Interview / Anne Schott : « Accompagner l’innovation sera l’un des fers de lance d’OSV »

Interview / Anne Schott : « Accompagner l’innovation sera l’un des fers de lance d’OSV »

Engagée de la première heure, et Directrice exécutive depuis bientôt trois ans d’Outdoor Sports Valley (OSV), Anne Schott a décidé de passer la main. Retour sur le mandat et les ambitions de cette femme pressée, entrepreneure et bien dans son temps.

Qui êtes-vous Anne Schott ?

Titulaire de deux masters en économie et gestion et en management événementiel, j’ai fait un passage dans l’industrie textile, et plus spécifiquement dans le prêt-à-porter, pour lancer une marque de vêtements pour femmes grandes tailles. J’ai beaucoup appris, depuis le sourcing jusqu’à la création d’une collection. Par la suite, j’ai intégré EuroSima, association européenne des industries des sports de glisse, où j’ai rencontré Rémi Forsans [ndlr : vice-président d’EuroSima à qui l’Agglo d’Annecy a confié la création d’Outdoor Sports Valley] qui m’a convaincue de le rejoindre à Outdoor Sports Valley (OSV) à Annecy. C’était tout début 2010, avant la création officielle de l’association en avril. J’en ai été la première salariée. J’ai grandi avec OSV.

Quel a été votre parcours au sein de l’association ?

Improbable est le mot qui convient. À mon arrivée comme assistante, je n’avais pas une grande connaissance de l’outdoor. J’avais 25 ans et tout à apprendre. Je me suis formée sur le tas. Par-dessus tout, j’ai eu la chance de côtoyer des dirigeants dotés d’une grande expérience et qui ont fait preuve d’ouverture. Nous avons tissé, au fil des ans, une vraie relation de confiance et de travail. Ce fut très constructif et épanouissant. D’autant que le milieu du sport est très masculin, mais je n’ai jamais ressenti une quelconque différence.

Quel bilan tirez-vous de ces trois années passées à la tête d’OSV ?

Ces trois dernières années ont été une étape essentielle dans le développement d’OSV. Au départ, l’association a fonctionné en mode start-up, mais il a fallu très vite consolider et organiser la structure différemment. Elle a gagné en professionnalisme avec une équipe en ordre de marche. Et un président, Patrick Giraudon [ndlr : pdg de la société Arva-Nic Impex, aux Glaisins à Annecy-le- Vieux], très investi qui a su faire évoluer son fonctionnement, en mettant en place un bureau plus proche et actif qui se réunit tous les 45 jours pour faire le point. OSV a radicalement changé de cap. Nous sommes passés de dix à quinze personnes (la taille recherchée), avons intégré des outils structurants en interne, emménagé dans un bâtiment dédié, l’Annecy Base Camp… un lieu de travail et de vie à notre image.

En juin 2018, OSV est promu cluster après sa fusion avec Sporaltec…

C’est une date clé pour l’association qui a radicalement changé de dimension en se hissant au rang de cluster. Ce changement de statut nous permet d’envisager l’avenir plus sereinement, d’être soutenu financièrement par la Région, d’accéder à d’autres financements… Notre situation est plus stable que par le passé. Cette montée en puissance est très positive pour OSV, et pour moi à titre personnel. En devenant directrice exécutive, j’ai franchi une étape en termes de management et de prise de responsabilité. Avec des décisions à prendre, pas toujours faciles (rires), des prises de parole… Il a fallu faire face à une notoriété à laquelle je n’étais pas habituée, ni même préparée. D’un naturel plutôt timide, j’ai dû prendre sur moi et m’adapter. Mais quelle expérience passionnante, j’ai adoré !

Quelles sont vos plus grandes réussites ?

En premier lieu, et sans hésitation, l’aboutissement de notre rapprochement avec Sporaltec. Un projet dans les tuyaux depuis plusieurs années qui, avec la labellisation cluster, a réclamé des années de démarche. Et aussi beaucoup d’investissement. Autre vraie récompense, la reconnaissance d’OSV à l’international puisque, depuis peu, l’association siège au conseil d’administration de l’European Outdoor Group. Je me réjouis également du lien fort qui nous unit à Ispo, rendez-vous mondial des sports outdoor et de toute la filière. Ces dernières années, nous sommes régulièrement consultés pour contribuer à divers projets à l’échelle internationale. OSV est désormais une référence pour tous les acteurs de la filière, français et européens.

