« C’est facile, c’est pas cher et ça peut rapporter gros ». La taxe carbone, c’est un peu comme les radars au bord des routes : une solution de facilité. Reste que si les premiers ont fait la démonstration de leur efficacité, on peut émettre de sérieuses réserves sur cette fameuse « contribution climat-énergie ». Pourquoi ? Tout simplement parce que les solutions alternatives sérieuses n’existent pas toujours. Un chef d’entreprise de l’Ain me racontait cet été, les nombreux déboires qu’il avait connu avec le fret SNCF. Il s’agissait d’honorer un marché représentant trois trains de 20 wagons. Seul le premier est parti. Et sur 20 wagons, seuls 17 sont arrivés à destination. Retards au départ, retards à l’arrivée, le client était furieux. Bilan (carbone) de l’opération ? Le reste de la marchandise est passé par la route. C’est une hérésie écologique, mais les entreprises de transport sont là à l’heure dite pour prendre la marchandise. Et la livraison est effectuée dans les délais.
La taxe carbone entend pénaliser « les entreprises qui ne font pas d’effort pour l’environnement ». Vous avez donc le choix entre utiliser le rail, avec des délais de livraison aléatoires et une perte de crédibilité, ou utiliser la route donc être taxé. Voilà une alternative qui devrait améliorer les marges et la compétitivité des entreprises françaises !
Pour la sécurité routière, on aurait pu travailler sur la formation des conducteurs, notamment en s’assurant de remises à niveau régulières. Pour l’environnement, on aurait pu développer le fret ferroviaire, en faire une alternative crédible. Mais tout cela demande d’investir. Mieux vaut placer des radars ou créer une nouvelle taxe. C’est beaucoup moins délétère pour les finances de l’Etat. Quant à la redistribution de cette « contribution climat-énergie »… Si vous croyez celle-là, je vous en raconte une autre !