En Suisse et en France, le projet du futur collisionneur circulaire (FCC) du Cern (Centre européen de recherche nucléaire) inquiète les communes concernées par cet anneau de 90,7 kilomètres de circonférence dont le tracé passe sous la frontière. La première phase des travaux pourrait commencer au début de la décennie 2030 pour s’achever aux environs de 2045.
C’est un projet gigantesque que le Cern entend réaliser avec la construction du FCC qui est destiné à remplacer l’actuel collisionneur, le Large Hadron Collider (LHC), qui mesure 27 kilomètres. Le Cern prévoit un nouveau tunnel circulaire souterrain de 5,5 mètres de diamètre intérieur, d’une circonférence de 90,7 km, et des puits d’accès d’une profondeur de 180 à 400 mètres ainsi que huit sites en surface, sept en France et un en Suisse.
Le FCC doit permettre de continuer à explorer les mystères de l’univers, en reproduisant des conditions proches du Big Bang pour explorer notamment la disparition de l’antimatière. Cependant le FCC se heurte à des inquiétudes de chaque côté de la frontière de la part des défenseurs de l’environnement, notamment l’association Co-Cernés, fondée en 2023 pour s’opposer au projet, qui fédère 27 associations françaises et suisses. L’opposition provient aussi des habitants des communes concernées par le tracé.
Pour ses adversaires, le FCC pose d’importances questions en matière de nuisances, de priorités à l’heure de l’urgence climatique, mais aussi de démocratie. « Je n’ai rien contre la science et la recherche fondamentale, précise d’emblée Benjamin Joyeux, conseiller régional Auvergne- Rhône-Alpes. Mais le Cern n’a pas forcément besoin d’un nouveau collisionneur car d’autres méthodes existent pour le même type de recherche. Le FCC lui permet surtout de justifier de son existence en tant qu’institution subventionnée par les pouvoirs publics. J’ai été choqué de voir qu’un projet de cette ampleur n’était pas porté sur la place publique. Il n’est pas possible de faire quelque chose d’aussi énorme sans que le projet soit décidé avec l’ensemble des habitants, en particulier les principaux concernés. Côté France, beaucoup de maires n’étaient même pas au courant. Par ailleurs, je constate que le Cern s’est lancé à corps perdu dans ce projet quels qu’en soient les coûts, ce qui est aussi choquant. »
« Le FCC permet surtout au CERN de justifier de son existence en tant qu’institution subventionnée par les pouvoirs publics. J’ai été choqué de voir qu’un projet de cette ampleur n’était pas porté sur la place publique. Il n’est pas possible de faire quelque chose d’aussi énorme sans que le projet soit décidé avec l’ensemble des habitants, en particulier les principaux concernés. »
Benjamin Joyeux, conseiller régional Auvergne-Rhône-Alpes

Enjeux écologiques
La question environnementale constitue la première inquiétude pour les opposants comme en témoigne Élisabeth Charmot, membre de Co-Cernés. « Les installations devront être refroidies, ce qui implique l’utilisation de gaz fluoré dont le pouvoir réchauffant sur le climat est 300 fois supérieur au CO2. Concernant celui-ci, le Cern parlait au début de 20 millions de tonnes jusqu’à 2050, mais le chiffre a été revu à la baisse, à 16 millions, suite aux efforts du Cern. Cela reste énorme, surtout lorsqu’on dit à la population de se déplacer à vélo pour limiter le CO2. »
La future consommation d’eau, alors que la Haute-Savoie connaît depuis ces dernières années des restrictions temporaires, ainsi que la gestion des déchets liés à la construction des infrastructures font également grincer des dents les habitants. « Nous recevons déjà tous les déchets du BTP de Genève. Nous ne savons plus qu’en faire. Ils s’amoncellent partout. »
Les opposants avancent le chiffre de huit millions de m³ pour l’ensemble du chantier, soit 800 000 allers et retours de camions pour l’évacuation. Pour l’heure, l’étude de faisabilité a été publiée en avril dernier et le projet se poursuit.
Financement incertain
La décision de réaliser ou non le FCC relève des 23 États membres. Ils devraient se prononcer sur le sujet en 2028. Si au printemps dernier, ils ont exprimé un soutien général pour les projets de recherche & développement, aucun engagement formel concernant le financement n’a été pris. Le coût de la construction est estimé à 15 milliards de francs.
Odile Habel
Crédit photo à la une : Pexel.
À lire également :
Cet article est issu de notre magazine L’Extension Automne 2025, disponible gratuitement au format liseuse en ligne ici >>












Projet du CERN à enterrer (cette fois, oui) de suite. On marche sur la tête.
Ce projet intervient à un moment crucial sur la protection de l’ environnement et on a l’ impression que le CERN ne mesure pas les bouleversements attendus. Quid des déchets, de l’ eau, de l’ énergie nécessaire, de la biodiversité et bien sûr de l’ impact sur une zone de plus de 1 million d’ habitants. Avant tout on doit sauver notre terre de la pollution co2 mais aussi des microplastiques, polluants éternels, pesticides…c’ est là qu’ il faut de la recherche.
Le monde devient FOU.