700 collaborateurs des manufactures horlogères de Suisse romande ont manifesté au Sentier et à Genève, contre les nouveaux licenciements annoncés par la direction du groupe sur cinq sites. Ils demandent la mise en place du chômage partiel.

Quelque 400 personnes, dont de nombreux salariés des manufactures d’horlogerie de la Vallée de Joux, ont participé aujourd’hui à midi à un rassemblement de solidarité au Sentier, dans le canton de Vaud, contre les suppressions de postes dans le groupe Richemont. Un rassemblement a aussi eu lieu à Genève avec 300 salariés de Piaget et Vacheron Constantin. Ces manifestations ont répondu à l’appel des délégations du personnel et du syndicat Unia.

Au tour des actionnaires

Sous le slogan «nos vies valent plus que leurs profits», les participants ont manifesté leur colère et leur soutien. Les salariés exigent le retrait de la mesure visant à supprimer 211 postes de travail sur cinq sites des marques Piaget et Vacheron Constantin, en Suisse romande. Après la première vague de licenciements de ce printemps, les salariés estiment avoir payé leur dû. Ils considèrent que c’est au tour des actionnaires de concéder des sacrifices.

«Les salariés refusent de payer pour les mauvais choix stratégiques opérés par la direction et le conseil d’administration » explique le syndicat Unia.

D’autant que le groupe a versé 854 millions d’euros de dividendes en 2016 sur un bénéfice de 2,23 milliards d’euros, et annoncé une augmentation du dividende par action.

Pour le chômage partiel

Dans une résolution votée lors des rassemblements publics du Sentier et de Genève, les salariés ont demandé le retrait des suppressions de postes.

«L’introduction de mesures simples à mettre en œuvre comme le chômage partiel permettrait de sauvegarder les emplois en attendant une embellie» poursuit le syndicat Unia.

En effet, le bénéfice réalisé le montre: même dans cette période difficile de ralentissement économique, le groupe Richemont a la capacité de fournir du travail à tout le personnel.Les salariés demandent à la direction de refaire un point de la situation économique des entreprises une fois que seront passés les grands salons horlogers de Genève, en janvier, et Bâle en mars.