à Laurent Wauquiez, lors du lancement officiel des travaux, le 5 septembre, que « seul l’État se fait encore attendre sur ce dossier », petit croche-pied à l’encontre du député Modem Patrick Mignola, parti précipitamment de la cérémonie, agenda oblige.

Si sportivement, le projet fait l’unanimité et place le CSMBH et ses 370 licenciés (dont seulement 17 professionnels) au sommet de la hiérarchie française, sinon européenne, des clubs formateurs, quelques esprits s’étaient élevés, en séance du conseil municipal en juillet dernier, contre cet investissement purement sportif bâti, selon eux, au détriment de moyens mis dans le social, les écoles et autres secteurs de la vie quotidienne. Argument vite balayé par Laurent Munier : « On travaille beaucoup sur le social, on se déplace dans les écoles, dans les prisons, nous contribuons au rayonnement de la ville. »

En 2001, alors qu’il s’appelait encore Stade Olympique chambérien (Soc), il devenait le premier club à passer en société anonyme à objet sportif (SAOS). En 2010, il s’équipait du premier fonds de dotation en direction d’actions sociales. Aujourd’hui, le voici à la tête du plus grand outil de formation de France.

“85 % DE NOS 280 PARTENAIRES SONT DES LOCAUX, CE SONT DES CLIENTS, PAS DES MÉCÈNES.”

Alain Poncet, président du Chambéry Savoie Mont Blanc Handball

En outre, rappelle le manager général, ce projet d’académie offre aussi, à travers le gymnase, un équipement dont l’ensemble des jeunes du bassin chambérien pourra profiter et à l’issue du bail tout l’équipement basculera dans le giron municipal. C’est un but de plus marqué par le CSMBH, habitué à être précurseur.

De plus, après quelques années de disette sportive, le CSMBH renoue avec le succès avec notamment, une coupe de France arrachée aux dépends de Dunkerque en mai dernier, et assoie la confiance de ses partenaires. Engie, le Haut-savoyard Excoffier et Groupama figurent en haut de la pyramide, mais 85 % des autres soutiens sont locaux.

En 2001, alors qu’il s’appelait encore Stade Olympique chambérien (Soc), il devenait le premier club à passer en société anonyme à objet sportif (SAOS). En 2010, il s’équipait du premier fonds de dotation en direction d’actions sociales. Aujourd’hui, le voici à la tête du plus grand outil de formation de France.

Précurseur

« On se doit d’être novateur et de se remettre sans cesse en question », juge Alain Poncet. Innover est le prix à payer pour exister, dans un département où « 50 % de l’activité économique se joue sur quatre mois à plus de 1 500 mètres d’altitude », sourit le président. Pourtant, le réseau de partenariats est solide : « Nous avons 280 partenaires, le taux de renouvellement est de plus de 90 %. »

De plus, après quelques années de disette sportive, le CSMBH renoue avec le succès avec notamment, une coupe de France arrachée aux dépends de Dunkerque en mai dernier, et assoie la confiance de ses partenaires. Engie, le Haut-savoyard Excoffier et Groupama figurent en haut de la pyramide, mais 85 % des autres soutiens sont locaux.

l’académie de hand, imaginée par Laurent Munier (ancien joueur devenu directeur général du club) voici quatre ans, doit sortir de terre pour le 24 juillet 2020. Elle fera du club d’Alain Poncet, président depuis 1997, une référence française en matière de formation et d’équipements.

« Ce sont des clients, pas des mécènes, il y a un échange entre eux et nous. » Et selon le souhait formulé par Laurent Wauquiez, toujours le 5 septembre, l’académie sera pour partie bâtie par des entreprises locales. Cette richesse doit conduire le club vers de nouveaux titres, au moment où la coupe de France a permis de mesurer l’impact populaire d’une victoire : un TGV avait été spécialement affrété pour conduire les supporters jaunes et noirs à Paris, 1 000 personnes s’étaient massées au gymnase Jean-Jaurès pour suivre le match contre Dunkerque sur écran géant et, enfin, plusieurs milliers de fans s’étaient rués sur les joueurs lors de leur retour triomphal.

Cette dimension populaire va de pair avec le développement du business autour du club. Lors des matches, des salons du Phare sont privatisés, le salon haut de gamme fait salle comble, les partenaires font des affaires en côtoyant des joueurs disponibles sitôt le coup de sifflet final… Business et sport forment un duo gagnant.

* Ce budget provient à 58 % des partenariats privés, 18,5 % des subventions publiques, 13 % de la billetterie, près de 5 % des droits télé et à 5,5 % de recettes diverses (dont la boutique le merchandising).


Par Jérôme Bois


Cet article est paru dans votre magazine ECO Savoie Mont Blanc du 13 septembre 2019. Il vous est exceptionnellement proposé à titre gratuit. Pour retrouver l’intégralité de nos publications papiers et/ou numériques, vous pouvez vous abonner ici.

A propos de l'auteur

GROUPE ECOMEDIA

GROUPE ECOMEDIA, c'est le groupe de presse économique de Savoie Mont Blanc (74 et 73), de l'Ain (01), du Nord Isère (38) et de la région lémanique trans-frontalière avec Genève et les cantons romands.

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