Bugey Développement a organisé une soirée pour informer les entreprises sur la thématique, notamment par le biais de témoignages. Entre les projets en cours et l’évolution de la technologie, le secteur est plein d’avenir.
La mode est au photovoltaïque. Entre les futures ombrières sur le parking de Renault Trucks à Bourg, celles sur le parking du complexe Visiosport à Montceaux, ou encore l’inauguration de la plus grande centrale sous ombrière d’Auvergne-Rhône-Alpes, avec quelque 58 000 panneaux pour une production de 34 GWh, ce vendredi 8 novembre à Blyes, les nouvelles installations sont nombreuses dans le domaine.
Et les entreprises comme les collectivités sont de plus en plus intéressées par ces équipements. En témoigne la cinquantaine de personnes présentes lors de la soirée organisée par Bugey Développement, le 10 octobre, autour d’une visite guidée du parc photovoltaïque de Virignin (lire en encadré) et d’une table ronde sur la thématique à l’Actipole de la commune. Le retour d’expérience de Marc Dumas, président de Dumas TP, est particulièrement édifiant.
« Nous avons été précurseurs sur les installations en toiture, en implantant du photovoltaïque dès 2001, raccordé au réseau en 2003. » À l’époque, la société possède 260 m² de panneaux, la plus grosse structure de l’Ain, pour une production de 26 KWc et un coût de mise en place de 177 000 €. Spécialisée dans les travaux publics, une activité polluante, la société était alors sensible à ces politiques de verdissement.
« Si le rendement était ridicule par rapport à ce qui se fait aujourd’hui, le risque était limité notamment grâce à une subvention à hauteur de 80 % du coût total, nous permettant de travailler sur nos fonds propres sans faire appel à un crédit. L’énergie était revendue en totalité et le retour sur investissement devait s’effectuer en une quinzaine d’années. C’était une démarche motivante car je pensais qu’il était important de le faire pour l’environnement. »
Aujourd’hui, l’installation de plus de 20 ans n’est plus satisfaisante en termes de production pour Dumas TP, sans parler de quelques déboires de fonctionnement. Aussi, l’entreprise s’apprête à enlever les quelque 260 m²… Mais pour les remplacer par 500 m² d’unités plus modernes. Avec l’évolution technologique, elle passera de 350 à 245 panneaux et de 26 KWc à 108 KWc.
« L’investissement est de 86 000 € sans aide. Les coûts ont été divisés par deux et les rendements multipliés d’autant. Le retour sur investissement est annoncé au bout de huit ans, mais douze années nous auraient convenu également compte tenu de la durée de vie de l’installation. Sur notre dépôt de Maillat, nous lançons le même type de démarche, avant tout environnementale », précise le chef d’entreprise. Et celui-ci d’encourager les particuliers comme les dirigeants à s’entourer d’un maître d’œuvre, d’un architecte ou d’un professionnel du métier.
Bien s’informer
Une remarque qui tombe à pic, puisqu’ils sont nombreux à assister à la soirée, aussi bien côté public que côté intervenants. Les informations s’enchaînent.
« Aujourd’hui, le rendement est passé à 23 % contre 15 % en 2010. Les panneaux mesurent environ 2 m². Au bout de 30 ans, la puissance annoncée est de 86,9 % par rapport à celle d’origine. Le soleil influe sur la production, mais également la température. Quand il fait chaud, la production est moins bonne », explique Yves Cottarel, formateur et expert auprès des tribunaux.
« Le raccordement est une étape importante. Il est possible de le simuler sur le site d’Enedis. En connaissant la puissance de la future installation, on peut la positionner où l’on souhaite sur le réseau et obtenir un coût estimatif », ajoute Jean-Marc Thevenet, interlocuteur pour les collectivités locales chez Enedis. Les assureurs prennent, à leur tour la parole, tout comme les installateurs et les financeurs.
« Le photovoltaïque est un sujet primordial pour les sociétés et certainement l’action la plus rapide à accomplir pour lutter contre le changement climatique. En mettant en avant ce sujet, nous espérons également entraîner le territoire et les collectivités avec nous, les entreprises. L’objectif de cette soirée est d’informer clairement sur le sujet pour permettre à chacun de prendre une décision éclairée », conclut Didier Pidou, président de Bugey Développement.
La plus grosse centrale photovoltaïque sous ombrière d’Aura devrait produire 34 GWh, soit l’équivalent de la consommation électrique de 15 000 habitants.
Un besoin local couvert
Après cinq ans d’études préliminaires, de démarches administratives et de travaux, le parc photovoltaïque de Virignin, d’une superficie de 4,6 hectares, est enfin inauguré en 2021. Mis en service en 2022 par la Compagnie nationale du Rhône (CNR), le site compte 12 864 panneaux photovoltaïques d’une puissance de 295 Wc chacun.
« La production issue du parc est de 4,76 GWh. Elle correspond à la consommation électrique, chauffage inclus, de 1 900 personnes, soit le double de la consommation de la commune », développe Laure Tonini, guide conférencière. La durée de vie du parc est estimée entre 25 et 30 ans.
Au-delà, l’exploitation peut se poursuivre, parfois en changeant certaines cellules devenues moins productives. Celles-ci sont d’ailleurs recyclables à 95 %. Côté entretien des espaces verts, des moutons s’en chargent en broutant.
Trois options sont possibles avec le photovoltaïque : la revente de la production, l’autoconsommation ou un mixte des deux.
Une production citoyenne
« Les centrales villageoises sont apparues dans les années 2010 en Rhône-Alpes, puis ont essaimé partout en France. Nous nous sommes lancés dans le photovoltaïque car nous prenions du retard au niveau européen. L’objectif est d’équiper des toits, notamment de collectivités territoriales, suffisamment importants pour obtenir une production supérieure à 36 KWc où est atteint le début de la rentabilité. Le retour sur investissement se situe entre 15 et 20 ans », explique Pierre Broussard, président de la centrale villageoise Nouvelles énergies citoyennes (NEC) du Bugey lors de la soirée.
L’ensemble des centrales villageoises compte 7 250 actionnaires, 72 territoires engagés et 500 installations photovoltaïques installés. La CNR apporte, elle aussi, son concours à la centrale citoyenne en signant une pré-convention pour l’accompagner dans ses réalisations. « Nous sommes là en appui, en support financier et en conseil, mais la NEC pilote l’ensemble », précise Dimitri Coulon, délégué territorial CNR du Haut-Rhône.

Joséphine Jossermoz












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