L’exploitation agricole de Sophie et Guillaume Fantin a reçu le prix régional de l’innovation des trophées de l’agroécologie.
Dans la forêt de feuillus communale de La Biolle, qui jouxte la Ferme du marais, des ombres noires ratissent paisiblement le sol. En quête de glands, racines et autres vers, 35 cochons vivent leur meilleure vie en plein air, sur 3,5 hectares. « Ils restent là toute l’année, y compris pour la reproduction et la mise bas », détaille Sophie Fantin qui les élève avec soin.
C’est une des activités agricoles de l’exploitation bio qui a valu à cette dernière, entre autres, d’obtenir le prix régional de l’innovation des trophées de l’agroécologie. Avec son époux Guillaume, co-exploitant, les voilà désormais en attente des résultats nationaux qui ne devraient pas tarder à être prononcés. Suspense donc. Les cochons, eux, restent imperturbables et fouissent gaillardement.
Mis en place en 2021 comme activité complémentaire, cet élevage de taille volontairement très modeste a permis à Sophie de quitter son travail pour rejoindre la ferme à temps plein.
« Nous avons fait le choix d’une race rustique qui puisse rester dehors à l’année », précise Guillaume. Revers de la médaille : ils grossissent trois fois moins vite que les rose. Alors qu’il faut en moyenne 6 mois pour engraisser un cochon « standard », ceux-ci ont besoin de 18 mois pour arriver au même poids. « Cependant, la viande est beaucoup plus qualitative », assure-t-il. Une vingtaine d’entre eux est commercialisée (un par un), tous les ans en direct sur place.


Le même souci de favoriser l’économie circulaire a prévalu pour la production de légumes. Maraîcher bio sur sol vivant depuis 2016, Guillaume Fantin cultive ses végétaux en étendant sur le sol des résidus de tonte et d’élagage d’entreprises du paysage locales. Il ne travaille plus du tout la terre. « Je fais pousser des légumes sur 1 à 1,3 hectare, dont 1 400 m2 de serres pour les légumes d’été, les salades, les pommes de terre nouvelles, etc. »
15 à 20 tonnes de tomates, mâche, haricots verts, poivrons et consorts poussent tous les ans sous sa surveillance et sont en grande partie vendus à la Biocoop de Grésy-sur-Aix. Le surplus alimente d’autres magasins bio proches et ses deux restaurants partenaires. Encore une fois, c’est le circuit court qui a été privilégié par les exploitants.
Un choix qui s’avère plutôt judicieux au regard des performances environnementales de la ferme, mais aussi économiques. Son chiffre d’affaires s’établit autour de 70 000 euros (dont 20 000 € pour les cochons). « Et nous arrivons à dégager un bénéfice de 20 000 € qui nous permet de vivre correctement avec nos trois enfants », explique le couple. Avant d’ajouter : « C’est sûr, on ne part pas en vacances ! De toute façon, il faut s’occuper des bêtes… »
Les trophées
Les trophées nationaux de l’agroécologie mettent en valeur, depuis 2012, « des projets ambitieux concourant à la transition agroécologique, grâce à des démarches innovantes, individuelles ou collectives ». Ils sont décernés par le ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté Alimentaire. Pour la seconde année, chaque lauréat d’Auvergne Rhône-Alpes bénéficie d’un financement de 1 000 euros offerts par le Crédit Agricole, partenaire du concours.









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