Cet été, on quitte le plancher des vaches pour se créer quelques émotions : on teste les via ferratas, ces itinéraires rocheux équipés de câbles, d’échelles, de ponts de singe… Sensibles au vertige, s’abstenir !
01 – Le Roc du Vent / Savoie
Le Roc du Vent offre une via ferrata aussi complète que spectaculaire. Le parcours est découpé en quatre tronçons, au milieu des paysages grandioses du Beaufortain.
Depuis le refuge du Plan de la Lai (à deux km du Cormet de Roselend), l’approche se fait par un sentier raide traversant les alpages. Le début de l’itinéraire, à 1 813 m d’altitude, alterne entre dalle inclinée et passage vertical avant de dévoiler la vue imprenable sur le lac de Roselend. La deuxième partie devient plus aérienne, avec un rocher poli. Arrivé au sommet (2 360 m), le câble fait place à un sentier avec, en prime, un panorama à 360° entre lac de Roselend, barrage de la Gittaz et mont Blanc. Splendide ! Un câble permet alors de descendre dans le canyon qui abrite souvent des névés tard dans la saison. Un deuxième permet de remonter sur l’arête opposée.
Plus loin, le grand pont népalais met à l’épreuve l’équilibre, sous le vent qui a donné son nom au site. La traversée est impressionnante. Ensuite, la descente s’effectue sur un sentier avec quelques passages câblés avant d’arriver au final, assez insolite : le tunnel. Il n’est pas très haut, la frontale s’avère donc bien utile.
Marche d’approche : 50 minutes
Parcours : 4 heures
Retour : 30 minutes
Cotation : AD peu soutenu.

02 – Le Diable / Savoie
C’est au cœur des forts de l’Esseillon, dans le cirque entre le fort Victor-Emmanuel et la Redoute Marie-Thérèse, que se situe la via ferrata du Diable. Avec sept tronçons et 3 760 mètres de via, c’est l’une des plus grandes des Alpes. Il est possible d’enchaîner les sept parties sur une boucle ou de les réaliser séparément. Les parcours sont variés, avec de nombreuses passerelles de types différents et des passages mémorables : près d’une cascade ou encore dans les forts de l’Esseillon. Il y en a pour tous les sportifs, des enfants de 5 ans jusqu’aux pratiquants avertis ne craignant pas le “gaz”.
L’un des parcours, « Les Angelots », a été conçu pour les enfants, à partir de 5-6 ans. Il offre deux tronçons (entre 4 à 20 mètres de haut) ponctués de nombreuses curiosités : meurtrières, passerelles, échelles, le long de la face est et sous le rempart du fort Victor-Emmanuel. Après avoir franchi l’angle du mur (la principale difficulté), le premier circuit est à faible hauteur. Le deuxième commence par une échelle un peu compliquée avant de poursuivre jusqu’à une traversée facile, puis une passerelle.
Parcours Les Angelots
Départ : Fort Victor Emmanuel, batteries basses (via la meurtrière de gauche)
Cotation : Facile
Longueur : 200 mètres
Durée : 30 minutes à une heure


03 – Saix de Miolène / Haute-Savoie
Elle offre un superbe panorama sur la vallée d’Abondance et pour cause : la via ferrata des Saix de Miolène est située au centre de ce territoire comme l’indique son nom (le rocher du milieu de la vallée). Cet itinéraire aérien propose, sur 200 m D+, trois tronçons — le Cabri, le Chamois et le Bouquetin — progressifs dans la difficulté, qui peuvent être ou non enchaînés. Il emprunte de jolis passages rocheux formés d’une succession de vires, de dièdres et de surplombs et compte nombre de singularités comme le pont du Goléron (passerelle étroite à sensations pour les Cabris), la magnifique dalle de la traversée du coucou ou le jardin de Miolène, jolie vire herbeuse au-dessus du vide pour les Chamois, le mur du Saix Rouge, athlétique, avec ses 200 mètres à pic sous les pieds, pour les Bouquetins…

