Nucléaire : le plus grand réacteur au monde (Superphénix, en Nord-Isère) poursuit son démantèlement

par | 2 Juil 2021

En Isère, sur la commune de Creys-Mépieu, Superphénix, unique prototype de la filière des réacteurs à neutrons rapides refroidis au sodium, n’aura fonctionné que 53 mois.

Mis en service en 1986, il est arrêté en 1997, à la suite d’une décision gouvernementale, dans un contexte très politique. Depuis sa conception sous le septennat de Valéry Giscard d’Estaing, la centrale était un symbole de la contestation anti-nucléaire. La quasi-totalité (99,9%) de la radioactivité était contenue dans le combustible qui a été retiré, assure EDF.

« Débuté en 2006, le démantèlement du plus gros réacteur au monde se poursuit. Aujourd’hui nous entrons dans la dernière phase qui consiste à ouvrir la cuve du réacteur, actuellement en eau*, pour aller chercher les équipements métalliques et les structures internes pour les découper », indique Mathieu Ponnet, directeur du site depuis deux ans.

Mis en service en 1986, il est arrêté en 1997, à la suite d’une décision gouvernementale, dans un contexte très politique. Depuis sa conception sous le septennat de Valéry Giscard d’Estaing, la centrale était un symbole de la contestation anti-nucléaire. La quasi-totalité (99,9%) de la radioactivité était contenue dans le combustible qui a été retiré, assure EDF.

Engagé en 2019, le démantèlement des trois réservoirs auxiliaires de sodium s’est poursuivi en 2020 et devrait se terminer à l’horizon 2022. Ces trois grandes cuves, de 600 m3 et 80 tonnes chacune, ont servi au remplissage initial en sodium lors de la mise en service de la centrale. Pour réaliser le travail, EDF peut compter sur le bras robotisé Rodin – issu de l’industrie automobile –, spécialement adapté aux particularités du nucléaire.

Téléguidé, Rodin permet de démanteler le « bouchon couvercle cœur » (BCC) de la cuve au moyen d’une scie ou d’une pince coupante sans que l’intervenant ait besoin d’être au contact de la pièce. La découpe de cette pièce de 188 tonnes, haute de 11 mètres et d’un diamètre de 4 mètres a commencé en 2020 et se poursuit actuellement. Son démantèlement complet est prévu en 2022.

*La cuve a été mise en eau en 2017 afin de neutraliser les résidus de sodium et faire barrière aux rayonnements pour les intervenants lors du retrait des bouchons. Actuellement, elle contient 2300 m3 d’eau pour une capacité totale de 5000 m3. Une vidange progressive de 1000 m3 va être amorcée au cours de l’été 2021. Une seconde vidange de 1 300 m3 est prévue fin 2022. L’eau vidangée sera dirigée vers des réservoirs de stockage pour être traitée conformément aux autorisations de rejet.

Optimiser l’organisation

Depuis septembre 2020, et après trois mois d’arrêt en raison du confinement anti-Covid, 300 personnes (80 salariés EDF et 220 prestataires) travaillent chaque jour sur le site. « La crise sanitaire nous a poussés à optimiser notre organisation afin de concilier nos responsabilités d’exploitant nucléaire tout en préservant, sans compromis, la santé de tous les salariés et prestataires d’EDF», évoque le directeur du site.

À l’issue du démantèlement, le site restera propriété d’EDF qui a le projet de développer un parc photovoltaïque sur le site de Creys-Malville. Il est prévu la mise en place, par EDF Renouvelable, d’une centrale solaire photovoltaïque au sol comportant 338 structures sur une emprise de 9,9 hectares, pour une puissance crête installée d’environ 10,2 MWc. Elle pourra alimenter une ville jusqu’à 6000 habitants.

Les premiers jours de l’année 2020 ont vu la poursuite des principaux chantiers menés dans le bâtiment réacteur et la préparation des prochaines étapes du démantèlement de Superphénix. Sachant que la déconstruction est programmée jusqu’en 2030, l’année 2021 est consacrée à l’évacuation de 150 tonnes de pièces monoblocs dans le but d’optimiser l’espace pour les futurs chantiers.

Futur parc photovoltaïque

À l’issue du démantèlement, le site restera propriété d’EDF qui a le projet de développer un parc photovoltaïque sur le site de Creys-Malville. Il est prévu la mise en place, par EDF Renouvelable, d’une centrale solaire photovoltaïque au sol comportant 338 structures sur une emprise de 9,9 hectares, pour une puissance crête installée d’environ 10,2 MWc. Elle pourra alimenter une ville jusqu’à 6000 habitants.

L’installation de ce futur parc s’effectuera sur 2021 et 2022. Enfin, en raison du contexte sanitaire, le centre d’accueil du public rouvrira progressivement. En attendant, il est possible de suivre l’actualité sur les étapes de la déconstruction et les animations proposées pour découvrir les métiers sur Twitter et sur le mini-site : www.edf.fr/creys-malville

Repères

Déchets liés à la déconstruction : une production de 59 tonnes et 197 colis de déchets nucléaires, de faible ou très faible activité, évacués du site.

Chantier hors normes : 300 personnes (80 salariés EDF et 220 prestataires) travaillent chaque jour sur le site pour mener à bien un démantèlement qui devrait s’achever en 2030.

La cuve de Superphénix : elle est six fois plus grande que celle d’un réacteur à eau pressurisée type Fessenheim : 24 m de diamètre contre 4 m. Encore aujourd’hui, elle est la plus grande dans le monde.

Respect de l’environnement : chaque année sont réalisées 7 000 analyses. Un seul « événement significatif “environnement” » (mais non lié à la radioactivité) a été signalé en 2021, et EDF déclare des rejets très inférieurs à la règlementation.

Responsabilité : EDF assume l’entière responsabilité du démantèlement sur les plans financier, technique et réglementaire. L’entreprise mène actuellement neuf chantiers sur quatre technologies différentes.


Carole Muet

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