OSV, c’est aussi une équipe…

C’est ma plus grande fierté ! Quinze personnes très professionnelles, soudées, épanouies et qui ont à coeur d’oeuvrer pour l’outdoor. Nous nous sommes construits ensemble, les uns avec les autres, en établissant des règles de travail et de vie pour qu’elles soient optimales. Un vrai challenge, et au-delà une réussite collective, reconnue par nos adhérents et partenaires.

Crédit photo : Guillaume Desmurs

“OUTDOOR SPORTS VALLEY EST DÉSORMAIS UNE RÉFÉRENCE POUR TOUS LES ACTEURS DE LA FILIÈRE, FRANÇAIS ET EUROPÉENS.”

Vous avez récemment décidé de passer la main, après “seulement” trois ans de mandat ?

Cette décision a été mûrement réfléchie. Je quitte OSV à un moment où justement tout va bien. Lorsque j’ai pris la direction au départ de Rémi Forsans, je me suis fixée des objectifs pour l’association et je suis allée jusqu’au bout. Je laisse une structure solide et stable, pilotée par un conseil d’administration efficace et présent. Si tel n’avait pas été le cas, j’aurais retardé l’échéance de mon départ [ndlr, en juin 2019]. Aujourd’hui, j’ai 34 ans et l’envie d’avoir plusieurs vies.

Votre départ a-t-il un lien avec la fusion avec Sporaltec…

Cela n’a pas du tout pesé dans la balance. Si cette fusion nous a beaucoup mobilisés pendant un temps, entraînant une charge de travail importante, aujourd’hui notre organisation est très fluide.

… ou une hypothétique fusion avec le cluster Montagne, dans un contexte où la Région prône le regroupement des clusters ?

À un moment, cela a été évoqué. Des actions communes voient le jour, mais nous ne sommes pas sur les mêmes problématiques, ni sur les mêmes métiers. Si certains enjeux peuvent être communs, ce sont deux structures bien distinctes, complémentaires et qui, de l’avis même de la Région, fonctionnent très bien ainsi. Cette organisation n’est pas remise en question.

Un appel à candidatures a été lancé pour trouver votre successeur. Quel est le profil recherché ?

Nous avons reçu plus de 75 candidatures. Le secteur de l’outdoor est porteur et attractif. Il s’agit majoritairement de personnes issues du sport mais pas uniquement. Les profils sont très variés : sportifs, industriels, directeurs d’office de tourisme… en provenance de la France entière. Plus que tout autre critère, le nouveau directeur devra faire preuve d’ouverture.

Quels sont les développements à venir pour OSV ?

Plusieurs axes ont été définis. À commencer par l’innovation avec, dans les prochains mois, la mise en place de dispositifs pointus pour accompagner les entreprises. L’autre volet sur lequel nous travaillons concerne l’activation et la promotion de la pratique, notamment via le soutien de projets visant à préserver la planète, comme le fonds Act for the outdoors. Mais pas seulement. Pour les développer, nous réfléchissons à un pool d’athlètes ambassadeurs OSV qui véhiculeraient nos valeurs et iraient à la rencontre d’autres publics non pratiquants. Enfin, une communication se fera à l’échelle nationale portant sur la valeur de notre terrain de jeu avec l’objectif de rendre l’outdoor accessible à tous, que ce soit en milieu urbain ou à la campagne. Dans ce sens, une nouvelle charte graphique et un nouveau site Internet seront dévoilés lors de notre prochaine AG, le 14 juin. Ils contribueront à moderniser l’image d’OSV, ma dernière grande action en tant que directrice (rires).

Vous avez des projets ?

Je veux créer ma propre entreprise de décoration et d’aménagement d’espace, notamment pour des événements avec une forte dimension écoresponsable. Cela passera par une période de formation. Avec dans l’idée de favoriser le bien-être et la joie de vivre au travail. Beaucoup de choses restent à faire dans ce domaine. C’est valorisant de créer par soi-même, et j’ai toujours été une créative, plus qu’une sportive. J’ai fait beaucoup de dessin, j’ai envie de retourner à ces fondamentaux, et plus simplement, à ce que je suis. Une autre vie commence, même si c’est l’inconnu. D’ailleurs, j’aime l’idée d’équation à plusieurs inconnues.


Propos recueillis par Patricia Rey


Cet article est paru dans votre magazine ECO Savoie Mont Blanc du 5 avril 2019. Il vous est exceptionnellement proposé à titre gratuit. Pour retrouver l’intégralité de nos publications papiers et/ou numériques, vous pouvez vous abonner ici.

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