Inauguré le 6 octobre, l’établissement mise sur un modèle « école-entreprise » pour insérer rapidement des jeunes sans qualification dans les métiers industriels en tension.
Dans le cadre de la Semaine de l’industrie, l’École de la Passerelle ouvrait ses portes pour présenter un projet aussi ambitieux que pragmatique : former des jeunes sans diplôme en les plongeant au cœur d’un atelier-usine. Un modèle centenaire en France, celui des écoles de production, qui répond à un besoin fort du territoire. « Les jeunes dépourvus de qualification pourront bénéficier d’un parcours professionnalisant les rendant opérationnels pour les entreprises de la vallée », résume Catherine Cochet.
Créée à l’initiative d’une association de chefs d’entreprise, l’école repose sur un principe simple qui est d’apprendre en produisant. Chaque semaine, les élèves suivent 35 heures de formation, dont 24 heures en atelier et 11 heures d’enseignement général. « Nous partons d’une commande réelle d’un client pour apprendre », explique la directrice, convaincue que la responsabilisation renforce l’implication des élèves. L’établissement accueille cette année une première promotion de huit jeunes, pour un maximum de quatorze par session. Ils préparent en deux ans, un CAP usinage/mécanique industrielle, diplôme très recherché localement.
40 élèves à long terme
Les locaux ont été aménagés avec un parc machines financé par la formation. « Notre objectif à court terme est de leur partager et transmettre le goût de la mécanique », assure Catherine Cochet, consciente que beaucoup s’orientent d’abord vers l’électricité. Mais là encore, l’école prépare la suite. Une nouvelle promotion arrivera en 2026 et un CAP électricité, en un an, pourrait voir le jour à la rentrée prochaine.
Le modèle repose aussi sur un fort accompagnement social. « Nous proposons un soutien plus global pour les élèves évoluant dans un milieu socio-économique compliqué », détaille la directrice. Médiation, appui psychologique, éducateurs et charte de vie complètent la formation technique. L’école ambitionne d’atteindre un effectif de 40 élèves à terme, sur trois promotions. Aussi, pour attirer de nouveaux jeunes, des stages de découverte sont déjà proposés. Une manière d’ouvrir les portes d’une industrie qui recrute, innove et évolue.
« Grâce à un petit effectif, nous pouvons faire dans la dentelle, être au plus proche des élèves », insiste Catherine Cochet. Avec cette école, la vallée se dote d’un outil stratégique : former localement les compétences nécessaires à son développement.
Une Semaine de l’Industrie pour les jeunes
À l’occasion de la Semaine de l’industrie, du 17 au 21 novembre, l’association des Acteurs Économiques de la Plastics Vallée (AEPV) a coordonné plusieurs actions destinées aux jeunes de l’École de la deuxième chance et de la Mission Locale. Le but était de rapprocher les entreprises industrielles des jeunes en recherche d’emploi ou de formation, de valoriser les métiers qui recrutent et de lutter contre les idées reçues sur l’industrie.
Au programme : des visites d’entreprises, menées par les dirigeants ou responsables RH, permettant d’explorer des métiers ciblés, de comprendre les parcours professionnels possibles et de rencontrer des salariés en poste. Ces immersions ont permis de répondre aux besoins en stages et en apprentissage, en orientant des jeunes parfois non qualifiés vers des structures capables de les former. Cette édition a notamment inclus la visite de l’École de production la Passerelle.
Thibault Jeanpierre












0 commentaires