Plus de 10% des arrêts de travail seraient injustifiés ou trop longs nous révèle le dernier bilan de la Caisse Nationale d’Assurance Maladie, qui augmente chaque année le nombre de ses contrôles. Ainsi, sur les 1,5 millions de visites effectuées en 2008 par les médecins-conseils de la médecine du travail, 170 000 ont finalement reçu un avis défavorable.
Un certain nombre de salariés français aurait donc tendance à confondre pathologie véritable et besoin de congés supplémentaires, aidés en cela par des médecins complaisants et soucieux de conserver leur clientèle. Un constat scandaleux pour une situation qui mérite évidemment d’être combattue.

Mais certains affirment que ces arrêts, loin d’être injustifiés, sont à rapprocher de coups de fatigue ou d’états de déprime temporaires difficilement décelables en cas de contrôle.

D’ailleurs, ces maladies indétectables sont en cohérence avec l’addiction de nos concitoyens aux antidépresseurs, qui font de la France le plus important consommateur de ce type de médicaments. Ou encore avec un récent rapport édité par l’Institut de Veille Sanitaire qui conclut que 24% des hommes et 37% des femmes souffrent de « mal-être au travail », entraînant une altération de leur santé mentale.

Quoi qu’il en soit, entre profiteurs de tous poils et véritables victimes de « job strain » (association entre forte demande psychologique et faible latitude décisionnelle), la situation pèse lourd dans les comptes d’une assurance-maladie déjà bien mis à mal et alors que le versement d’indemnités journalières ne cesse déjà d’augmenter depuis 2006.
Une conclusion s’impose alors, qui ferait le bonheur des salariés, des patrons et de la Sécu : l’épanouissement professionnel. En effet, le meilleur remède contre l’absence injustifiée est encore d’être heureux de venir travailler chaque matin.