La deeptech savoyarde KitoSphere a développé une solution innovante pour purifier l’eau de consommation et veut lever des fonds pour industrialiser son procédé.
Créée en mai 2023 à Cognin (73), KitoSphere s’est mis en tête de purifier l’eau courante. Comment ? En élaborant une solution à base de billes de chitosane, un biopolymère extrait des carapaces de crustacés (de crevettes surtout), dont les propriétés naturelles éliminent les métaux lourds et les bactéries. « Mais le projet est plus ancien, né des résultats de ma thèse de doctorat au sein de l’Edytem [un laboratoire de l’Université Savoie Mont Blanc, NDLR] », rappelle Imadeddine Lakehal, le président. Pour adapter cette technologie au marché et créer son entreprise, il avait obtenu, en 2019, un financement de 180 000 € auprès de la société d’accélération du transfert de technologies (Satt) Linksium.
Industrialiser le procédé

Grâce à ce soutien, KitoSphere vient de mobiliser à nouveau 250 000 € sous forme de prêts auprès d’Initiative Savoie (60 000 €), de la Caisse d’épargne Rhône-Alpes (50 000 €) et de Bpifrance (140 000 € au total, dont 90 000 € de subventions). Ils serviront à obtenir l’accréditation de conformité sanitaire (ACS) et lancer la commercialisation d’un filtre fin 2025.
« Nous voulons capter les entreprises et, objectif ultime, vendre ce produit au grand public », ambitionne Imadeddine Lakehal.
La startup cible les spécialistes sur ce marché, comme Sequoia, à Chambéry, mais aussi des poids lourds tels que Culligan. Ensuite, viendra le temps de la fabrication, avec l’acquisition d’une première ligne de production dans le bassin chambérien en 2026.
Pour la financer, le dirigeant prévoit une importante levée de fonds. « À terme, nous espérons créer une usine et industrialiser notre solution à grande échelle pour garder notre savoir-faire et maîtriser toute la chaîne avec un produit “made in Savoie” ».
Il s’est aussi associé, début février, à Léo Galland, en charge du développement commercial. Imadeddine Lakehal reste actionnaire majoritaire (51 %) aux côtés de Linksium (10 %) et de Léo Galland (20 % bientôt), la société autodétenant 19 %.
En parallèle, KitoSphere (1 salarié), qui vise 2 M€ de revenus en 2028, travaille sur deux autres projets. Le premier consiste à rendre le produit régénérable : « Une fois les billes saturées en polluants, ceux-ci seront désorbés pour qu’elles soient réintégrées dans un nouveau cycle de filtration. » Le second, en partenariat avec l’université UniLaSalle de Rennes, vise à éliminer les fameux PFAS (polluants éternels) de l’eau. Cette solution, toujours à destination des consommateurs, devrait être opérationnelle d’ici 2027.
Patricia Rey
Photo Une : Alice Teuvey – USMB









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