Nicolas Poughon : « Aller plus loin avec la Banque de Savoie »

par | 15 Oct 2020

Le nouveau directeur général de l’organisme savoyard explique comment la banque traverse la crise et envisage l’avenir.

Nicolas Poughon, vous avez succédé en juin à Thierry Zaragoza à la direction de la Banque de Savoie. Quel a été votre parcours ?

J’ai intégré l’inspection générale du groupe des Banques Populaires en 2005 et, pendant sept ans, j’ai réalisé des audits des différents établissements. Une mission évidemment passionnante puisqu’elle m’a permis d’étudier différentes cultures et tous les métiers de la banque. Cela m’a également amené à suivre de près la création du groupe BPCE issu de la fusion avec la Caisse d’Épargne.

Cela fait dix ans maintenant que je suis dans les Alpes. J’ai dirigé pendant quatre ans le département marketing et communication de ce qui était alors la Banque Populaire des Alpes. Puis, j’en ai été le directeur commercial pour l’Isère et la Savoie, avant de prendre en charge la direction du développement des entreprises, des banques privées et des marchés spécialisés de la nouvelle Banque Populaire Auvergne-Rhône-Alpes.

Vous qui avez étudié bien d’autres établissements, comment qualifieriez-vous la Banque de Savoie ?

Il y règne une atmosphère bien différente de ce que j’ai connu ailleurs, aussi bien au niveau des relations de travail que des relations avec les clients. Ici, quand on ouvre un dossier, on commence à vous parler des deux générations qui ont précédé le client actuel ! Cela donne de la force et de la singularité à la relation.

Mais est-ce encore adapté au contexte actuel ?

C’est évidemment à contre-courant de ce qui se fait aujourd’hui, où les banques ont tendance à grossir pour retrouver de la rentabilité, quitte à couper le lien avec leurs clients. Mais bien sûr que cette attention au client a un sens, de la valeur, de l’avenir ! Notre créneau, ce n’est pas de sacrifier la relation client, c’est au contraire de capitaliser dessus. Ce sera d’ailleurs l’axe principal de notre futur plan stratégique, en cours de réflexion : Comment renforcer encore cet ADN ? Le rendre plus efficace ? Comment aller un cran plus loin ?

Soigner la relation client, cela se traduit comment ?

Le principe est simple : nos clients doivent pouvoir être servis comme ils veulent, où ils veulent, quand ils veulent. Depuis deux ans, nos chargés de clientèle peuvent aller les voir chez eux. Cela pourra aussi être en agence, par téléphone, ou bien en visio. Et nous pouvons également proposer les meilleurs services digitaux. Nous voulons que la réponse soit globale.

Comment avez-vous traversé le confinement ?

Notre modèle s’est révélé extrêmement résilient. Nous sommes restés présents auprès de chacun, pour prendre des nouvelles et recenser les besoins. Il n’y a eu aucune rupture relationnelle pendant la période. Nos agences sont restées ouvertes dans 60 à 70 % des cas. Cette continuité nous a permis d’être au côté de nos clients quand ils ont redémarré. Dès le 12 mai, nos clients étaient là.

Nous sommes aujourd’hui en croissance sur tous nos indicateurs. L’encours de crédit a progressé de 20 %.

(Nicolas Poughon)

Il était forcément plus difficile de se rendre au domicile des clients…

« Nous restons dans une logique de croissance sur tous nos indicateurs financiers et sur la qualité. La Covid n’a pas bousculé notre dynamique. Nous voulons au contraire tirer le fruit de cette expérience, aller chercher ce qui nous a permis d’avancer, trouver de nouveaux relais de croissance, aller vers une structure encore plus souple ! »

Nous avons bien sûr déployé toute la panoplie des outils digitaux : télétravail, signature électronique des PGE [ndlr : prêts garantis par l’État]… Mais nous restions fidèles à nos fondamentaux : qualité de service, niveau d’expertise.

Dans les chiffres, cela se traduit comment ?

Nous sommes aujourd’hui en croissance sur tous nos indicateurs. L’encours de crédit a progressé de 20 % avec les PGE (nous en avons délivrés pour 150 millions d’euros), mais c’est encore 15 % sans ces derniers, contre 11 % en 2019 ! Nous restons en phase avec nos objectifs de début d’année, aussi bien sur les prêts immobiliers, que sur ceux à la consommation ou sur les crédits d’équipement. Pour accompagner nos clients, nous avons également reporté près de 70 % des échéances des crédits d’équipement existants.

Faut-il craindre une crise en 2021 ?

Il ne faut jamais sous-estimer la capacité de résilience des entreprises, a fortiori savoyardes. Ni sous-estimer la capacité de notre banque à les accompagner. Nous trouverons des solutions.

Certes, mais quand même, le choc est rude…

Il va falloir adapter des structures, c’est clair. Nous atteignons un haut degré d’incertitude sur certains marchés. Le tourisme en montagne, par exemple, doit se réformer, faire preuve d’agilité. Mais, encore une fois, les entreprises débordent d’ingéniosité.

Pour la banque, 2021 sera une année de pause ?

Au contraire. Nous avons maintenu en 2020 notre dynamique de recrutement, avec 30 nouveaux CDI conclus, au même niveau qu’en 2019. Nous avons augmenté de moitié le nombre de nos alternants. Nous avons même ouvert une agence sur un concept hybride physique/digital. Les locaux et les banquiers sont bien d’ici, mais l’idée est de reconquérir des Savoyards de cœur qui, eux, sont loin d’ici.

Vos objectifs 2021 ?

Nous restons dans une logique de croissance sur tous nos indicateurs financiers et sur la qualité. La Covid n’a pas bousculé notre dynamique. Nous voulons au contraire tirer le fruit de cette expérience, aller chercher ce qui nous a permis d’avancer, trouver de nouveaux relais de croissance, aller vers une structure encore plus souple !

Nicolas Poughon

  • 39 ans
  • 2005 : Il entre à l’inspection générale de la banque fédérale des Banques Populaires
  • 2011 : Directeur marketing, communication et qualité de la Banque Populaire des Alpes, puis directeur commercial Savoie-Isère.
  • 2017 : Directeur du pôle entreprises, banque privée et marchés spécialisés de la Banque Populaire Auvergne-Rhône-Alpes.

Banque de Savoie

(Chiffres clés au 31/12/2019)

  • 1 421 M€ d’encours de dépôts
  • 1 364 M€ d’encours des emplois
  • 46,1 M€ de produit net bancaire
  • 7,8 M€ de résultat net
  • 50 917 clients.

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