Les 2e et 3e sections, de par leurs nombreux passages plus ou moins soutenus, doivent d’ailleurs être abordées par des ferratistes avertis ou encadrés.
Accès : depuis Thonon (RD22), à l’entrée de La Chapelle d’Abondance, parking à gauche (panneau VF). Puis 15 mn via le “sentier du Menhir”.
Cabri : cotation AD+ — longueur : 350 m — 2 h (dont retour 20 à 30 mn).
Chamois : TD — longueur cumulée avec Cabri, 700 m — temps cumulé : 3 h (dont retour 25 mn).
Bouquetin : TD — longueur cumulée avec Cabri et Chamois, 900 m — temps cumulé : 5 h dont retour 45 mn.
04 – Fort l’Écluse / Ain
Réputée pour être assez exigeante et vertigineuse, la via ferrata de Fort l’Écluse nécessite d’avoir un minimum de condition physique et de rester bien concentré pour être réalisée. Mais, en guise de récompense, un paysage superbe. Lorsque nous levons la tête sur cette forteresse à flanc de falaise, nous en avons presque le tournis. Site classé, Fort l’Écluse est imposant et permet d’admirer plusieurs siècles d’architecture militaire. Pour y accéder, deux options : la voie terrestre et ses 1 150 marches d’escaliers ou la voie aérienne avec la via ferrata. Nous optons pour la seconde !
Baudrier enfilé, casque vissé sur la tête, nous partons avec Nicolas Guitton, l’accompagnateur. Car il n’est pas question de se lancer sans un professionnel, notre expérience en via ferrata étant loin d’être suffisante. Et celle de Fort l’Écluse est réputée pour sa difficulté. Elle n’est d’ailleurs pas accessible aux enfants mesurant moins de 130 cm. Un sentier forestier, situé à l’extérieur de la bâtisse, conduit au départ. Il est 10 heures et le vent souffle fort. Nicolas prévient : une fois engagé, il n’y a pas de retour en arrière possible. C’est l’arrivée ou l’hélico ! Banco… Les mousquetons bien accrochés, nous nous lançons ! Les mains cherchent les prises, les muscles des jambes et des bras s’échauffent doucement.
Au fur et à mesure de la montée qui s’échelonne sur 150 mètres, la vue se dégage et devient de plus en plus impressionnante. Au bout de 15 minutes, nous nous accordons une pause dans un recoin de la paroi, collés à la falaise. Là, nous comprenons mieux pourquoi les personnes sujettes au vertige peuvent avoir quelques problèmes. Le vide nous appelle lorsqu’on se retourne. La vue, composée du Fort du bas, du Rhône et du viaduc permettant aux trains de rejoindre la Haute-Savoie, est magnifique. Il faut au total 1 h 30 pour rejoindre l’arrivée, au fort. Une belle expérience qui laisse quelques courbatures, mais qui en vaut la peine. Un seul regret : le manque de diversité dans le cheminement, mis à part un pont de singe à l’arrivée.
Les plus courageux peuvent ensuite se laisser tenter par le parcours aventure dans le Fort supérieur. Nous, nous entamons la descente par l’intérieur du fort. Une option qui permet de mieux découvrir l’édifice, dont la construction a débuté au XIIe siècle par la maison forte et s’est poursuivie, entre 1834 et 1848, par le Fort Supérieur. Tout au long de la descente, des panneaux retracent l’histoire des lieux. Des expositions se dévoilent également au fil des salles et permettent d’en apprendre plus sur la cluse, la vallée creusée par le Rhône. Plus d’infos sur : https://www.fortlecluse.fr
Nicolas Guitton propose aussi aux responsables des ressources humaines un accompagnement managérial et thérapeutique sous la forme d’un challenge de 72 heures au cœur du Fort l’Écluse. L’objectif ? Sortir de sa zone de confort et se reconnecter au présent, aux valeurs les plus simples qui font avancer un groupe. Une aventure qui inclut une nuit en bivouac au cœur de la forteresse…


Par Lorène Herrero, Marine Pitteloup, Hélène Vermare
Crédits photos : Lambert Meyer D.Cuvelier-OTHMV G. Lavila Florent Signifredi OTAB
Cet article est issu de notre magazine Naturez-Vous Printemps-Été 2025, accès libre et gratuit ici >>










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