La plateforme de revente de vêtements et matériels de sport réalise son premier tour de table, avec l’ambition de devenir le leader européen sur ce marché.
Alors que les marketplaces de seconde main sont en pleine expansion, Barooders se spécialise dans les articles de sport de plein air. Créée en novembre 2021 par Edwige Michau et Geoffroy d’Autichamp, la plateforme annécienne met en relation des particuliers et professionnels souhaitant revendre et acheter vêtements et matériels de sport. « Nous voulons réduire le gaspillage et démocratiser l’achat de seconde main dans le sport. Sur les 250 millions de produits de sports outdoor vendus en Europe (un chiffre d’affaires de 30 milliards d’euros), seul 1 % rejoint le marché de l’occasion… un non-sens. Alors que ce sont des produits de qualité ayant une durée de vie longue », affiche Edwige Michau, fondatrice et coassociée de Barooders.
+140 % : c’est la hausse des achats de vêtements de seconde main entre 2019 et 2021 (+55 % la derrière année). Les 25-44 ans sont de loin les plus consommateurs avec 58 % des dépenses totales, selon l’Observatoire Natixis Payments.
20 000 produits en ligne
Cinq mois seulement après son lancement, la plateforme revendique plus de 20 000 produits en ligne et 250 marques, 15 000 membres (parmi lesquels une majorité de locaux) et 50 000 visiteurs par mois. Elle propose pour l’essentiel des produits de marques vendus entre -30 à -80 % du prix du neuf, dédiés aux pratiques de sport en montagne (glisse, randonnée, trail running, escalade…) que guignent les passionnés de sport, jeunes parents et seniors actifs.

Au-delà des particuliers, Barooders ajoute aussi à son catalogue les vêtements et matériels de professionnels de seconde main comme Troc Sport et Freeglisse en Haute-Savoie. Soit l’équivalent de la moitié des volumes en ligne. Par ailleurs, elle développe des partenariats marketing avec des marques reconnues, à l’instar d’Aigle et de Millet dernièrement. « Il s’agit d’opérations coup de poing visant à nous faire connaître et à favoriser l’économie circulaire », explique Edwige Michau. Dans le cadre du partenariat avec Millet, Barooders reconditionnait les vêtements des clients de la marque annécienne avant de les mettre en ligne. Pour chaque produit déposé sur le site, Millet reversait un bon d’achat de vingt euros à utiliser dans ses magasins et sur son site marchand. « Cette opération a permis de vendre environ 150 produits d’occasion sur deux semaines et surtout de gagner un millier de clients », se félicite l’entrepreneuse.
Élargir l’offre et les services
Pour assurer son déploiement, la start-up a mobilisé 1,3 million d’euros fin novembre auprès d’une vingtaine d’investisseurs privés, issus du sérail du e-commerce et du sport. On y retrouve notamment Anthony Bourbon, fondateur de Feed et Thomas Rebaud, créateur de Meero.
« Cette levée va nous permettre de recruter cinq personnes prochainement, d’ouvrir notre plateforme à d’autres sports comme le parapente, le kitesurf, le paddle et la voile, et d’offrir plus de services », développent Edwige Michau et Geoffroy d’Autichamp, tous deux actionnaires majoritaires.
Barooders, qui met en avant des conseils sur le juste prix et la livraison (payante) d’emballages à la dimension des produits, veut étendre ses services à la réparation, en collaboration avec Green Wolf, un atelier réparant les textiles techniques à Servoz, près de Chamonix, « pour qu’une fois les vêtements remis à neuf, les clients puissent mieux les vendre », assure la dirigeante.
La société projette également de se déployer en Europe, tout d’abord dans les pays limitrophes « mais avant cela, nous avons des millions de consommateurs à capter en France. On ne veut pas brûler les étapes », dit-elle. Avec six salariés à ce jour, elle mise sur un volume d’affaires de 3 millions d’euros dès 2023.
Patricia Rey
Photo Une ©Barooders











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